toolbar

Jacques Wullschleger
écrit le 24.07.2018


Anthony Favre, ancien footballeur, gardien

Anthony Favre: "En 2016, j'ai vécu 10 jours fous..." L'idée de le revoir s'imposait. Anthony Favre, 34 ans, a rajeuni. Il avait une barbe, il ne l'a plus, ôtée il y a un peu moins d'une année. La raison? Il en trouve une, la chuchote, c'est sa version et on l'a croit. "Je suis stagiaire dans une banque. J'ai quitté le monde du foot pour un autre, j'ai pensé qu'il fallait que je tourne une page." Il sourit, Anthony Favre, assis à une terrasse, à Assens - village à la propreté incroyable - à deux pas de son lieu de travail. "Je suis à la Raiffeisen. Ce qui est bien et intéressant, c'est que je passe dans tous les services. Présentement, je me trouve au crédit. Commencé en septembre de l'année dernière, mon stage prendra fin en février 2109." Dans cette banque proche des gens, il se plaît. Le directeur et le sous-directeur sont des sportifs et ils aiment le football. Ça tombe bien, Anthony Favre aussi. Du coup, ce dernier qui fait, là aussi, valoir ses qualités professionnelles, pourrait voir son contrat renouveler. Musique d'avenir.

Portier, Anthony Favre a été pro. "A 10 ans, raconte-t-il avec cette humilité qui ne le quittera jamais, si on m'avait dit qu'il en irait ainsi je ne l'aurais pas cru." Un temps, il était fâché contre sa maman, protectrice et qui ne voulait peut-être pas que son fils pratique un sport de manière professionnelle. "Pourquoi ne m'as-tu jamais dit que le foot ça pouvait être un métier", lui reprocha-t-il. Après, la vie qu'il a façonnée autour d'un destin réfléchi, mais écrit bien avant, a fait qu'il est devenu un acteur important de ce sport.

Dix jours extraordinaires

En 2016, Anthony Favre arrive en fin de saison avec le FC Zurich, équipe de Super League. Son contrat porte encore sur la suivante. "On a été relégué en Challenge League un mercredi. Le dimanche, on gagne la Coupe de Suisse (Lugano battu 1-0, Anthony Favre est l'auteur d'une belle parade suite à un penalty luganais ). Le jeudi d'après, je me marie civilement et le samedi, à l'église." Cet enchaînement doit être unique sur l'échelle de la vie? "Je ne sais pas mais c'est spécial. Je me suis retrouvé dans un ascenseur émotionnel fou."

Après avoir gagné la Coupe de Suisse, Anthony Favre a senti le vent tourner. Pour garder la cage, il y avait Vanins, international letton qui avait fait, durant un certain temps, les beaux jours du FC Sion. "J'ai pensé alors à m'a reconversion, cette fois très sérieusement. Il fallait trouver le juste endroit." À Assens, il travaille. Il habite à deux kilomètres. Il avait envie de se "poser" comme il dit, d'une voix douce, de ne pas, ou plus, se poser la question de savoir ce qui pourrait arriver. C'est bien parti pour qu'il vive en paix sur ce plan-là.

Anthony Favre a découvert le football tardivement. "A 15 ans." Il était un joueur de champs. Il est devenu gardien. "Mon papa Nicolas, était gardien, à St-Barthélémy. C'était un bon." Son fils, donc Anthony, avait des aptitudes pour ce poste solitaire, peut-être héritées, surtout travaillées. Le talent se doit être travaillé. " J'avais une bonne lecture des trajectoires. Je n'étais pas un portier spectaculaire, mais sobre. J'aimais bloquer les ballons. En 1994 rappelle-t-il, on a appris aux gardiens à jouer avec les pieds. Comme j'étais un ancien joueur de champ, j'avais un gros avantage sur les autres."

Depuis quelques temps, Anthony Favre entraîne les gardiens du Team Vaud (LS) à Lausanne "Les moins de 21 ans. Jusqu'à Noël, je vais pouvoir me faire la main. J'ai trouvé un créneau idéal pour les entraînements: deux soirs par semaine." En poche,
il a le diplôme 2 (il permet d'entraîner jusqu'en Promotion League). Et le 3, qui est le dernier? "Il se trouve dans un coin de ma tête." Quand un gardien a évolué au moins 5 ans en LN (Ligue nationale), il ne lui ai pas demandé de passer le 1.

