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Les auberges de 
jeunesse offrent 
toute une panoplie d’atmosphères. Ici à Zürich.

Avenches

Bâle

Dachsen

Lausanne

Le Bémont

Lugano

Santa Maria

Zermatt

Lugano

Auberges de jeunesse: quand la variété séduit

L’idée est restée la même: offrir un hébergement de qualité à bas prix pour des jeunes et des familles. 
Et privilégier les liens sociaux. Depuis leur création en 1924, les auberges de jeunesse suisses sont toutefois devenues modernes, confortables et innovantes.

Quelques auberges de jeunesse particulières

Nouvelles:

  • Avenches (VD): Après rénovation complète, l’établissement a ouvert ses portes pour la saison d’été 2014.
  • Gstaad-Saanenland: L’auberge de jeunesse a été entièrement reconstruite. Ouverture le 4 juin 2014.
  • Saas Fee: Ouverture le 5 septembre 2014 d’un wellnessHostel, comprenant l’accès direct à la piscine et à l’espace bien-être (saunas, bain à bulles, dalle chaude, salle de repos) & fitness. 

Design:

  • Bâle: Construite dans une ancienne fabrique de soie, rénovée en 2010, son architecture a été primée en 2013.

Châteaux:

  • Brugg (AG): Sur les bords de l'Aar, le « Schlössli Altenburg », édifié vraisemblablement au XVIe siècle, fut une résidence des Habsbourg. L’origine de son mur d’enceinte, haut par endroits de plus de sept mètres, remonte au IVe siècle.
  • Dachsen (ZH): A 5 km de Schaffhouse, le château de Laufen se dresse sur un éperon rocheux juste au-dessus des chutes du Rhin.
  • Mariastein (SO): A 15 km de Bâle, l'auberge de jeunesse se trouve dans le château fort de Rotberg, dont la fondation remonte probablement aux XIIe et XIIIe siècles.
  • Sils i.D (GR): Le château fort d’Ehrenfels, construit au XIIIe siècle, offre une vue sur toute la région de la Domleschg, riche en châteaux forts.

Piscine:

  • Lugano: Située sur un emplacement tranquille, l’auberge de jeunesse dispose d’un parc de 10000 m2, et d’une piscine équipée de chaises longues et parasols.

Vue imprenable:

  • Zermatt: Le Cervin trône dans le champ de vision de l'auberge de jeunesse.

Les auberges de jeunesse en Suisse romande (labellisées Youth Hostel):

Avenches, Château-d’Oex, Delémont, Fribourg, Genève, Lausanne, Le Bémont, Montreux, Sion
 
Auberges de jeunesse labellisées Youth Hostel: www.youthhostel.ch/fr
   

Reportage

Tendance, les auberges de jeunesse suisses le sont plus que jamais. Fondées il y a nonante ans, désormais au nombre de 53 établissements, elles investissent des chalets, des châteaux, et d’anciennes bâtisses au design revisité. 
En 2013, elles ont par ailleurs augmenté leur chiffre d’affaires, «ce qui n’est pas forcément le cas de l’hôtellerie, qui continue de souffrir du franc fort», souligne Véronique Kanel, porte-parole de Suisse Tourisme. «C’est une belle réussite dans le contexte économique actuel difficile pour le tourisme suisse. Les auberges de jeunesse représentent une petite partie des nuitées en Suisse, mais en termes de marque et de rayonnement, c’est un produit très important.» Les valeurs clefs? Le rapport qualité-prix, la convivialité, le développement durable érigé au rang de statut de leur association.

Leur succès, les auberges de jeunesse le doivent à une qualité accrue. Et à une diversification de la clientèle. «Quand on est mandaté pour l’hébergement lors de congrès, on constate que ce type d’établissement est très demandé», relève Claude Petitpierre, directeur de Lausanne Tourisme. «L’image de l’auberge de jeunesse avec des dortoirs et des couvertures a changé: ce sont désormais des établissements modernes qui disposent de tout le confort et d’une diversité assez large. A Lausanne, il y a une vingtaine d’années, lorsque l’auberge de jeunesse est entrée en fonction, on a tout de suite vu l’importance de cette catégorie d’établissement pour la ville. Et l’intérêt de toutes sortes de clientèles. Elle a d’emblée connu un beau succès.»

Les auberges de jeunesse privilégient les espaces communs, sources de rencontres. 

L’évolution dans leur confort, les auberges de jeunesse l’ont amorcée dès les années 1990, où la demande en chambres doubles a commencé à s’affirmer. «Quand on rénove, on en intègre dans les projets», commente Oliver Kerstholt, directeur marketing. De là à proposer une auberge de jeunesse incluant un spa, comme celle qui ouvrira ses portes en septembre à Saas-Fee? «Saas-Fee restera une exception. La commune possédait un ancien centre de loisirs, mais elle n’avait pas de vision quant à sa mise en fonction. Nous avons trouvé une solution: la commune a assuré la rénovation de la piscine et la construction de l’espace wellness, nous en gérons l’activité.» 

Selon Suisse Tourisme, «la modernisation est nécessaire dans toutes les catégories d’hébergement: la clientèle qui vient en Suisse est exigeante, car le pays, avec une monnaie forte, est globalement cher.» Quid de la tendance design? «J’ai le sentiment que c’est une évolution demandée», estime Claude Petitpierre. «Cette tendance se développe aussi dans les cabanes de montagne. Qu’on ne fasse pas des auberges de jeunesse des hôtels cinq étoiles avec un salon Louis XIII, oui. Mais que ce soit spartiate et de mauvais goût, surtout pas!» La clientèle, elle, est partagée.

