Difficile pour Tim de résister en entendant les filles lui dire qu’elles «kiffent grave les mecs qui boivent».

Boire trop, les jeunes en débattent

Prévention Du 30 avril au 9 mai aura lieu la «semaine alcool» en Suisse. Des jeunes s’exprimeront sur ce sujet dans le spectacle «Ça me saoule».

Il y aurait 250 000 alcooliques en Suisse selon l’Office fédéral de la santé publique, dont 85% d’hommes. Les adolescents sont souvent montrés du doigt en matière de boisson. À tort? Selon la fondation Addiction Suisse, l’an dernier, la consommation des 11 à 15 ans a diminué de plus de la moitié par rapport à 2010 et atteint le taux le plus bas depuis 1986.
«Les alcoolisations importantes sont en majorité le fait des plus de 18 ans. En matière de prévention auprès des adolescents, je pense qu’une forme d’autocritique des adultes serait la bienvenue. On a à balayer devant sa porte», estime le pédopsychiatre Philippe Stephan.
Du 30 avril au 9 mai, de nombreuses actions sont menées en Suisse dans le cadre de la «semaine alcool», initiée en 2011 par l’Office fédéral de la santé publique. But de l’opération: sensibiliser le grand public aux dangers de l’alcool. «Les hôpitaux sont remplis de patients atteints de maladies liées à l’alcool», souligne Philippe Stephan.

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Éviter de boire vite et beaucoup

La consommation d’une grande quantité d’alcool en un court laps de temps est très dangereuse. Elle est à même de conduire à un coma éthylique, potentiellement mortel. C’est l’un des sujets abordés dans la pièce de théâtre «Ça me saoule», à voir le 30 avril à Versoix (GE) et le 10 mai à Lausanne.
Écrite et jouée par des adolescents et des jeunes adultes (il y a même un enfant de 9 ans sur scène!), elle ne fait ni l’apologie de la sobriété, ni celle de l’alcoolisme. «On a laissé la parole aux jeunes de 14 à 20 ans de notre compagnie. Ils se sont retrouvés à raison de quatre heures par semaine durant plus d’un an», indique la Genevoise Anouchka Chenevard Sommaruga, fondatrice de Théâtrochamp, qui signe la mise en scène du spectacle.

«

Tu crois que c’est facile d’avoir une vie sociale sans boire?»

Enrichis de témoignages de personnes touchées par l’alcoolisme et de médecins, encadrés par des professionnels de la scène, les jeunes accomplissent une performance réaliste qui prend aux tripes. Violette Pesson (22 ans) interprète le rôle de Natacha, une jolie godiche qui boit plus qu’elle ne mange. Elle se prélasse dans cette image et finit par perdre pied. «En voyant son personnage dégringoler, je me suis dit que c’est comme ça que ça devait se passer pour certaines jeunes femmes. Une potiche s’effondre et personne ne s’en rend vraiment compte», commente sa  maman Michèle Pesson. «J’avais peur que tout le monde me juge mais ça n’a pas été le cas. Ce rôle m’a demandé beaucoup de travail», raconte Violette.
Outre l’alcool qui rend joyeux et celui qui désinhibe, l’alcool social est abordé sur scène à travers une jeune femme qui fait croire à ses amis qu’elle boit afin qu’ils ne la rejettent pas. S’expose aussi l’alcoolisme des parents – souvent tabou – tel qu’il est vécu par les enfants.
D’apparence légère et humoristique, cette pièce de théâtre laisse un goût amer de lendemain d’hier. Elle engendre réflexions et discussions bien au-delà de la salle de spectacle.

Violette et Michèle Pesson (22 et 48 ans):
Michèle: «Mon mari et moi ne buvons pas du tout. On se fait un peu mal voir car dans ce pays, un adulte se doit de boire un coup.» Sa fille Violette: «S’il m’est arrivé d’abuser avec l’alcool, ça s’est vite stabilisé. Lorsqu’ils boivent, certains dépassent souvent les limites. C’est peut-être dû à la manière dont on les perçoit, plus joyeux et plus à l’aise.»

Jérémie et Sibylle Pochon (18 et 54 ans):
Jérémie: «En participant à ce spectacle, j’ai appris à connaître les dangers de l’alcool sans avoir à y être confronté. J’avais 15 ans au démarrage et n’ai pas eu besoin de mauvaises expériences pour apprendre à gérer la chose…» Sa maman Sibylle: «Tous les aspects sont abordés dans
le spectacle: on n’a pas eu besoin d’en parler à la maison.»

Téo et Christa Bosson (18 et 52 ans):
Téo: «Si quelqu’un se sent mal à une fête, j’aurais grâce à ce spectacle les réflexes adéquats et les bons gestes pour gérer la situation. Des jeunes se tuent chaque année à cause de l’alcool, il faut en être conscient.» Sa maman Christa: «Lorsqu’on parle de ce sujet à la maison, c’est suite à un film vu, un livre lu ou un événement d’actualité entendu.»

Clotilde et Michèle Loup (18 et 48 ans):
Michèle: «Quand nos enfants ont eu 16 ans, on a été d’accord qu’ils boivent un verre de vin avec nous pour leur montrer ce que c’était, mais pas plus. À un moment, on n’est plus maître de ce qu’ils font à l’extérieur.» Sa fille Clotilde: «Vous nous avez parlé sans tabou des conséquences possibles engendrées par l’alcool et vous nous avez fait confiance.»

«Tendreun miroir aux jeunes»

Interview Le président du Conseil des jeunes de Lausanne se prononce en faveur du dialogue plutôt que de l’interdiction pure.

Comment avez-vous été inclus dans la semaine alcool?
J’ai participé aux séances du groupe de travail pour créer la campagne.

Quel point de vue avez-vous apporté dans cette réflexion?
La prévention aujourd’hui, ce n’est plus de dire de manière moralisatrice que l’alcool c’est mal, mais de responsabiliser. Il est important que des jeunes parlent aux jeunes et se solidarisent.

Pour veiller sur ses amis?
Oui, de leur dire: «Regardez votre pote qui est complètement cuit dans un coma, restez avec lui jusqu’à l’arrivée des secours et faites attention à lui.» C’est leur tendre un miroir qui dit voilà le risque.

Une vidéo de prévention sera diffusée sur les réseaux sociaux. Une bonne idée?
Oui, elle peut marcher avec un relais suffisant au début de la campagne. Je trouve positif dans son contenu d’éviter les interdits purs et simples, de miser sur la souplesse et la modération. Il est inutile de donner des solutions toutes faites.

Ivresses chez les adolescents: combien de fois est-ce que ça leur est arrivé dans leur vie?

Se saouler engendre accidents et intoxications alcooliques. Depuis 2002, la tendance des ivresses chez les adolescents de Suisse est à la baisse (en particulier entre 2010 et 2014). Source Fondation Addiction Suisse/enquête HBSC 2014

Campagne nationale de prévention des problèmes liés à l'alcool

Spectacle «Ça me saoule»

Spectacle «Ça me saoule» le jeudi 30 avril à 20 h à la salle Lachenal de Versoix (GE) et le dimanche 10 mai  à 17 h au D! Club de Lausanne. Réservations et renseignements: 022 349 49 82 ou toc@theatreochamp.ch

Quiz pour tester ses connaisance sur l'alcool

Alcooquizz: j'en suis où?

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Joëlle Challandes

Rédactrice

Photo:
Darrin Vanselow, SP
Publication:
lundi 27.04.2015, 15:10 heure



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