Aylin Karaboyun, apprentie vendeuse chez Christ Montres & Bijoux, participera aux Swiss Skills.

Apprentis: des joutes nationales

Ils seront mille jeunes à se mesurer lors des premiers championnats suisses des métiers, à Berne, du 17 au 21 septembre. En Suisse, les pouvoirs publics visent à valoriser l’apprentissage.

Huit mille cinq cents: c’est le nombre de places d’apprentissage qui étaient encore vacantes à la rentrée d’août 2013. Globalement, la Suisse manque d’apprentis. Il y a dix ans, la tendance était inverse, et l’État intervenait pour favoriser la création de places. L’apprentissage serait-il aujourd’hui en perte de vitesse? «La démographie, chez les jeunes en fin de scolarité obligatoire, est en baisse, mais la situation varie entre les cantons», contextualise Jean-Pascal Lüthi, responsable de la formation professionnelle initiale et des maturités, au Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI). «Dans les secteurs santé, social, informatique, vente, la demande des jeunes est supérieure à l’offre de places. C’est le contraire dans les secteurs de la construction, des services, telle la restauration, de l’agriculture, des professions techniques.» Des domaines qui représentent un peu plus de 70% des places d’apprentissage.
La Suisse rencontrant une pénurie de personnel qualifié, les pouvoirs publics s’en inquiètent. Ainsi la Confédération a-t-elle lancé un projet, Match-Prof, visant notamment à «accélérer l’intégration des jeunes en fin de scolarité obligatoire.» Ils étaient 16 500 en formation transitoire ou cherchant une place d’apprentissage à la rentrée d’août 2013. Par ailleurs, «l’apprentissage a aussi besoin de talents et il y a une volonté de renforcer la maturité professionnelle. Selon les projections de l’Office fédéral de la statistique, on aura, dans un avenir proche, davantage besoin de personnel qualifié au niveau tertiaire, pas forcément universitaire.»
Les pouvoirs publics s’attachent également à «renforcer la visibilité de la formation professionnelle supérieure, qui comprend les brevets et diplômes fédéraux (ndlr: anciennement maîtrises fédérales). Il s’agit d’améliorer les conditions de financement de ces formations, qui ouvrent sur une très grande intégration dans le monde du travail. Et qui offrent, de manière complémentaire aux Hautes écoles spécialisées, d’excellentes perspectives après l’apprentissage.»

Valoriser l’intelligence pratique

La formation gymnasiale est-elle trop valorisée en Suisse? Y a-t-il un décalage entre le discours officiel, favorisant l’apprentissage, et la pratique? «La proportion est assez stable – on enregistre actuellement en moyenne suisse un peu plus de 20% de gymnasiens. Le nombre de gymnasiens avait fortement augmenté dans les années 1990 – 2000. Cela dit, il y a quand même une tendance, chez les parents, à envoyer à tout prix son enfant au gymnase.»
En particulier en Suisse romande, où la proportion d’apprentissages est moins grande qu’outre-Sarine. «Dans certains cantons, le taux d’échec au gymnase est de 50%, ce qui peut constituer une perte sur les plans économique et humain. Il faut être attentif à conserver la qualité de l’enseignement gymnasial de façon à conserver l’accès libre aux universités, aux Écoles polytechniques fédérales et autres Hautes écoles, ainsi qu’une bonne préparation à l’enseignement supérieur.»
La solution? «Il y a un effort à faire au niveau de l’information. Le système de formation est ouvert: il existe notamment des passerelles entre les voies de formation professionnelle et académique. Il faut aussi valoriser «l’intelligence pratique». Un bon artisan va toujours trouver du travail. En résumé, «la bonne personne à la bonne place, selon ses dispositions et aptitudes!» Le travail d’information, Jean-Pascal Lüthi préconise de l’amorcer dans les orientations professionnelles, et par exemple d’«avoir parmi les conseillers un mix entre des psychologues et des gens issus de la pratique, qui ont suivi une formation en orientation. Cela apporterait un certain équilibre, et une réalité du marché du travail.» Et que suggérer aux jeunes en âge de choisir une formation et à leurs parents? «D’être bien informé sur tout ce qui existe. Sur le plan professionnel comme sur le plan académique, les possibilités d’évolution existent.»

«De multiples débouchés»

Membre de la direction de Coop Suisse romande, chef de vente (Neuchâtel, Jura, Jura bernois), Laurent Voelin a débuté par un apprentissage de vendeur à la succursale de Reconvilier (BE).

A 15 ans, quel parcours professionnel imaginiez-vous?
Je suis venu à l’apprentissage un peu par hasard, car je connaissais un gérant de magasin. D’année en année, j’ai aimé davantage mon métier. Je referais le même choix. Le métier de vendeur offre de multiples débouchés. Chez Coop, on n’a pas besoin d’un diplôme universitaire pour atteindre des postes à responsabilités. L’expérience du terrain est très importante.

Que vous a amené cette voie de formation?
À travailler en équipe, développer des qualités humaines, accepter les différences de chacun pour créer une équipe, une cohésion, une solidarité. Cela a été une école de vie. A 15 ans, il n’est pas évident d’effectuer le saut dans le monde professionnel. J’ai eu la chance de rencontrer des personnes au long de mon parcours qui m’ont beaucoup appris et m’ont donné la possibilité et l’envie d’évoluer dans l’entreprise.

Quels conseils adresseriez-vous à un jeune?
On ne donne pas assez de valeur aux métiers de la vente. Or, ils ouvrent sur énormément de possibilités. Si on a envie d’aller de l’avant, qu’on est dynamique, qu’on apprécie le contact avec la clientèle et qu’on aime les gens, les opportunités d’occuper un poste à responsabilités seront nombreuses.

«une référence»

Nadja Hitz, apprentie vendeuse chez Christ Montres & Bijoux: «J’aimerais arriver en finale des Swiss Skills. Pour moi, il s’agit surtout d’avoir une référence, la confirmation que je fais bien mon métier. Pour m’y préparer, j’ai des entretiens de vente chaque jour et je m’exerce aussi avec mes collègues. J’ai rendez-vous avec une équipe de décorateurs qui me conseillera dans la manière de présenter les produits.»

Rendez-vous Swiss Skills

  • Premiers championnats suisses des métiers
  • Dates: du 17 au 21 septembre
  • Nombre de concurrents: 1000
  • Métiers représentés: 130
  • En compétition: environ 70
  • Experts: 300
  • Nombre d’associations de métiers: 56
  • Parmi les organisateurs: associations d’employeurs et de salariés, pouvoirs publics
  • Lieu: Bernexpo, Berne
www.swissskillsbern2014.ch/fr/

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Ariane Pellaton

Rédactrice

Photos: Heiner H. Schmitt
Infographie: Jacob Kadrmas

Publication:
lundi 15.09.2014, 17:30 heure



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