Blue Carlberry à Lausanne, au Waxbazar, la boutique «afropéenne» de son amie styliste Sonya, qui l’habille pour ses concerts.

Blue Carlbery: «La musique est un second souffle»

Pop, blues, soul La Vaudoise Blue Carlberry vient de sortir un premier single de quatre titres, mélange entraînant et groovy de toutes ses inspirations. Rencontre.

Qui êtes-vous, Blue Carlbery?
Je suis originaire de la République démocratique du Congo, j’y ai vécu jusqu’à l’âge de 8 ans, avant de suivre mon papa en Belgique. Cinq ans plus tard, on est partis en Suisse, pays de ma belle-mère. J’ai grandi à La Tour-de-Peilz, j’ai la nationalité suisse. J’ai aussi vécu en Angleterre, j’y ai fait un stage durant mes études d’anglais, de sociologie et de communication. Maintenant, en plus de la musique, je fais un master de méthodologie d’enquête et opinion publique. Je chante depuis toujours.

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Mais qu’est-ce qui vous a incitée à enregistrer des chansons?
Lors d’une jam session en Suisse, j’ai rencontré Joe Sample, du groupe américain de jazz The Crusaders. Quand je suis sortie de scène, il m’a dit que j’étais magnifique et que je lui faisais penser à Randy Crawford. Ça m’a beaucoup touchée de sa part. À ce moment-là, je réfléchissais à tenter ma chance dans une carrière musicale, et ses paroles m’ont convaincue de le faire. Avant, j’avais voulu privilégier mes études et mes chansons n’étaient pas assez abouties. Je me suis associée à un guitariste, Julien Michel, qui m’a aidée à travailler mes compositions.

Que cherchez-vous à exprimer dans vos chansons?
Je veux transmettre des émotions réelles. La plupart de mes morceaux s’inspirent de la vie, de ce que je vois autour de moi. Je pense que mes textes touchent, rappellent des souvenirs ou font sourire, qu’on comprenne l’anglais ou pas, car j’essaie de faire passer dans ma voix des émotions qui parlent aux gens.

À quand un premier album?
D’ici à la fin 2016, on aimerait entrer en studio pour en enregistrer un. J’espère que mon single donnera au public l’envie d’acheter mon album.

Blue Carlbery, c’est votre vrai nom?
Non. Le patronyme Carlbery m’est venu dans un rêve en 2009. Je l’utilise depuis cette date. Et je m’appelais alors Cathy Carlbery. Le prénom Blue m’a été inspiré par une chanson que j’adore, Little Girl Blue, qui a été chantée par Nina Simone et Janis Joplin. Ce titre, très triste, me rappelle des choses que j’ai vécues: le décès de ma maman quand j’étais petite ou mes difficultés pour payer mes études. Mon prénom de scène montre que malgré la tristesse, malgré ce que j’ai traversé, j’ai réussi à avancer.

Pourquoi vous êtes-vous levée ce matin?
Parce que la vie vaut la peine d’être vécue, même si on rencontre des moments difficiles.

Mais à votre avis, la musique, ça sert à quoi?
À apporter une certaine douceur, une certaine joie dans des moments pénibles. Elle permet d’entrer dans un autre univers, d’apaiser. Pour moi, la musique est un second souffle, c’est mon petit cocon.

Que vous ont apporté les différents pays et cultures que vous avez connus, où vous avez vécu?
Des souvenirs qui m’inspirent pour mes chansons. Ils m’ont également permis de grandir et de réaliser la chance que j’avais de vivre en Suisse. C’est mon pays, celui que je connais le mieux, celui où j’ai grandi. Mes expériences m’ont aussi aidée à me rapprocher de mes origines. Pendant longtemps, j’avais du mal à m’accepter en tant qu’Africaine vivant en Suisse. Dans mon clip Somebody to Love, on me voit à Lavaux. Cette vidéo montre que je suis Africaine, avec des vêtements colorés, mais qui ont quand même un style européen, bref, que j’arrive à m’intégrer.

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Qu’est-ce qui vous plaît en Suisse plus qu’ailleurs?
La beauté des paysages. C’est ce qu’on a voulu montrer avec le réalisateur du clip. On n’a pas besoin d’aller à l’autre bout du monde, on a de la beauté autour de nous. C’est bien de voyager à l’étranger, mais il faut aussi le faire dans son propre pays, il y a beaucoup à découvrir en Suisse.

Vous aimez manger et cuisiner?
J’adore ça, mes amis me disent d’ailleurs que je devrais ouvrir un restaurant! J’aime la nourriture indienne, africaine, le papet vaudois. Et les vins suisses, qui sont très bons!

Et dans dix ans, vous vous voyez…
Sur une scène. Après, qu’il y ait 1500 personnes ou qu’il y en ait 10 000, ça ne change rien pour moi. Le plus important, c’est de chanter et de partager.

«Le carnet offert par ma sœur»

3 dates dans la vie d’une femme qui chante

1985 Naissance, au Congo, de parents danseurs – sa mère était également chanteuse.

2013 Rencontre avec Joe Sample, des Crusaders, «un moment très important» pour la jeune musicienne.

2015 Elle prend le nom de Blue Carlbery et s’associe au guitariste Julien Michel.

Concert de Blue Carlbery
www.bluecarlbery.com

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texte:
Myriam Genier
Photo:
Darrin Vanselow
Publication:
lundi 15.02.2016, 14:15 heure



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