Le vignoble chilien profite du soleil la journée et des courants frais du Pacifique la nuit.

Belles surprises au cœur du Chili

Renaissance Importée par les conquistadors espagnols au XVIe siècle, la vigne a tôt fait de s’épanouir sur les terres chiliennes, où le climat est idéal. Après avoir subi un creux dans les années 1980, la viticulture chilienne connaît un véritable boom.

En matière de vin, la Providence s’est montrée généreuse avec le Chili. Ainsi, le climat du centre du pays est idéal pour la vigne.
Le soleil brille toute la journée sur des vignes plantées jusqu’à 1000 mètres d’altitude. La nuit, les vents frais du Pacifique refroidissent le raisin, laissant le temps aux tanins et aux arômes de mûrir simultanément. La pureté de l’air est bénéfique pour les cépages de cabernet sauvignon, syrah, merlot et carménère. D’où des vins à la note agréable, ronde et harmonieuse.
Les Espagnols ont très tôt découvert que le Chili offrait des conditions idéales pour la vigne, y important leurs cépages au XVIe siècle déjà. Malgré l’éloignement géographique, la production de vin a été si importante que les Espagnols ont dû se protéger de la concurrence chilienne.

Un vignoble préservé

En 1818, lors de l’indépendance du pays, les Chiliens ont fait venir des experts afin de moderniser leur viticulture. C’est ainsi que les cépages européens sont arrivés sur les terres chiliennes avant d’avoir été victimes du mildiou et du phylloxéra. Aujourd’hui, le Chili est le seul pays au monde préservé de ces deux ravageurs et de bien d’autres, contrairement à l’Europe, où des milliers d’hectares de vigne ont été dévastés à la fin du XIXe siècle. C’est au cours de cette période que de nombreux maîtres de chai expérimentés, français et espagnols pour la plupart, se sont mis en quête d’un travail.

Renaissance en cours

De nombreux «réfugiés de la vigne» ont donc débarqué au Chili, où ils ont mis leurs connaissances et leur expérience au profit de la vigne chilienne, jetant ainsi les bases d’une viticulture moderne.
Après moult bouleversements politiques, le vignoble chilien s’est retrouvé au plus bas dans les années 1980 et n’a repris vie qu’avec le retour de la démocratie. Sa renaissance va depuis bon train.
Désormais, on exploite les vignobles existants et l’on en plante de nouveaux. À présent, le Chili privilégie la qualité plutôt que la quantité. Le vignoble chilien réserve encore de bonnes surprises: de nouvelles régions se mettent à la vigne, la durabilité devient une préoccupation majeure des vignerons chiliens et les plus dynamiques mènent des expériences sur les cépages, les vignobles et les méthodes de culture.

Deux rouges et un blanc: trois vins du Chili

Viña Sutil Reserva Carmenere, 2011

Robe rouge cerise dense. Vin moderne aux senteurs très boisées, fruité, tanins bien perceptibles, riche en arômes. 12 fr. 50/75 cl.

Chardonnay Los Vascos Rothschild, 2013

Bouquet intense de fruits tropicaux, rehaussé d’arômes d’agrumes et de notes florales. Acidité revigorante et finale ample et pleine. 10 fr. 95/75 cl.

Caliterra Tributo Carmenere Single Vineyard, 2011

Bouquet de cassis accompagné d’arômes de menthe, nuances de poivre. Attaque souple. Équilibré et fruité. 14 fr. 95/75 cl.

Irrigation le Chili utilise l’eau de fonte

La vigne n’a pas besoin de beaucoup de précipitations pour se développer. Quelque 450 mm de précipitations par année suffisent à un vignoble qui pousse sur un terrain profond, car il peut stocker l’eau de pluie. Cependant, la plupart des vignes poussent sur des terrains relativement plats. Dans ces cas-là, la vigne a besoin d’une quantité de précipitations allant jusqu’à 600 mm par année. Idéalement, elles devraient être réparties uniformément. Dans la région de Casablanca, au Chili, il ne pleut que 300 mm par année; à Coquimbo, une nouvelle région de production du Chili, seulement 100 mm. Pour compenser le manque de pluie, près de la moitié de la surface viticole du Chili est irriguée.
Cela ne pose aucun problème, car la neige fondue des Andes fournit suffisamment d’eau potable au vignoble.
Jan Schwarzenbach, œnologue

Un assemblage de cinq cépages

L’experte

Marie Linder, spécialiste en vin

Marie Linder, spécialiste en vin
Marie Linder, spécialiste en vin

Bonne prestance. Un assemblage, c’est finalement la recherche du vin parfait, la recette magique qui fera que chaque cépage transforme sa particularité en une belle synergie. Cinq cépages composent cette Cuvée Prestige; la charmante et épicée syrah s’acoquine avec les notes sauvageonnes de l’humagne rouge, la rondeur du merlot, la noble élégance du pinot noir et le soyeux fruité du cornalin. Ce cru à la robe rouge aux reflets cerise propose un nez de fruits des bois mêlés à une note poivrée. Sa bouche souple et dense est soutenue par des tanins mûrs, puis se prolonge en une finale agréable. Pas trop corsé, mais avec une bonne prestance, il accompagne à merveille un plat de charcuterie, une terrine campagnarde ou une viande rouge.

Valais AOC Cuvée Prestige Terrasses du Rhône Bibacchus 2013, 75 cl

Prix: 14 fr. 80 au lieu de 18 fr. 50 (Action valable jusqu’au 11 octobre dans la limite des stocks disponibles.)
Origine: Valais
Cépage: cornalin, humagne rouge, merlot, pinot noir, syrah
Maturité: 2014-2016
Disponible: dans les grands points de vente ou sur:
www.mondovino.ch
www.coopathome.ch

Markus Kohler
Photo:
bab.ch/Stockfood, Beatrice Thommen-Stöckli, SP
Publication:
lundi 29.09.2014, 13:20 heure

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