Outre les objets ci-contre, Alan Frei possède quelques meubles et prouve qu’il est possible de vivre avec trois fois rien.

Bon débarras: pour une vie plus intense

Jeter, trier, ranger Faire place nette est un acte de lâcher-prise qui soulage. Et le début de l’année est idéal pour se séparer de ses vieux objets, ustensiles, habits. Un geste qui rend la vie plus légère. Essayez!

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Moins je possède, plus je suis libre dans la tête »

Alan Frei, minimaliste

Les gens qui se rendent chez Alan Frei pour la première fois lui posent presque toujours la même question: «Tu viens d’emménager?» C’est vrai que son appartement est aménagé de façon plutôt spartiate. Son lit fait également office de canapé. Les placards de la cuisine sont quasi vides. Pour préparer ses repas, le jeune homme de 33 ans dispose d’une poêle, d’une louche, d’un appareil à smoothies, d’une assiette, d’une tasse, d’un bol, d’un couteau et d’une fourchette. En tout et pour tout, il possède quelque 200 objets – sans compter des produits comme le gel douche, le papier toilette ou les denrées alimentaires.

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C’est peu dire qu’il fait figure d’exception. En effet, on estime qu’un ménage suisse moyen détient environ 10 000 objets, dont une grande partie n’est jamais utilisée. Dans le même temps, les ouvrages tels que Simplify your life ou L’art du désencombrement se multiplient… Il semble donc que plus le monde devient complexe, plus notre besoin de simplicité s’amplifie. Dans les librairies, le best-seller actuel s’intitule «La magie du rangement – la vie commence après avoir fait du tri». L’écrivaine japonaise Marie Kondo y explique comment se séparer des objets qui ne nous rendent pas heureux, comment ranger correctement nos tiroirs et comment ranger si parfaitement qu’il ne sera plus jamais nécessaire de le faire.

Avant / après: la bibliothèque d’une cliente de Karin Schrag, coach en rangement.

Tout scanner puis jeter les papiers

Elle recommande un désencombrement radical, paperasse et modes d’emploi compris. Après tout, on peut presque tout sauvegarder au format numérique aujourd’hui. Terminé les boutons de
rechange accumulés dans les tiroirs! Idem pour les livres qui traînent sur l’étagère depuis des années et que plus personne ne lira, selon toute vraisemblance. Cette philosophie fait recette: le Time Magazine américain classe même Marie Kondo parmi les 100 personnes les plus influentes du monde.
Pourtant, le minimalisme d’Alan Frei n’a pas grand-chose à voir avec la philosophie de Marie Kondo. C’est la mort de son père, il y a deux ans, qui l’a poussé à se séparer aussi radicalement de ses biens. «En vidant sa maison, une vieille ferme immense, on a retrouvé des trucs qui n’avaient pas été utilisés pendant des dizaines d’années», raconte-t-il. Notamment des tableaux accrochés aux murs depuis plus de trente ans que personne ne regardait plus. Ou de la jolie vaisselle que l’on utilisait à peine par peur de la casser. «Pour la génération de mes parents, il était hors de question de jeter des objets. Leur devise aurait pu se résumer ainsi: ce qui est à nous est à nous.» Ils ont toujours estimé que tel ou tel objet aurait pu servir encore une fois.

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La vraie vie commence après le rangement»

Marie Kondo, 30 ans, auteure de «La magie du rangement»

Emprunter plutôt qu’acheter

Alan Frei s’est aussi inspiré des minimalistes Nicolas Berggruen et Andrew Hyde. Ces deux entrepreneurs prospères sont célèbres pour n’avoir pas de domicile fixe et ne posséder qu’un minimum d’affaires. Le mouvement «The 100 Thing Challenge», qui consiste à restreindre ses possessions à un maximum de 100 objets, a également inspiré le jeune homme: «Je n’ai rien contre le capitalisme ni la consommation. Je ne suis pas différent des autres.» D’ailleurs, quand il se promène en ville, il voit souvent des trucs qu’il aimerait avoir. Son astuce: emprunter l’objet de désir à un ami pour pouvoir se rendre compte de sa véritable utilité. «La plupart du temps, l’attrait de la nouveauté disparaît après une ou deux semaines.»
Alan Frei cherche plutôt à optimiser sa vie et à maximiser son bonheur en prenant conscience de ce qu’il veut et de ce qui compte pour lui. Il ne se considère pas non plus comme un missionnaire. «Je ne veux dicter à personne comment mener sa vie, affirme-t-il. Et je ne dis pas non plus que ma manière de vivre est meilleure que celle des autres. Simplement: moins je possède, plus je me sens libre dans ma tête et plus je suis heureux.» La légèreté, la liberté et l’indépendance lui tiennent à cœur. Lorsqu’il voyage, il le fait toujours avec un simple bagage à main. Et puisque très peu d’objets lui rappellent le passé ou le lient à des projets futurs, il vit davantage dans l’ici et le maintenant. «J’ai plus de temps qu’avant, je me déplace davantage et rencontre des amis.» Plutôt que d’acheter des objets, il consomme aujourd’hui des expériences.

