Amour toujours: entre partage et indépendance

Amour Autour de valeurs communes, la vie à deux a toutes ses chances! À la veille de la Saint-Valentin, nous avons donné la parole à des couples épanouis et à une experte en longévité des relations.

Ensemble depuis près de soixante ans, Hanni (77 ans) et Max (83 ans) Krapf évoluent sereinement, avec le tic-tac de leurs dix horloges.

La force d’attraction ne réside pas dans la différence, mais dans les points communs. C’est le résultat d’une étude conduite sur plusieurs années par Pasqualina Perrig-Chiello. «Nous avons demandé à plus de mille couples mariés depuis longtemps – 21 ans en moyenne – de nous dévoiler leur recette personnelle de l’amour», commente la professeure en psychologie du développement. Elle précise qu’il ne s’agit pas forcément d’avoir les mêmes loisirs, mais de partager des valeurs de base, à l’image de la fidélité ou du respect mutuel.

Qui se ressemble s’assemble. Hanni (77 ans) et Max (83 ans) Krapf sont tout à fait d’accord avec ce dicton. Les dix horloges pendues au mur de leur salle à manger font entendre leur doux tic-tac. Elles ne sont pas synchrones mais fonctionnent pourtant parfaitement bien ensemble. Ces mécanismes sont un peu le reflet de la vie de couple des deux retraités zurichois. Car c’est bien là le secret d’un amour qui dure à leurs yeux: «Il y a certaines choses que nous faisons ensemble, mais nous laissons toujours à l’autre suffisamment de liberté pour ses propres activités», expliquent les époux d’une même voix. Ils adorent tous les deux voyager, depuis toujours. «Nous ne sommes jamais allés en Extrême-Orient, mais sinon, nous avons visité presque tous les coins du monde», précise notre fier globe-trotter.

Max et Hanni ont débuté leur vie de couple à la fin des années 1950. Ils se sont rencontrés au sein d’une association religieuse, avec la bénédiction de Dieu en quelque sorte. Max avait alors 24 ans, Hanni 18 ans. «Je n’étais même pas encore majeure», indique-t-elle avec un sourire. À l’époque, la majorité était fixée à 20 ans révolus. Trois ans plus tard, on célébrait leur mariage à l’église. «Ce n’était pas de notre plein gré, avoue Max, mais pas non plus pour les raisons auxquelles vous pensez peut-être. Nous nous serions mariés de toute façon, mais sûrement pas si vite.»

Mécanicien, l’homme se souvient qu’afin de décrocher un poste de machiniste aux services industriels de Zurich et un logement de fonction, il fallait être marié. «Le chef m’a donc demandé au cours de l’entretien si je l’étais. J’ai répondu que non, mais que cela était prévu», se rappelle le vieil homme. Et de poursuivre: «Il m’a alors promis que si j’étais marié d’ici le printemps, j’aurais à la fois le poste et le logement.» Et 57 ans après, Hanni et Max Krapf filent toujours le parfait amour. Ces parents de deux enfants habitent encore le même nid.

La chercheuse Pasqualina Perrig-Chiello connaît la recette de l’amour de plus de mille couples!

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Une relation forte et durable, c’est bon pour la santé»

Pasqualina Perrig-Chiello (66 ans), professeure en psychologie 

La montée de l’individualisme

Pour Pasqualina Perrig-Chiello, la situation des deux époux zurichois est loin d’être la règle. «L’allongement de l’espérance de vie fait que l’on peut désormais vivre ensemble six ou sept décennies.» Un véritable défi, que de nombreux couples ne relèvent pas avec autant de brio que Max et Hanni Krapf. «Au cours des générations précédentes, c’est souvent la mort qui séparait les époux, avant les problèmes.»

L’allongement de la durée de vie n’est pas la seule raison qui peut aujourd’hui générer des difficultés au sein des couples. «La mutation des valeurs joue aussi un rôle considérable», dit Pasqualina Perrig-Chiello. À notre époque marquée par l’individualisme, le droit au bonheur individuel figure en tête des priorités.

La professeure émérite, qui préside aussi la fondation de l’université des séniors de Berne, a elle-même fait l’expérience de cette mutation: «Le changement de paradigme a débuté avec le mouvement de Mai 68: auparavant, on privilégiait le nous.» La règle en vigueur autrefois: l’épouse restait au foyer et agissait en quelque sorte comme «appendice» de son mari. Le développement de la mobilité et de la flexibilité au travail a fortement modifié la situation. Les femmes sont devenues plus instruites et davantage orientées sur leur carrière professionnelle.

L’évidence, ennemie de la relation

Cette évolution, d’une importance considérable, est juste, selon Pasqualina Perrig-Chiello, qui met cependant en garde: «Le champ de tension s’est agrandi, avec le risque que l’un des partenaires prenne trop de distance avec la vie commune, qui reste alors sur le carreau.»

À l’inverse de cette tendance, certains se définissent entièrement à travers leur partenaire – le «nous» relègue alors l’individu au second plan. Ce phénomène présente lui aussi un danger, en faisant naître une dépendance, qui diminue le pouvoir d’attraction au sein du couple. Et notre spécialiste de préciser: «En effet, séduire fait partie intégrante d’une véritable histoire d’amour, jusqu’au bout.» Considérer les choses comme une évidence entraîne la mort de la relation. Ce que nous savons depuis longtemps se confirme donc une fois de plus: l’amour, c’est compliqué. Rien de plus logique,
estime Pasqualina Perrig-Chiello: «Il s’agit d’un sentiment que l’on ne peut ni commander ni contrôler. Il faut donc aussi se préparer à un éventuel échec.» Inutile de vouloir vivre l’amour éternel, car ce dernier ne se met pas en conserve… «L’amour doit pouvoir se développer et évoluer.»

