La famille Peguiron dans un champ de tournesols qu’elle exploite en terre vaudoise: (de g. à dr.) Guillaume (16 ans), Claude, Laurence, Donovan (9 ans) et Jenny (14 ans).

Les Peguiron passent au bio

Environnement Claude Peguiron fait pousser blé, tournesols et colza dans les champs autour de Mex, petit village au-dessus de Lausanne. Il est le 6000e producteur Bourgeon du pays. Rencontre avec l’agriculteur et sa famille.

Même si la sécheresse mène la vie dure à ses cultures – «Il n’y a pas eu assez d’eau. Le maïs est encore petit…» – l’agriculteur garde le sourire et explique pourquoi il s’est tourné vers l’agriculture biologique. «À l’époque, on pensait que l’amiante c’était super. On a vu les effets néfastes après coup. Il faut agir aujourd’hui pour demain! Le bio est un plus pour l’environnement et la santé. Près d’ici, une source a été polluée par des produits chimiques», déplore le paysan, hypersensible aux produits phytosanitaires. «Certains d’entre eux m’incommodaient fortement. D’anciens produits que j’employais pour traiter le colza contre les ravageurs n’étaient pas sélectifs. Plus on les utilise, plus on est dépendant des firmes qui fabriquent ces produits chimiques.»

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L’anticipation est primordiale

Ce passage au bio implique davantage de travail: «Il est plus simple d’avoir recours à des produits chimiques… Avant, une seule machine suffisait pour le désherbage des parcelles. Maintenant, on doit en utiliser plusieurs. C’est un investissement. Il faut être très pointu, effectuer la bonne intervention au bon moment. Et vraiment anticiper! Quand tu vois la mauvaise herbe, il est souvent trop tard dans certaines parcelles», souligne Claude Peguiron. 

«

Depuis tout petit, j’aide mon père à la ferme»

Guillaume Peguiron (16 ans), apprenti bûcheron

Outre les bienfaits pour l’environnement, le bio peut aussi faire du bien au porte-monnaie: du blé conventionnel sera payé 50 centimes le kilo au producteur contre 1 franc pour du blé bio, mais le rendement à l’hectare de ce dernier est inférieur de 40%. Au final, «on gagne un petit peu plus si tout va bien!» résume le cultivateur. Pour son épouse Laurence, «il faut vraiment être convaincu de ce qu’on fait pour faire du bio! Les techniques existent depuis très longtemps, elles évoluent. On doit réapprendre à travailler différemment. Il ne faut pas avoir peur du qu’en-dira-t-on…»

«Manger moins mais mieux»

«Je suis passé au bio pour plusieurs raisons. Un des buts est de créer une valeur ajoutée pour l’exploitation. Mon fils aîné Guillaume envisage de travailler sur le domaine. Il a ça dans le sang. Mais je lui ai toujours dit: tu feras ce que tu aimes!» expose Claude Peguiron. Avec sa femme, ils ont suggéré à leur fils de suivre une autre formation avant, du fait qu’ils ne sont pas propriétaires du domaine.
Guillaume (16 ans) vient de débuter un apprentissage de bûcheron. «Ensuite, j’aimerais faire un CFC de paysan. Depuis tout petit, j’aide mon père à la ferme. J’aime les poules et les cultures mais pas trop les vaches: c’est compliqué et ça prend beaucoup de temps!» La ferme compte cinquante têtes de bétail: «Sur une exploitation bio, on doit laisser au minimum 20% d’herbe. Nos vaches la mangent et sont nos fournisseurs d’engrais naturel. On complète avec des engrais bio, bien plus chers que les chimiques traditionnels», explique le père de famille. Parmi les bêtes, deux veaux qui viennent de naître: «C’est Guignol et Guignolette! Les jumeaux sont assez rares.» L’impressionnant taureau noir répond au nom de Lord Scotch. «Mon ancien taureau s’appelait DSK. Il n’arrêtait pas!» s’esclaffe Claude Peguiron. La viande qu’il produit est commercialisée chez Coop, sous le label Natura-Beef. Elle sera bientôt certifiée Natura-Beef Bio. «Les consommateurs disent que le bio est cher, mais il y a beaucoup de gaspillage d’aliments. Il faut manger moins mais mieux!»

Père et fils avec une vache et son veau.

Les Romands rattrapent leur retard

Bio Suisse, basé à Bâle, vient d’ouvrir une antenne à Lausanne, avec pour but de développer l’agriculture biologique de ce côté de la Sarine. «Le retard romand se rattrape petit à petit. Nous voulons être plus proches des agriculteurs. Il y a un bon accueil. On reçoit des appels tous les jours», se réjouit son responsable Pascal Olivier. Selon lui, le potentiel de croissance le plus important réside dans les grandes cultures. On dénombrait 849 producteurs Bourgeon en Suisse romande fin 2014, soit 14% du total des fermes bio.
Au niveau national, celles-ci représentent 12% de l’ensemble des exploitations agricoles, un chiffre en constante hausse. En 2014, le chiffre d’affaires global des produits bio a atteint 2,2 milliards de francs au niveau national (7,1% de part de marché) dont 367 millions en Suisse romande (6,5% de part de marché).

www.bio-suisse.ch

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Basile Weber

Rédacteur

Photo:
Darrin Vanselow
Publication:
lundi 31.08.2015, 14:50 heure



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