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Cet objet me rend-il heureuse?»

Karin Schrag, à propos de la question que chacun devrait se poser.

La vie s’en trouve plus légère

Karin Schrag, Bernoise de 43 ans, adhère aux propos d’Alan Frei, bien qu’elle avoue en riant être bien loin d’un mode de vie aussi spartiate. «Avec deux enfants en bas âge, cela ne serait pas réaliste.» Elle cherche pourtant à s’entourer uniquement d’objets qu’elle utilise régulièrement ou qui l’ont rendue heureuse. La lecture de l’ouvrage Simplifiez votre intérieur grâce au Feng Shui, de Karen Kingston, a été l’élément déclencheur. Ce best-seller paru en 1998 a lancé la mode du désencombrement, surtout aux États-Unis et en Angleterre. Karin Schrag a aussi réalisé à quel point la vie devenait  légère quand on se débarrasse du superflu. Depuis un an et demi, cette spécialiste en communication transmet ses découvertes à ses clients en tant que coach en rangement.
Outre des motivations extérieures telles que le déménagement d’une grande maison dans un petit logement, chacun peut trouver des raisons intérieures de faire place nette. «On entend souvent des gens dire qu’ils aimeraient vivre plus librement, être plus efficaces et avancer, explique Karin Schrag. Nombre d’entre eux sentent qu’ils doivent se séparer de leurs vieilles affaires pour s’ouvrir à la nouveauté.»
Une nouvelle relation suscite aussi souvent le désir de faire le tri et de tirer un trait sur le passé. En effet, chaque fois qu’on se sépare d’un objet, on abandonne aussi une partie de son histoire. «On se rapproche ainsi de la personne qu’on est aujourd’hui – et on s’éloigne de celle qu’on a été un jour.»

Plus c’est radical, mieux c’est

Karin Schrag recommande à ses clients de vider complètement un endroit défini (comme une armoire de vêtements ou une étagère). L’endroit choisi doit être suffisamment grand. «Si l’on ne vide qu’un tiroir, il se retrouve rapidement rempli de nouveaux objets.»
Plus le désencombrement est radical, plus l’endroit restera rangé longtemps. Il faut ensuite prendre chaque objet en main et se poser deux questions: «Est-ce que je l’utilise régulièrement? Et est-ce qu’il me rend heureux?» Si l’on peut répondre franchement par l’affirmative à l’une des deux questions, on conserve l’objet. Si la réponse aux deux questions est négative, cela signifie que l’on devrait se demander sérieusement s’il a encore sa place dans le ménage. «Faire de l’ordre et trier représente aussi un excellent entraînement à la prise de décisions», estime Karin Schrag.
Lorsqu’elle se rend chez un client, elle emporte trois couvertures: une rouge, une bleue et une blanche. Sur l’une, on dépose tous les objets que l’on conserve et sur une autre, tous ceux dont on se débarrasse. La troisième couverture est destinée à tous les objets pour lesquels on ne peut pas encore se décider.

Jeter les livres jamais ouverts

Une fois la décision prise, on ne doit pas tarder à jeter les objets en question. Autre conseil: «Ne montrez jamais ces affaires à votre famille – en particulier à votre mère!» Cela ne servirait qu’à vous attirer des reproches et des doutes inutiles. Le Oh, tu ne peux tout de même pas jeter ça! est un classique.
Pourtant, «nous ne rendons pas service aux objets que nous n’utilisons plus en les conservant». Nombre d’entre eux ont déjà rempli leur fonction par le passé. Un cadeau qui vous a un jour fait plaisir a atteint son objectif. Si l’objet ne sert aujourd’hui plus qu’à prendre la poussière, on peut tranquillement lui rendre sa liberté. Un livre que l’on a acheté un jour et que l’on n’a jamais eu l’envie ou le temps de lire peut lui aussi être donné en toute bonne conscience. «Peut-être que quelqu’un l’achètera dans une brocante et le lira vraiment.»
Le risque de se débarrasser de trop de choses et de le regretter ensuite est minime. Alan Frei peut le confirmer: «Absolument aucune de mes anciennes affaires ne me manque: loin des yeux, loin du cœur.» 