La chercheuse ne croit pas au mariage temporaire. «Comme par le passé, les hommes et les femmes ont aujourd’hui encore cette envie profonde d’un partenaire qui serait pour eux seuls et pour l’éternité.» Dans le monde actuel où tout va vite, le désir de vivre une relation forte et durable demeure. «Et il est scientifiquement prouvé que cela est bon pour la santé – pour les hommes encore davantage que pour les femmes.»

Si l’on songe au couple formé par Max et Hanni Krapf, admettons que c’est certainement vrai. En dépit de leur âge avancé, ces deux-là pétillent de joie de vivre, même si Hanni doit lutter au quotidien contre des douleurs. Mais cela ne l’empêchera pas d’effectuer le voyage prévu cet été avec son mari: une croisière sur le Rhin.

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Cadeaux de la saint-valentin: ce que l’on s’offre en suisse

Source Institut Link, Statista – 1246 personnes sondées en janvier 2016; infographie Caroline Koella

Symbiose Partage, respect et dialogue: leurs trois valeurs essentielles.

Dix ans de vie de couple, bientôt un mariage

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Ils se sont connus élèves d’un même collège, à Orbe (VD), à 12 ans. «On avait failli se mettre ensemble en fin de dernière année d’école, mais cela ne s’était pas fait. Florent était un peu timide…», sourit Mélanie Schmidli, qui épousera cet été Florent Koenig. À 26 ans chacun, ils forment un couple depuis dix ans déjà et se disent de plus en plus amoureux. Tout a commencé au début de leurs études gymnasiales: «On s’est retrouvés dans des classes parallèles. On était contents de se revoir après les vacances d’été et on est devenu un couple juste avant Noël», se souvient la jeune femme.

La date du 1er décembre dernier restera gravée à jamais dans le cœur de cette enseignante. À l’issue d’un «escape game» entre amis (ndlr: un jeu consistant à sortir d’une pièce en résolvant des énigmes), son amoureux lui a demandé sa main. Il avait caché la bague de fiançailles dans une boîte que la dernière phase du jeu a permis à Mélanie d’ouvrir. «Elle aime les surprises et je suis heureux d’avoir réussi à lui en offrir une qui a été totale», raconte Florent, inspecteur scientifique.

Les deux amoureux vivent depuis trois ans sous le même toit, à Yverdon-les-Bains (VD). S’être installés ensemble a encore amélioré leur relation: «Notre routine nous amène une stabilité rassurante. La prochaine étape, c’est avoir des enfants. On se marie parce que c’est un pas de plus dans notre vie de couple, on aimerait célébrer notre amour et former une famille en portant le même nom.»

Comment expliquent-ils que leur duo dure? «On évolue et on se construit ensemble. Je peux toujours compter sur Mélanie et tout partager avec elle», répond Florent. Cette dernière évoque en outre le respect: «On a des personnalités différentes. Mais on se valorise toujours et on admire l’autre pour ses qualités. Et on peut parler de tout.»

Mais n’est-ce pas un défi d’entretenir la flamme à long terme en s’étant rencontrés si jeunes? «L’important est de s’investir, de se surprendre, de se valoriser et de se montrer l’amour que chacun éprouve envers l’autre.»

Ce mercredi, ils s’offriront un bon repas pour fêter la Saint-Valentin: «C’est une excuse pour aller au restaurant! Il y a tout le reste de l’année pour s’offrir des fleurs ou une bonne bouteille», conclut Florent en riant.

Sites de rencontre Si la drague a longtemps régné au bal et en boîte, Internet a pris le dessus. Des millions de célibataires cherchent l’âme sœur en ligne.

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André et Corinne* filent le parfait amour depuis peu. Cette dernière n’y croyait pas vraiment au début: «Tout cela me paraissait très abstrait», se souvient-elle en évoquant les sites de rencontre.

À 38 ans, elle a néanmoins pris son courage à deux mains et s’est inscrite sur Parship. «Des amis m’avaient recommandé ce site.» C’était il y a environ six mois. Puis huit semaines plus tard, le bonheur a atterri dans sa boîte e-mail. Derrière la fameuse formule «vous avez un nouveau message» se cachaient les premiers mots d’André (47 ans) à son égard.

Il n’était pas le seul à manifester son intérêt pour Corinne. «Je n’avais même pas terminé mon profil que les premiers messages de partenaires potentiels tapissaient déjà mon écran», dit-elle. Mais ce n’était jamais le bon. Puis André est apparu: «Nous avons réalisé 119 points au test de compatibilité», explique-t-il. Tout en lançant un sourire en coin à sa dulcinée, il ajoute: «Ce n’est pas mal du tout.» Le maximum de la compatibilité amoureuse s’élève, en effet, à 140 points sur Parship.

Le principe: répondre à un questionnaire de près de 80 questions afin de mettre en évidence 32 traits de la personnalité. Trois semaines se sont écoulées avant la première rencontre. Durant cette période, ils ont passé chaque soir des heures au téléphone. «Nous en avons perdu le sommeil», se remémore André. C’est pourquoi il a insisté pour qu’ils se rencontrent. Tous deux avaient le trac. Mais le courant est très bien passé. Depuis deux mois, ils forment officiellement un couple et
recommandent la rencontre en ligne. Il faut certes un peu de chance, mais le web est un bon tremplin.

*noms connus de la rédaction

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texte:
Andreas Eugster, Joëlle Challandes
Photo:
Kostas Maros, Bassam Jreidi, Heiner H. Schmitt, Kostas Maros, Geoffrey Raposo
Publication:
lundi 12.02.2018, 12:00 heure



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