Une passion nommée flamenco a emmené la danseuse à Séville où elle termine aussi un doctorat.

«Le flamenco a été une révélation»

Passion La Genevoise Alba Lucera partage son temps entre danse, musique, mots. Et entre Séville, sa ville de cœur, et la Suisse. Rencontre avec une étoile.

«

Pouvoir exprimer la musique par le corps»

Vous avez fondé votre propre compagnie de flamenco à Séville. Comment avez-vous pris le chemin de cette danse, de Genève où vous avez grandi?
Ma formation artistique a commencé à 10 ans par la musique avec des cours de piano puis des études au Conservatoire de Genève. La danse est venue dans un deuxième temps, par hasard, en accompagnant ma cousine à son cours de flamenco quand j’avais 15 ans.
Un jour, j’ai assisté à un spectacle d’Ana La China à Genève et ça a été une révélation, un véritable déclic. Je me souviens d’une émotion si grande en sortant du théâtre, tellement son art m’avait touchée.

Dès l’adolescence, vous entamez donc votre formation de flamenco. Ce n’est pourtant pas la danse la plus populaire auprès des jeunes…
Non effectivement! (Rires) J’étais aussi très intéressée par la musique balkanique. J’avais cette double attirance pour les cultures de l’Est et du Sud. Le flamenco a été pour moi une manière de pouvoir exprimer la musique par le corps, en ayant un ancrage fort à la terre. Cette danse transmet des sentiments forts de façon très directe et c’est, je crois, ce qui a déclenché ma passion.

Par amour pour la culture andalouse, vous êtes allée jusqu’à changer votre prénom de Aude à Alba…
En 2005, j’ai commencé à travailler à Paris dans une production de flamenco et il me fallait un nom de scène. Aude, qui est Alda en espagnol médiéval, est devenu Alba. Et Lucera fait référence au «lucero» qui signifie lueur. Cette image m’a parlé et j’ai adopté ce nom sans savoir que «el lucero del alba» veut dire l’étoile du berger. (Rires) Aujourd’hui, je me suis tellement approprié ce nom que même à Genève je m’appelle ainsi.

Vous vivez depuis presque dix ans à Séville. En tant que danseuse suisse, comment avez-vous fait votre place dans la ville du flamenco?
Séville accueille beaucoup d’étrangers qui viennent se former dans le flamenco. Y travailler en tant que danseuse a par contre été plus compliqué. Il y a toujours cette réalité de venir d’ailleurs. J’ai toutefois noué de très belles relations et ai créé des spectacles avec des danseurs et musiciens andalous. Je me sens intégrée tout en ressentant constamment que je ne suis pas née là-bas.
Aujourd’hui, je fais mon chemin et réussis à exprimer le flamenco d’une manière plus personnelle et libre, en y intégrant mon parcours pluridisciplinaire, entre l’écriture, la musique et même la danse contemporaine.

À quoi ressemblent vos journées à Séville?
Chaque journée est différente! Le matin, je me consacre souvent aux répétitions de mes créations personnelles ou de spectacles que je donne avec divers ensembles. Là, je travaille sur une collaboration avec le groupe Zatar qui a un répertoire de musique du bassin méditerranéen (ndlr: à découvrir le 4 juin à l’Abri à Genève). Ensuite, je dispense des cours dans différents lieux et selon la demande. Puis, je consacre un temps à l’écriture et à mon doctorat sur les zones de contact entre la poésie et la chorégraphie que je mène à distance avec la Sorbonne. Et quand il me reste du temps, je suis des stages avec les maîtres du flamenco à Séville.

Entre l’Espagne et la Suisse, où vous sentez-vous à la maison?
Mes racines sont à Genève, mais mon chez-moi est aujourd’hui à Séville. J’aime la vitalité de la ville et la chaleur du Sud dans la façon d’être en relation avec les gens. Je suis toutefois toujours très heureuse et reconnaissante de revenir en Suisse pour présenter mon travail.

Pour garder Séville à ses oreilles

Votre plat préféré, tortilla ou fondue?
Je suis végétarienne et plutôt attirée par les produits bio. C’est une tendance universelle qui se développe aussi en Espagne. J’adore par exemple les «espinacas con garbanzos» (épinards aux pois chiches) qui sont une spécialité sévillane. Et la tortilla aussi… claro!

D’Espagne, votre regard sur la Suisse?
Je me rends compte du système éducatif de qualité que nous avons en Suisse et perçois la place importante consacrée à la culture. J’apprécie sa diversité, dans un cadre institutionnalisé ou plus alternatif, qui fait que beaucoup de choses bougent à Genève notamment, sous l’apparente tranquillité de la ville.

Et en dehors de la danse?
J’aime retrouver des amis, me balader dans Séville, partager du temps avec mon copain, et profiter d’instants en nature, à la mer. Je pratique aussi le yoga. Mais j’avoue que même dans des temps de loisirs (assez rares), je suis toujours en lien avec ma créativité, le mouvement du corps et la danse.

L’écriture, en parallèle avec la danse

3 dates dans la vie de la danseuse de flamenco

1982 Elle naît à Genève. Où, à 15 ans, le spectacle du flamenco la bouleverse – elle y dédiera sa vie.

2007 Après deux ans de danse à Paris, des études de lettres, elle s’installe à Séville pour vivre du flamenco.

2016 Elle sera notamment le 4 juin à L’Abri de Genève en danseuse invitée du groupe Zatar – www.albalucera.com

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Sophie Dorsaz

Rédactrice

Photo:
Darrin Vanselow
Publication:
lundi 30.05.2016, 14:15 heure



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