Nadine Apolloni examine le nichoir 
sous le regard attentif de Max Glauser.

Arbres de vie: un trésor de la nature

Diversité Les vergers à hautes tiges sont caractéristiques 
des paysages de nombreuses régions de Suisse. Mais ce n’est pas qu’à ce titre qu’il est important de les préserver.

Avec leurs arbres aux épaisses frondaisons, aux silhouettes tantôt élancées, tantôt noueuses, les vergers à hautes tiges sont en quelque sorte la carte de visite de l’Ajoie, région jurassienne limitrophe de la France. À cette époque-ci de l’année, les fameux damassons rouges ont quasiment tous été récoltés, à l’instar d’autres fruits. «Mais les arbres à hautes tiges méritent d’être préservés parce qu’ils fournissent aussi des services écologiques importants, souligne Stephan Durrer (54 ans), directeur de l’association Hautes-tiges Suisse. Ils offrent notamment des habitats à de nombreuses espèces d’oiseaux, aux chauves-souris et aux insectes.»
Max Glauser (55 ans) a depuis longtemps compris le message. À Boncourt, quasiment «sur» la frontière franco-suisse, il dirige une exploitation mixte comprenant environ 30 hectares de terres agricoles et une petite vingtaine de vaches laitières de la race montbéliarde. Parmi ses cultures figure en bonne place un verger à hautes tiges d’une cinquantaine d’arbres fruitiers. «Les plus anciens ont été plantés par mon père en 1948», déclare-t-il fièrement. Quand des membres du Collectif Chevêche Ajoie se sont approchés de lui pour lui proposer de poser un nichoir, il a tout de suite accepté: «J’ai toujours aimé les oiseaux, confie-t-il. À l’école, je leur avais consacré ma première conférence.»

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Une question de survie

Aujourd’hui, le nichoir est suspendu à une puissante branche d’un vénérable noyer. «Nous l’avons posé au printemps 2015, indique Nadine Apolloni, 32 ans, ornithologue et coordinatrice de projet au Collectif Chevêche Ajoie. En 2016, un couple de chouettes chevêches est venu y nicher. Ils ont mis au monde quatre jeunes.»
La femelle avait été capturée dans le but de voir si elle était baguée. Elle l’avait été en Alsace. «Cette année, un couple a de nouveau occupé le nichoir, mais nous ne savons pas s’il s’agit du même que l’année dernière, car la femelle n’a pas pu être capturée», continue l’ornithologue.
C’est pour favoriser la survie en Ajoie de cet oiseau emblématique de la région que s’est créé en 2002 le Collectif Chevêche Ajoie.
Un de ses membres avait remarqué, vers la fin des années 1990, que la population de chouettes chevêches avait considérablement diminué. «Alors que dans les années 1980 on comptait une cinquantaine de couples, ils n’étaient plus qu’une douzaine vers la fin des années 1990. Ce n’est pas une quantité viable pour l’espèce», précise l’ornithologue. Aujourd’hui, grâce aussi à un plan d’action cantonal lancé en 2003, la population de chouettes chevêches est estimée à 35 couples.
L’Ajoie est une des trois régions de Suisse où niche cet oiseau avec la campagne genevoise et le Tessin. «Les vergers à hautes tiges sont des endroits idéaux pour cet oiseau cavernicole. Et l’Ajoie n’en manque pas», se réjouit Nadine Apolloni.

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Des actes pour le bien-être de tous

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Toutes les paroles aux actes
Jean Pinesi

Rédacteur

Photo:
Nicolas de neve
Publication:
lundi 21.08.2017, 12:00 heure

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