Avec les clowns, c’est la fête toute l’année

À l’hôpital Les clowns de l’association Hôpiclowns Genève apportent un coup de folie et beaucoup de fantaisie à l’hôpital des enfants.

Dans les méandres des sous-sols des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), tout près des archives de l’établissement, un local sert de loge aux duos de clowns qui font chaque semaine – y compris durant les Fêtes – deux fois le tour des services de l’hôpital des enfants.
Ce début d’après-midi, Sandrine Chervet (49 ans) et Sébastien Cramer (37 ans) se transforment en Octavine et Helvis Persil. Elle enfile ses collants léopard, sa jupe rose et son chemisier à fleurs. Il met son pantalon à carreaux, sa chemise violet vif et ses bretelles argentées. «Allez, on se prend deux secondes pour se chauffer», lance Octavine à son partenaire de jeu. Ni une ni deux, ils commencent face à face un jeu de gestes rapides en miroir, puis entonnent une chanson. Les voilà dans la peau de leurs personnages.

«Après le lancer de nain, place au lancer de Père Noël!»

Forte solidarité pour les Fêtes

À peine sortis de leur loge, ils font le show. Ils sonnent à la réception des archives et prennent la fuite, lâchent des «salut» chaleureux à tous ceux qu’ils croisent. Arrivés à l’accueil, ils aperçoivent un électricien équipé d’une imposante mallette. «T’as tout le matos?» L’homme acquiesce, les yeux rieurs.
Des sapins décorés et des sculptures de Pères Noël en ballons de baudruche ornent le hall d’entrée. Octavine et Helvis Persil s’en saisissent… «Après le lancer de nain, place au lancer de Père Noël!» Tous ceux qui passent par là se marrent.

Échauffement en loge. Qui sera le plus rapide au jeu de mains?

Pour les Fêtes, en plus des visites des clowns, toutes sortes d’événements sont organisés à l’hôpital des enfants. «On sent dans la population une forte solidarité envers ceux qui sont obligés de rester à l’hôpital. Les propositions sont très très nombreuses», observe Thari Mino, psychopédagogue en pédiatrie. Forte d’une expérience de dix ans, elle s’en réjouit: «Le jeu et les activités adaptées sont un souffle énergisant et permettant une guérison plus rapide. Un enfant qui s’ennuie sentira plus lourdement son hospitalisation.»

Du fard au costume, Sandrine devient petit à petit Octavine.

Transcender la souffrance

Helvis Persil et Octavine se dirigent en médecine générale. Ils s’arrêtent vers un homme occupé à faire briller les parois en verre des couloirs et lui demandent s’ils peuvent laisser l’empreinte de leurs mains. Près de la salle des plâtres, Helvis Persil perd sa moumoute et fait promettre à ceux qui l’ont vu de ne pas ébruiter l’incident. Octavine se moque de lui, l’entraînant un étage plus haut.
Une infirmière informe les clowns sur l’état de santé des enfants avant qu’ils n’entrent dans leurs chambres. Elle les avertit si un patient n’a pas envie de les recevoir. De leurs lits, bébés, enfants et adolescents accueillent intrigués ces visiteurs farfelus. Les soignants se mêlent parfois aux dialogues improvisés. En une dizaine de minutes, un échange s’est créé, les patients ont voyagé loin du monde hospitalier. «C’est juste fabuleux de pouvoir faire ce travail. Je pense qu’on a la meilleure place de tout l’hôpital», s’enthousiasme Sandrine Chervet. Même son de cloche du côté de Sébastien Cramer, qui a connu les clowns d’hôpitaux lorsque son fils avait dû être hospitalisé durant deux mois. «Ils représentaient de bons bols d’air. Je suis ravi de les avoir rejoints.»
Même quand la souffrance est grande, les clowns parviennent souvent à la transcender par le jeu. «Bien sûr, parfois, plus tard, quand je me retrouve seule sur mon vélo, les larmes me viennent. Ça fait partie de la vie», conclut Octavine.

Lorsqu’ils entrent dans la chambre d’un patient, les clowns adaptent leur jeu à celui qui les y reçoit.

«On travaille toujours à deux»

Anne Lanfranchi, alias Sidonie Directrice d’Hôpiclowns Genève et clown

La période des Fêtes est-elle spécialement difficile pour les Hôpiclowns?
Elle l’est pour les familles qui vivent l’hospitalisation. Leur sensibilité est plus accrue. Nous considérons chaque situation comme très sensible toute l’année et encore plus durant les Fêtes.

Dans quel contexte est née votre association?
Sa création date de 1996. Elle est née du souhait d’une équipe de l’hôpital des enfants d’amener un projet de clowns pour améliorer la qualité de vie de l’enfant hospitalisé et de sa famille.

Quelle est votre éthique?
Travailler en partenariat avec les équipes soignantes dans leur ensemble, toujours en duo. Nous tenons aussi à être présents dans la régularité, sur toute l’année. Quand on dit qu’on vient le mardi matin dans tel service, on le fait.

Combien êtes-vous et comment fonctionne votre association?
Nous sommes actuellement treize clowns. Notre association fonctionne essentiellement grâce aux dons privés. En plus des visites aux enfants, nous allons depuis un peu plus de quatre ans à la rencontre d’adultes, personnes âgées ou polyhandicapées. 

Comment gérez-vous les situations difficiles que vous voyez?
Comme on travaille toujours à deux, on en parle entre collègues. Et une fois toutes les six semaines, on se réunit et on parle avec un psychologue des situations que l’on vit à l’hôpital.
www.hopiclowns.ch

Le nez rouge, un visa pour tous

Hôpiclowns Genève a une petite sœur à Sainte-Croix (VD) depuis cet été. Des élèves adultes de l’école Zarti’cirque ont eu envie de faire une démarche de plus avec leur pratique clownesque. Après deux ans de contacts et de recherche de financement, leur projet s’est concrétisé. Cinq clowns interviennent une fois par mois dans les services de psychogériatrie et de gériatrie du Centre de soins et de santé communautaire du balcon du Jura vaudois (CSSC). Ils ont été formés à Sainte-Croix par Hôpiclowns Genève. «Le nez rouge, c’est un visa pour tous les univers. On a des résultats très positifs», assure Marylène Rouiller, clown et coordinatrice du projet.

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Joëlle Challandes

Rédactrice

Photo:
Patrick Gilliéron Lopreno
Publication:
lundi 15.12.2014, 15:00 heure



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