Arnold Schwarzenegger (ici en 1974) est resté en pleine forme 43 ans plus tard et pour cause: «Je m’entraîne tous les jours avec des poids.»

«Je ne me fais jamais de soucis!»

Interview exclusive Arnold Schwarzenegger s’engage pour la protection de la nature et réalise un film sur le monde sous-marin. À la veille de ses 70 ans, il nous raconte son Amérique et nous dit comment il est devenu millionnaire.

Figure emblématique du show-business et de la politique, il est à la fois Autrichien jusqu’au bout des ongles et immigré américain exemplaire. Arnold Schwarzenegger fêtera son 70e anniversaire le 30 juillet. Nous l’avons rencontré à Cannes, où il a présenté, avec Jean-Michel Cousteau, fils du célèbre plongeur Jacques-Yves Cousteau, le film «Wonders of the Sea». Immersion spectaculaire en 3D au fond des océans de la planète, ce documentaire invite à découvrir les splendeurs de la faune sous-marine. Producteur du film, Schwarzy s’est aussi glissé, avec son accent austro-américain unique, dans la peau du narrateur.

Arnold Schwarzenegger, vous allez avoir 70 ans. Est-ce que le fait de prendre de l’âge vous pousse à vous soucier davantage de la planète?
Ai-je l’air de quelqu’un qui se fait du souci? (Rires) Non, je ne me fais jamais de soucis! Au lieu de m’inquiéter ou de me plaindre, je préfère me lever et prendre les choses en main. Comme on dit, «le changement commence par soi!» À l’Institut Schwarzen­egger, nous apprenons aux enfants qu’il ne suffit pas d’accumuler des connaissances sur la protection de l’environnement: rien ne changera tant qu’on ne passera pas concrètement à l’action. J’en ai fait ma devise: ce n’est pas en restant les deux pieds dans le même sabot que l’on fait avancer les choses, mais en mettant la main à la pâte.

«

J’en ai fait ma devise: fais bouger les choses, au lieu de te plaindre»

Les six règles du succès selon Arnold Schwarzenegger

Qu’est-ce qui vous a séduit à ce point pour que vous prêtiez votre voix – et votre plus bel accent! – à la réalisation de «Wonders of the Sea»?
Le film véhicule un message important, c’est un hommage à la nature. Les océans nous fournissent 50% de notre alimentation et de notre oxygène. J’ai voulu en être, alors j’ai contacté Cousteau et son équipe, nous avons écrit les textes ensemble et les avons enregistrés. On a ensuite appris, à notre plus grande surprise, que le film allait être projeté à Cannes! Et là, les réactions ont été énormes: partout dans le monde, on est intéressé à acheter le film. Jacques Cousteau m’a dit: «Tu protèges ce que tu aimes.» Et nous voudrions par ce film que les gens s’enthousiasment pour la vie sous-marine. Et qu’ils la protègent.

Vous mettez la protection de l’environnement dans les  mains du peuple, et non dans celles des politiques. Aviez-vous pressenti que le président Trump sortirait de l’accord de Paris sur le climat?
L’Amérique ne se résume pas qu’à Donald Trump. Nous ne nous en remettons pas à une seule et unique personne, mais plutôt à l’ensemble de la population mondiale, qui compte plus de 7 milliards d’êtres humains.
Toutes les initiatives réussies sont nées de mouvements populaires et non avec le pouvoir du capital. À ma connaissance, aucune idée brillante n’a jamais vu le jour, jusqu’à présent, grâce au capital – et en histoire, j’en connais un rayon!

Vous avez été gouverneur de Californie entre 2003 et 2011. Avez-vous fait assez pour l’environnement?
À l’époque où j’ai pris mes fonctions, j’ai eu la chance d’être entouré par des personnes très douées qui étaient là pour me conseiller et m’épauler. Mes conseillers étaient formidables. C’est entre autres grâce à eux que j’ai pu travailler avec les démocrates. Ensemble, nous avons réussi à imposer, en Californie, les lois les plus strictes des États-Unis en matière d’écologie. Nous avons même poursuivi les autorités fédérales en justice. À l’époque, George W. Bush était encore président. Nous sommes allés jusqu’au tribunal de grande instance. J’ai porté plainte contre mon propre parti. Ils ont perdu et nous avons gagné. Cela en valait la peine; aujourd’hui, aux États-Unis, la Californie est leader en matière de protection environnementale.

