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Benjamin Cuche, prêt à s’envoler dans les accents de Neuchâtel (6 octobre 2014).







Benjamin Cuche: «Le bonheur me fait rire»

Rencontre Le pétillant Neuchâtelois met son accent en scène dès qu’il est sur des planches. Il nous en parle, dans les saveurs de la vie.

Alors, Benjamin Cuche, en forme?
Oui, tout à fait! Je suis un privilégié parmi les privilégiés dans un monde de privilégiés… Je n’ai pas de problème de santé majeur, une famille qui va bien, un boulot qui me passionne. Et je ne fais pas de dépression nerveuse ou alors je ne me rends pas compte! (rires) En plus de cela, avec Barbezat, on développe la manière de s’amuser: notre souci, c’est de faire rire les autres, donc on cultive la forme à tous les niveaux.

Mais cet accent neuchâtelois que vous avez sur scène, il vous vient d’où?
De mon enfance. Tout le monde parle comme ça chez moi! On traîne, chaque fois qu’il y a un accent aigu – c’est vraiment l’accent neuchâtelois cultivé avec le maïs et le foin pour les vaches.

Des différences, entre le Haut et le Bas?
Il y a des expressions entre La Chaux-de-Fonds et Neuchâtel qui ne sont pas tout à fait les mêmes. Le djà plus s’utilise très peu à Neuchâtel, vous connaissez le djà plus? Comment tu t’appelles djà plus? Qui sait qui a gagné djà plus? J’sais plus…
J’ai le sentiment que ça s’utilise beaucoup plus dans le Haut, mais ça s’utilisait, ça se perd, toutes les bonnes choses se perdent! (rires)

Vous jouez sur l’accent neuchâtelois dans vos spectacles, mais là, maintenant, quand nous parlons, vous ne l’avez pas…
Je dirais qu’il fait partie du costume des personnages qu’on joue sur scène. Quand je mets une chemise, je ne la porte pas de la même manière que celle du personnage que je joue avec Barbezat. Donc quand je parle sur scène, effectivement, je prends l’accent, tout de suite… Ça monte un peu dans les nasales, ça traîne un peu dans la gorge derrière…

«

Si j’étais un accent? En tout cas, je ne serais pas grave»

Qu’est-ce qu’il représente pour vous, cet accent neuchâtelois?
Consciemment, maintenant, plus énormément. Mais il y a eu un moment où, délibérément, on a décidé de défendre notre identité. Voilà on est comme ça, et que ce soit bien ou pas, c’est ainsi, point barre. Donc on ne va pas se prendre la tête pour essayer de parler sans accent comme si on présentait le téléjournal. Mais ça veut aussi dire qu’on n’a pas mis d’énergie à parler sans accent et que, du coup, on est aussi limité. J’aurais du mal si je devais être engagé avec des comédiens qui savent bien parler et qu’on doive jouer une pièce de Molière… je ferais peut-être Sganarelle, mais il aurait un peu l’accent quand même!

Il y a des expressions neuchâteloises que vous aimez en particulier?
Toutes! J’aime bien me retrouver à parler neuchâtelois, avec des copains ou en famille. S’il y a des gens de l’extérieur, on se rend compte qu’ils ne comprennent plus très bien quand on parle du clédar…

Le clédar, c’est donc cette petite ouverture dans les pâturages?
C’est la grande! Celle qui, sur les chemins, a été remplacée par le bovi-stop, ces longs tuyaux mis dans le sol pour empêcher les vaches de passer – mais grâce auxquels on peut passer en voiture sans en descendre et sans ouvrir le clédar!

Vous qui tournez en Suisse romande, quels sont vos accents préférés?
Un accent, j’aime bien quand il est bien marqué. Quand il y a des bons dzodzets qui mettent des don à la fin de chaque phrase, il y en a encore de temps en temps, ça donne des couleurs vives. On ne les croise plus tellement fort, mais un bon Genevois à la gueule vraiment élastique, un t’as les vignes où, toi des Valaisans… On les sent bien ces personnages.

Vous êtes décidément en pleine forme, l’humour ça conserve! Et ça rend meilleur?
Oui, sincèrement. Mais ça dépend comment on l’utilise. Quand on positive les choses, quand on arrive à rigoler de nos travers, là ça rend meilleur. Pas la moquerie ni l’humour qui est fait pour blesser. Mais cet humour où on considère que l’on peut retirer du positif des accidents de la vie, c’est presque un travail d’alchimiste. Avec du plomb, je crois qu’effectivement on peut faire de l’or.

«Sans la trott’, j’aurais loupé le train ce matin!»

«Sans la trott’, j’aurais loupé le train ce matin!»
«Sans la trott’, j’aurais loupé le train ce matin!»

Et vous, qu’est-ce qui vous fait rire par exemple en famille?
Le bonheur. Ça provoque chez moi un sourire qui peut aller jusqu’au rire. Quand je vois les enfants qui jouent ensemble, j’ai la banane! Et quand tu vois qu’ils sont supercontents, la banane
devient du rire qui grandit.

Le rire vous vient de l’enfance?
Je pense. Mon père était un gars qui a utilisé l’humour comme mode de fonctionnement dans sa vie. Quand quelque chose n’allait pas, il faisait une petite pirouette d’humour et ça passait. Alors qu’il y a d’autres parents qui développent de l’agressivité, de la colère. Mon père avait une application «humour» qui était dans son disque dur. Et il me l’a téléchargée, je crois…

Le jeu des «Si j’étais…»

Benjamin Cuche, si vous étiez un accent… ?
En tout cas, je ne serais pas grave – je serais pas un accent grave !

Si vous étiez un lieu en Suisse romande ?
Je serais Chasseral. Vers l’antenne de Chasseral, comme ça je capte bien avec mon téléphone, et puis tu vois tout partout.

Si vous étiez une demeure ?
Je serais une ferme neuchâteloise – une belle vieille ferme neuchateloise avec une grande cheminée à l’intérieur, ouverte, pis avec une grande cuisine avec encore le sol avec des grandes dalles de pierres. Une grosse table, en bois massif, avec un pain qui serait posé sur la planche à pain et le couteau dans la grande miche.

Si vous étiez un animal ?
Le marsupilami !

Si vous étiez un chant ?
Alors je serais un chant très mélodieux et puis sinon je serais un champ de blé bien mûr

Et si vous étiez un livre ?
Je serais un livre ouvert. Mais où il n’y a rien d’écrit dedans, hein, pour pouvoir mettre un maximum de choses à l’intérieur encore.

Points de repères

4 dates dans la vie du comédien

1967 Le 27 février, naissance. Le Benjamin est le quatrième fils de la fratrie.
1995 Avec quatre comédiens dont le compère Barbezat, il bat le record du monde d’improvisation (51 heures).
2007 Il fête ses 40 ans et 20 ans de collaboration avec Jean-Luc Barbezat.
www.cuche-barbezat.ch
2014 Neuchâtel, du 26.11 au 28.12, «La Revue de Cuche et Barbezat fait son cabaret»
www.theatredupassage.ch

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Jean-Dominique Humbert

Rédacteur en chef adjoint

Photo:
Charly Rappo/arkive.ch
Publication:
lundi 13.10.2014, 16:20 heure



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