Tri et rangement: huit règles d’or

  1. Chaque objet doit être rangé à une place bien précise.
  2. Ranger les choses par catégorie.
  3. Ne conserver que des objets qui sont régulièrement utilisés ou qui nous rendent heureux.
  4. Toujours commencer par les objets les plus faciles à jeter.
  5. Plus le désencombrement est radical, plus longtemps durera l’ordre.
  6. Pour chaque nouvel objet acheté, en jeter un ancien.
  7. Ne jamais montrer à quelqu’un ce dont on veut se débarrasser.
  8. Photographier les souvenirs (par exemple les dessins d’enfants) afin de pouvoir s’en séparer plus facilement.
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La limite magique se situe à sept chemises»

Alan Frei, 33 ans, COO d’un magasin en ligne

«J’ai commencé par jeter tous les objets inutiles et cassés. J’ai mis ce dont je ne m’étais pas servi pendant plus d’une année dans de grands sacs, que j’ai posés dans la pièce voisine. La seule chose qui m’a vraiment manqué était une rallonge électrique. J’ai fini par tout offrir, vendre ou apporter à la brocante. Aujourd’hui, j’essaie de découvrir avec quel nombre minimal d’objets je peux vivre. Je réduis mes possessions, mais pas à des fins minimalistes. Je n’atteindrai probablement pas mon objectif premier de ne posséder plus que 100 objets. En ce qui concerne les chemises, j’ai remarqué que la limite magique se situait à sept. Si j’en possède moins, je dois faire ma lessive deux fois par semaine, ce qui me complique à nouveau la vie. Si j’avais une famille, cela deviendrait plus difficile de suivre ce mode de vie. Mais je me poserai ce genre de questions une fois le moment venu!»

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Faire de l’ordre est contagieux!»

Karin Schrag, 43 ans, coach en rangement

La coach Karin Schrag aide ses clients à faire de la place dans leur vie.

«Je demande toujours à mes clients ce qu’il leur faut pour faire de l’ordre avec le sourire. À chacun de décider de ce qui est important à ses yeux et pourquoi il veut ranger et faire du tri. Le désencombrement permet de se rapprocher de soi. Un de mes principes consiste à ranger les choses par catégorie. Cela n’aurait pas de sens de conserver du papier cadeau dans trois armoires différentes. Les livres devraient tous être rangés au même endroit. Quand on pense en grand, une nouvelle dimension de l’ordre émerge.» Si les autres personnes du ménage ne souhaitent pas participer au désencombrement, il ne faut pas insister. Souvent, la fièvre du rangement est communicative. Plus on force les autres, moins ils le feront. Par ailleurs, on ne devrait en aucun cas ranger ou éliminer les affaires des autres!»

Vous avez fait place nette... mais ne savez pas que faire des objets dont vous n’avez plus besoin? Petit guide pratique.

Livres

  • Donnez-les aux brocantes ou à un antiquaire.
  • Offrez-les à des amis ou parents (avec cette méthode, seuls quelques ouvrages sont débarrassés. Le danger existe qu’ils vous soient retournés un jour)
  • Vendez-les au marché aux puces ou sur une plateforme en ligne (par ex. ricardo.ch; anibis.ch)

Textiles (vêtements, chaussures, sacs à main, literie, cuir, fourrure, le tout propre et portable)

Meubles

  • Selon les cantons, un ramassage a lieu, à condition d’apposer une vignette de recyclage sur le meuble.
  • Amener à la décharge.
  • En faire don à une brocante. Appelez pour savoir si elle récupère les vieux meubles. Dans certains cas, les brocantes viennent chez vous chercher les meubles.
  • Mettez-les sur Facebook avec la mention «à donner».
  • Vendez-les au marché aux puces ou sur une plateforme en ligne (par ex. ricardo.ch; anibis.ch)

Appareils électriques (par ex. PC, imprimantes, téléphones, fax, fer à repasser, toaster, sèche-cheveux, frigo)

  • Une taxe anticipée de recyclage est inclue dans le prix de vente. Les appareils électriques peuvent ainsi être rapportés dans un point de vente.
  • Si l’appareil fonctionne encore, il peut intéresser les brocantes.
  • Le point de recyclage de votre commune récupère aussi les appareils électriques.

Faïence (vaisselle, céramique, poterie, pierre)

La faïence doit être rapportée à un point de collecte officiel. Ne pas jeter avec le vieux verre!

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Nicole Hättenschwiler
Photo:
Heiner H. Schmitt, Christoph Kaminski
Publication:
lundi 04.01.2016, 14:30 heure



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