Qu’est-ce qui vous consterne le plus?
Que sept millions de personnes meurent chaque année à cause de la pollution environnementale parce que nous n’arrivons pas à abandonner les énergies fossiles. Le changement climatique représente un danger pour l’avenir. On entend beaucoup parler des tueries et des attaques terroristes, mais on ne dit presque rien des morts, bien plus nombreux, qui ont succombé à la pollution de l’environnement.

Si vous deviez briguer un nouveau mandat politique, vous engageriez-vous auprès du Parti démocrate?
Pourquoi ferais-je une chose pareille? J’ai des principes bien différents de ceux des démocrates. Mais peu importe que l’on soit démocrate ou républicain, nous respirons tous le même air, buvons tous la même eau et vivons sur la même planète.

Votre succès aux États-Unis, comment vous y avez travaillé?
Ça s’est fait tout seul. Je voulais vivre mes rêves et l’Amérique s’est révélée être le pays qui me permettrait de les réaliser si j’avais assez de volonté et de conviction. C’était le pays idéal pour les rêves que j’avais. Je voulais être champion du monde de culturisme, puis acteur. «Muscle Beach» est en Californie, et il se trouve que Hollywood aussi. C’est pour cette raison que j’y suis allé.

Considérez-vous toujours les États-Unis comme le pays de tous les possibles?
Absolument! C’est aussi la raison pour laquelle, aux États-Unis, personne n’est jaloux du succès des autres. Lorsque vous racontez que vous venez de gagner votre premier million, personne ne va vous rayer la voiture, tout le monde vient faire la fête avec vous.

Arnold Schwarzenegger parle de la santé du monde et de son dernier film, «Wonders Of The Sea»

C’est ce que vous avez vécu lorsque vous êtes devenu millionnaire?
Oui. J’avais acheté une maison pour 200 000 dollars et puis j’ai appris plus tard qu’elle en valait un million. Ça a même été annoncé au haut-parleur: «Bonjour tout le monde! Schwarzenegger vient de rejoindre à l’instant le camp des millionnaires!» J’étais à la salle de sport, entouré de 25 personnes qui ont partagé ma joie. Les gens s’inspirent du succès et de la réussite des autres. En Europe, on préfère rouler dans une vieille voiture avant d’oser montrer son nouveau carrosse.

En toute sincérité, que pensez-vous de Donald Trump?  
Je n’ai pas voté pour lui mais je me permets de le critiquer quand je juge qu’il fait une erreur.

Un exemple?
Je l’ai attaqué lorsqu’il a voulu économiser 1,2 milliard de dollars sur les garderies d’après-midi pour les enfants. Ça fait 25 ans que je me bats pour cette cause, entre autres, donc je ne pouvais pas rester là sans rien dire. Alors, bien sûr, je m’en suis pris à lui. Ça s’est révélé utile puisque la presse et les médias sociaux se sont également emparés du sujet. Le poste a été rétabli dans le budget. J’agirai exactement de la même façon s’il envisage de mauvaises choses en matière de protection environnementale. Quand je crois à quelque chose, je le prône haut et fort.

Mais ce que vous souhaitez en premier lieu, c’est la réussite de Trump?
Oui, parce que je veux la réussite de l’Amérique. Il y a tellement de problèmes dans le monde qui ne peuvent être résolus que par nous tous, ensemble. Pour cela, il nous faut de la force et plus de profondeur. Pour pouvoir les appréhender, il faut aller au fond des choses. Le monde dans lequel nous vivons est très complexe.

Les grandes scènes d’Arnold Schwarzenegger

Une sacrée carrière

«Avec l’accent que tu as, me disait-on, tu n’auras jamais le premier rôle!»

«Avec l’accent que tu as, me disait-on, tu n’auras jamais le premier rôle!»
http://www.cooperation.ch/Arnold+Schwarzenegger «Avec l’accent que tu as, me disait-on, tu n’auras jamais le premier rôle!»

Arnold Schwarzenegger est né en 1947 en Styrie, un land autrichien. En 1968, il émigre aux États-Unis où il s’occupe de fitness, devient agent immobilier et millionnaire. Les succès s’enchaînent ensuite pour «Schwarzy»: plusieurs fois Mister Univers, il décroche des grands rôles à Hollywood, puis est élu gouverneur de Californie.

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texte:
Roberta Cohen
Photo:
George Long/Sports Illustrated/Getty Images, AFP
Publication:
lundi 17.07.2017, 13:50 heure



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