Bastian Baker (22 ans): «Il y a clairement des expériences top à faire en Suisse alémanique.»

«La Suisse, mon port d’attache»

A 22 ans, le Vaudois Bastian Baker sort son 2e album, «Too Old to Die Young», alors que sa carrière tend à s’internationaliser. Rencontre avec un artiste passionné, qui a gardé les pieds sur terre.

Coopération. Un tel succès à votre âge, comment fait-on pour garder la tête froide?
Bastian Baker. Je la mets tous les jours dans un bain de glaçons! (rire) Non, sérieusement, je relativise tout et ne suis pas du genre à m’enflammer. C’est un succès suisse, français et belge. Au Rwanda, personne ne me connaît. La donnée, plus que le succès, c’est le travail et on bosse énormément. De mon passé de sportif, il me reste que gagner un match n’est jamais très intéressant. Ce qui compte, c’est de remporter le championnat. C’est pourquoi j’ai toujours envie de me dépasser.

Si tout s’arrêtait demain?
Ma base est très solide avec ma famille, mes potes, des gens qui étaient là avant et qui seront là après. Ça aide à rester «normal».

Comment faire pour durer dans un domaine où les «stars» d’un jour, à l’image d’une Nabilla, sont légion?
Question de contenu. Nabilla, c’est formaté. Tout est dans l’éphémère. Twitter a battu Facebook parce que c’est plus instantané. Après mon premier single, les gens se posaient cette question. On a sorti l’album et on a eu six chansons dans le top 50, trois Swiss Awards en deux ans. Tu peux créer une star de toutes pièces, mais tu ne peux pas faire éternellement rien.

Artistiquement, vous sentez-vous proche de quelqu’un?
Mon artiste préféré est Robert Francis, un auteur-compositeur-interprète américain qui fait des choses magnifiques. De manière générale, on a besoin d’exemples. Si le mec, lorsqu’il arrive à 60 ans, est heureux, sa carrière m’inspire. Personnellement, mon bonheur est de rendre les gens heureux. C’est pour ça que je fais de la musique. Mais il faut être conscient qu’on ne peut pas commencer une carrière à 20 ans et espérer qu’elle soit linéaire. Il y a des passages à vide, des pauses. Depuis trois ans, je vis à un rythme d’enfer. C’est génial, intense, mais usant aussi.



Vous êtes en train de vous diversifier, là?
Oui, je commence à écrire pas mal pour d’autres, plutôt des artistes américains, donc en anglais. Depuis ce mois de septembre, je suis aussi coach dans l’émission de télévision belge The Voice. Musicalement, nous commençons de «démarcher» l’Allemagne, puis ce sera au tour du Canada. Nous fonctionnons un peu comme des artisans, pays après pays, avec des gens que l’on sent impliqués.

Les plaisirs simples de Bastian Baker, c’est quoi?
Jouer de la musique! Au-delà de la scène, je prends une gratte chez moi, je chante avec mes potes et on se marre. Ou alors on se fait un barbecue, on va au restau’ et buvons un bon verre. En outre, je joue au tennis. Depuis toujours. Classé R2 (ndlr: un très bon classement régional), j’ai été champion vaudois en 2008. Un super sport pour les nerfs. Et puis j’aime dormir! Comme je ne dors pas plus de 3-4 heures par nuit généralement, tous les 20-25 jours je dors toute une journée. Ça me permet de récupérer. Enfin, j’apprécie les balades en montagne.

Vous êtes aussi fan d’un nouveau sport, non?
Oui, le wakesurf (ndlr: sport nautique où un surfeur glisse sur la vague produite par un bateau sans que le surfeur soit attaché à ce dernier), un des sports les plus relaxants au monde, de surcroît, pour moi, dans la magnifique région de la Riviera lémanique.  

Vous êtes l’un des rares artistes suisses à être connu des deux côtés de la Sarine. Pourquoi?
D’abord, c’était clairement une volonté d’aller en Suisse alémanique. Beaucoup d’artistes romands ont peur. Dommage, car il y a clairement des expériences top à y faire, comme jouer devant 1500 personnes à Zurich… Du coup, ça agrandit une tournée, élargit le champ de vision et augmente la vente d’albums. Je prends aussi des Romands en première partie de mes tournées et vice versa en Suisse romande. Ça crée un lien entre les deux régions linguistiques. Les frontières, c’est pas trop mon truc.

Facile à dire pour vous qui parlez suisse allemand!
C’est vrai que ça aide. Les médias ont moins peur de t’inviter. J’ai appris le suisse allemand alors que je jouais avec l’équipe de hockey sur glace bilingue de Fribourg. Mais il faut dire aussi que peu de Romands font l’effort de parler en bon allemand.

Si votre carrière s’internationalise, envisagez-vous de rester en Suisse?
La Suisse sera toujours mon port d’attache. J’ai énormément voyagé ces trois dernières années. Quand je reviens de l’aéroport de Zurich et que le train passe par Lavaux, ça me fait quelque chose. C’est là que j’ai grandi, au bord du lac, à Villeneuve. Quand tu te lèves le matin avec ce panorama… Une nature si impressionnante avec, parfois, des couchers de soleil incroyables, t’oblige à rester humble.



Vous semblez très mature pour votre âge...
Si je me mettais en couple, je ne le serais pas autant que ça! (rire) J’ai été entouré par des gens plus âgés, au hockey notamment. Ceci explique cela. En outre, j’analyse énormément et je passe beaucoup plus de temps sur les solutions que les problèmes. Avec mon équipe notamment. Une discussion n’est jamais inutile. Elle t’amène plus loin.

Talent multiple

Espoir du hockey

Sportif prometteur. Avant la musique, Bastian Baker (Bastien Kaltenbacher de son vrai nom) a été un hockeyeur prometteur (novices élites du HC Fribourg-Gottéron, équipe juniors élites du Lausanne HC). Il fut aussi un espoir régional du tennis.

Nouvel album. «Too Old to Die Young» est sorti le 27 septembre. «C’est un peu un arc-en-ciel: j’ai toujours voulu être très varié dans mes choix artistiques.» L’album de quatorze chansons a été composé dans la campagne anglaise.

Ambassadeur de Coca-Cola. L’artiste et Coca-Cola Suisse sont désormais partenaires. Dans ce cadre, le Romand participera au «Coke Festival of Happiness 2013» devant la porte de Brandebourg, à Berlin, le 3 octobre, jour de la réunification allemande. Baker fait en outre partie du jury du concours «MyCokeMusic Soundcheck» qui choisit les meilleurs jeunes talents de la musique suisse.

Tournée. Dès novembre, le chanteur partira en tournée en France, puis en Suisse. Il se produira notamment aux Docks à Lausanne et à la Salle des fêtes de Thônex (GE).

bastianbaker.com

Appli: Baker «mondial»

L’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) ainsi que, plus précisément, la start-up Coteries basée sur son campus, et Bastian Baker ont lancé cet été en première mondiale une application mobile pour iPhone. Elle permet aux fans de partager toutes les facettes de l’univers du chanteur, d’interagir, ainsi que de distribuer de la musique dans le monde entier.

www.epfl.ch
coteries.com

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Didier Walzer

Rédacteur

Photo:
Darrin Vanselow
Publication:
lundi 30.09.2013, 11:00 heure

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