Il existe de multiples façons pour économiser l’eau: dans cette culture de pêches au Maroc, les paysans 
ont misé sur la micro-irrigation (tuyaux noirs par terre).

Bio: aucun compromis 
ne peut être toléré

Le coton bio indien n’était pas tout à fait bio. Un constat inacceptable pour Remei, fournisseur de Coop. Pleins feux sur la transparence et la rigueur dans le commerce des textiles.

Consterné. Markus Kunz l’était quand, en décembre 2012, il constate que le coton bio produit en Inde n’est «pas net». Il est «contaminé» par du coton génétiquement modifié. Ni une ni deux, le responsable de la qualité pour la maison Remei avertit immédiatement la direction en Suisse.
Le siège de Remei, entreprise spécialisée dans le commerce de coton biologique qui fournit la matière première pour Coop Naturaline, se trouve à Rotkreuz, dans le canton de Zoug. Son directeur, Patrick Hohmann est tout autant atterré car «la transparence et le développement durable sont les piliers de la production biologique de Remei».

Après un examen approfondi de la situation, le directeur doit se rendre à l’évidence: le problème est grave et exige une décision rapide. «Il était clair à mes yeux que ce coton ne pouvait pas être vendu avec le label bio, point.»
Remei a donc perdu toute la récolte de 2012. Elle a été vendue comme coton conventionnel sur le marché mondial à des prix de 20 à 30% inférieurs à ceux du coton bio. La perte est assumée par Remei et par la Fondation bioRe, la marque indienne des textiles de coton bio.

«

Pour moi c'était clair: nous ne pouvions pas vendre ce coton comme étant bio»

Patrick Hohmann

Patrick Hohmann, directeur de Remei

Patrick Hohmann, directeur de Remei
Patrick Hohmann, directeur de Remei

Entre-temps, Remei a trouvé la source des impuretés. Selon Patrick Hohmann, les semences fournies aux cultivateurs de coton bio n’avaient pas germé de manière satisfaisante. Et au lieu de signaler cet état de fait au fournisseur, les paysans ont décidé de résoudre le problème en rachetant de la semence sur le marché local. Celle-ci était cependant génétiquement modifiée et a donc contaminé toute la récolte.

Comme le souligne le patron de Remei, il n’est pas facile de se procurer des semences bio. Il y a encore peu, en Inde, on trouvait facilement les deux types de semences: la qualité non modifiée génétiquement, biologique ou conventionnelle, et la qualité génétiquement modifiée (GM).
Depuis quelque temps, cependant, le coton génétiquement modifié fait l’objet d’un véritable engouement, au point que 95% des semences utilisées actuellement sont génétiquement modifiées… «Cela fait des années que nous suivons avec inquiétude la montée des semences génétiquement modifiées», indique le directeur de Remei. Cette menace, ajoutée aux difficultés de produire des semences bio, ont incité Remei à mettre sur pied son propre projet de production de semences bio. C’était en 2009. «Mais il faudra encore patienter avant de disposer de semences de bonne qualité», ajoute Patrick Hohmann.
L’année passée, les cultivateurs de coton bio ont donc été contraints de semer des graines de mauvaise qualité. «Mais ils n’ont rien à se reprocher. Nous n’avons pas été en mesure de leur fournir des semences de bonne qualité. C’est notre problème et non le leur», reconnaît le directeur. Reste que les paysans qui ont livré du coton contaminé (à condition qu’on ait pu le prouver) n’ont pas reçu la prime bio.

Au lieu des deux mille tonnes attendues, Remei ne récoltera cette année en Inde qu’à peu près trois cents tonnes de coton bio. Ce résultat médiocre s’explique par la pénurie de semences bio de bonne qualité et par les mesures mises en œuvre par Remei, à savoir la résiliation de la collaboration avec une partie des cultivateurs.
L’entreprise compte retrouver le niveau de production de 2012 d’ici à trois ans. «Nous voulons du coton bio digne de ce nom, qui corresponde aux directives indépendantes en la matière ainsi qu’à celles de Coop et de Remei, insiste Patrick Hohmann. Nous voulons pouvoir garantir à nos clients que le coton bio vendu par Remei et la marque Naturaline est absolument irréprochable.»

«Ce cas montre que les contrôles sont efficaces»

La récolte de coton en provenance d’Inde ne pourra pas être vendue sous le label bio. Pour Naturaline cela ne pose pas de problème.

Coopération. Des problèmes d’approvisionnement pour Naturaline?
Simona Matt. (coordinatrice de projet Naturaline.) Non. La récolte en Tanzanie a été excellente et nous avons encore des stocks des années précédentes.

Que pensez-vous de la réaction de Remei?
Ce cas montre que les contrôles sont efficaces et que des mesures sont prises afin de rectifier le tir. J’ai été impressionnée par la rigueur avec laquelle nos partenaires en Inde poussent la recherche visant à développer leurs propres semences biologiques.

Quels enseignements tire Coop de cette affaire?
Pour nous, il est évident que la culture biologique du coton passe obligatoirement par la production de semences non génétiquement modifiées. Par conséquent, cette démarche est capitale pour garantir la culture de coton bio à long terme, et donc pour l’avenir du Naturaline.
Afin que les cultivateurs de coton en Inde puissent à nouveau obtenir des semences de bonne qualité, le Fonds Coop pour le développement durable participe financièrement à la production de semences biologiques depuis 2011.

Coop Naturaline

Mode écologique et équitable

Avec environ cinq cents modèles, Coop est le plus grand distributeur au monde de textiles équitables en coton bio. Quelque dix mille agriculteurs bio participent à la production du coton, transformé dans le respect de normes sociales et écologiques strictes. Les avantages de Naturaline:
• coton produit sans engrais chimiques, ni agents défoliants, ni produits phytosanitaires de synthèse
• cultures sans semences génétiquement modifiées
• projets sociaux et centres de formation pour les agriculteurs bio en Inde et en Tanzanie
• normes sociales strictes à tous les niveaux de production
• utilisation économe de l’eau
• colorants exempts de métaux lourds toxiques
• textiles blanchis sans chlore
• CO2 neutre à 100%

www.coop.ch/
naturaline
Photo:
Marius Born, SP
Publication:
lundi 19.08.2013, 00:00 heure