L’association des auberges de jeunesse, pour sa part, voit dans les défis futurs de «remplir davantage les lits vides pendant les périodes où les établissements sont en fonction. De maintenir des prix bon marché pour les jeunes et les familles. Et de permettre les rencontres. C’est pourquoi nos chambres restent agencées très simplement, de manière à ce que les gens n’y passent pas des heures, mais à ce qu’ils se retrouvent dans les lieux communs. L’aspect social est très important.»
A terme, l’objectif tient dans la «couverture du territoire suisse, même si certaines auberges ne s’avèrent pas rentables, les plus rentables devant compenser le manque à gagner.» Les régions concernées? Neuchâtel, le lac de Bienne, et le Haut-Valais – peut-être Crans-Montana. «Il y aura quelques établissements supplémentaires, mais au total ils ne seront pas beaucoup plus que soixante.» Et les auberges de jeunesse devraient aussi ouvrir des «restaurants accessibles au public non résident, comme c’est actuellement le cas à Interlaken.»
En continuant de s’approvisionner auprès des producteurs locaux, ou de miser sur les produits issus du commerce équitable. Tout un concept.

Auberges de jeunesse 

Portrait en Suisse

Trois catégories de lits Dès 32 fr. en dortoirs, et jusqu’à 135 fr. en chambre double. Au total, deux tiers des chambres ont plusieurs lits.

Adhérents 100 000, constant.

Hôtes Moins de 20 ans: 33%;
20–44 ans: 31%; plus de 45 ans: 36%.

Nationalités 56,6% sont des Suisses, suivis par les Allemands (10,7%), et les Britanniques (3,3%).

Nuitées 995 412; 3,4% de plus qu’en 2012.

Chiffre d’affaires 44,3 millions de francs; 2,9% de plus qu’en 2012.

Note: chiffres concernant l’exercice 2013.

«Les gens ne sont pas compliqués» 

Variées dans leur architecture, les auberges de jeunesse le sont aussi dans leur clientèle. Reportage à Bâle.  

Rénovée en 2010, l’auberge de jeunesse de Bâle fait chatoyer les genres, comme le béton chatouille les voûtes médiévales. «Vous avez été modeste!» lance Uta, cheveux blancs et pull de marin, en comparant le café solitaire d’un plateau voisin. Sur le sien, le buffet s’est déversé pêle-mêle en fruits et viandes froides. «Tu as vu, moi, ce que j’ai pris!» crie un gamin, apostrophant un monsieur attablé plus loin. «En auberges de jeunesse, avec des enfants, c’est plus facile que dans des hôtels, où on ne les aime pas trop», fait remarquer Matthias, de Berne, en séjour avec ses deux fillettes. «Les gens ne sont pas compliqués. Il y a une bonne atmosphère. Et puis, tout est solide, pratique. Je ne dois pas en permanence faire attention. Les filles peuvent courir, jouer.»
Ici, l’espace appartient à tout le monde, indifféremment. Jean-Pierre, Parisien de 68 ans, privilégie les auberges de jeunesse. «Je partage souvent des chambres à quatre. Ça me plaît beaucoup. A Athènes, j’ai rencontré un cardiologue turc, un Suisse d’origine kosovare avec qui j’ai regardé le match Suisse – Albanie. Je préfère voyager à petit prix et souvent que voyager peu et dans le luxe.» Michèle (66 ans), de Paris: «Il m’est arrivé que le prix d’une chambre simple soit le même que dans un quatre étoiles en basse saison. Mais ce qui est bien, en auberge de jeunesse, c’est qu’on rencontre des gens.»

Si l’établissement se transforme parfois en colonie d’écoliers, ce matin de mars, il faut être patient pour repérer des jeunes. Ce seront, alors que le buffet s’apprête à fermer, trois adolescentes écloses par mimétisme, mêmes leggins, mêmes cheveux longs. Et ce seront encore deux joueurs internationaux de badminton. «En fait, on parle d’auberges de jeunesse, mais je n’ai pas vu beaucoup de jeunes!» glisse Luca (27 ans), venu de Zagreb pour un tournoi. «Avec mon collègue, on avait peur que les gens rentrent soûls, après avoir fait la fête. Mais non!» Ce qu’ils ont pensé de l’architecture minimaliste du lieu, primée en 2013? «Je n’ai pas vu cet aspect!» répond Mickael. «Si les auberges de jeunesse devaient investir, cela ne devrait pas être dans l’architecture ou les belles vues, mais dans davantage de chambres doubles!»
Pour sa part, la directrice de l’auberge de jeunesse de Bâle, Sandra Neuhaus, vise des aspects pratiques. Prêter des vélos, proposer des programmes originaux. Le plus grand défi pour elle? «Que nos hôtes dans leur diversité soient satisfaits. Les seniors veulent le calme à 22 h, les hôtes des pays du Sud veulent manger à 22 h, les enfants jouer. Vu le niveau des prix en Suisse, certains exigent qu’on fasse tout pour eux. Mais nous avons besoin de clients indépendants.» Le dénominateur commun.

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Ariane Pellaton

Rédactrice

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Photo:
Keystone, SP
Publication:
lundi 07.04.2014, 12:30 heure

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