Le manque du dehors

Ce qui manque le plus à Anthony Favre, c'est de ne plus être dehors, de travailler à l'extérieur. La vie de bureau peut être très intéressante mais elle dégage tout autre chose. "Au début, ce n'était pas évident, mais je m'y suis fait." On le croit. "Quant à  ma reconversion, elle était préparée. Je n'ai pas arrêté sur une blessure."

Avec le LS, son club de cœur, qu'il a dû quitter, la mort dans l'âme, au terme de la saison 2012-2013, l'entraîneur Laurent Roussey ne voulant plus de lui, et Zurich, Anthony Favre a disputé des matches de Coupe d'Europe (Europa League). "Je ne les oublierais jamais", avoue-a-t-il le regard lointain, nostalgique. "Comme d'avoir remporté la Coupe de Suisse. Incroyable! " A chaque fois qu'il dresse son bilan de footballeur, il le ponctue toujours par un "Ouf! J'ai gagné quelque chose."

Il aurait pu, Anthony Favre, poursuivre sa carrière. " Au plan physique j'étais encore bien mais je me suis dit plein de choses: champion tu ne le seras jamais à moins de jouer avec Bâle ou YB (aujourd'hui). Donc pas de Champions'League. Tu as disputé des matches en Europa League. Tu as gagné la Coupe de Suisse. Alors j'ai dit stop, parce que continuer aurait forcément débouché que sur du moins bien."

D'Echallens à Buffon

Quand il jouait au LS, Anthony Favre travaillait, à la carte, dans les bureaux d'un architecte à Echallens.

A l'âge de 20 ans, il a obtenu sa maturité commerciale. Quand il évoluait avec le FC Baulmes, Anthony Favre travaillait dans une agence immobilière à Orbe. Et à Zurich,
il a non seulement appris l'allemand (auparavant à Wil) mais a suivi, assidûment, des cours de comptabilité. Des atouts importants dans son jeu de vie aujourd'hui.

Encore une chose: quand il était enfant, son modèle de gardien était Edwin van der Sar. Le plus charismatique à ses yeux était Peter Schmeichel. Mais Gianluigi Buffon reste le numéro 1, un des plus grands portiers de tous les temps.

Palmarès

Anthony Favre est né le 1er février 1984 à Saint-Barthélémy.

Ancien footballeur. Gardien de but. Droitier.

A été junior à Saint-Barthélémy et à Echallens.

A joué au Servette (LNA, 2001-2004), avec Baulmes (LNB, 2004-2006), au LS (2005-2013), à Wil (2013-2014), au FC Zurich (2014-2017) puis au FC Le Mont, durant 6 mois et jusqu'au terme de la saison 2016-2017.

Met un terme à sa carrière en 2017.

Avec le LS, il a été champion de Challenge League 2011, finaliste de la Coupe de Suisse en 2010.

Avec le FC Zurich, il a gagné la Coupe de Suisse en 2016.

Actuellement, à raison de deux soirs par semaine, il entraîne les gardiens du Team Vaud, au LS (moins de 21 ans).

Quiz

 
01
sur
 

 

Interview Anthony Favre après la rencontre FC Sion/FC Zürich du 2 mars 2016.html


Commentaires (0)

Merci pour votre commentaire

Ce commentaire comprend-il des contenus douteux?

Le texte va être contrôlé et éventuellement adapté ou bloqué.

Votre commentaire

Vous n'avez pas encore écrit de commentaire!

Ce champ doit être complété. Merci.

Champ obligatoire
Ce champ doit être complété. Merci.










Merci de prendre connaissance de notre charte et ne manquez de respect à personne!

Jacques Wullschleger

 

Un fou de sport. Et le mot est faible. Jacques Wullschleger  a consacré sa carrière au journalisme sportif, d’abord pour la «Feuille d’avis de Lausanne» (devenue «24 heures») dès 1972, puis au «Matin» dès 1984. Son palmarès parle pour lui: plusieurs Coupes du monde de football, des Tours de Romandie et d’innombrables championnats de hockey, tennis, natation, patinage artistique… Au final, des milliers d’articles, mais aussi des événements et des rencontres qui ont marqué l’homme.

_


S'abonner à ce blog:

S'abonner par mail:
Veuillez corriger votre adresse e-mail


Confirmer



Archives par sujet: