Nicolas Kissling est un amoureux du bonsaï et enseigne son savoir. Ici avec un pommier et un genévrier.

Bonsaï: l’arbre qui ne cache pas la forêt

Art Les arbres nains se débarrassent de leur image d’intellos et fascinent le plus grand monde. Mais ils requièrent des soins attentionnés et quotidiens. Rencontre avec un passionné.

Raconteurs d’histoire. C’est ainsi que Nicolas Kissling définit les amateurs de bonsaï. «Ce sont des arbres centenaires. Dans la tradition japonaise, il y a la notion de transmission. Les enfants continuent d’entretenir le bonsaï de leur père», relève le spécialiste. Si cette notion n’existe pas vraiment sous nos latitudes, il n’en demeure pas moins que toujours plus de personnes s’intéressent sincèrement à ces plantes miniatures, acquièrent et partagent leur savoir-faire via les forums d’aficionados.

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Une passion de maniaque?

Publicitaire et fils de jardinier, Nicolas Kissling avait mis à disposition d’un club d’amateurs de bonsaïs la serre qui côtoyait sa maison, à Oron-la-Ville (VD). «J’avais beaucoup de préjugés. Pour moi, c’était des maniaques qui torturaient de petits arbres, sourit-il. Mais en fait, c’est un boulot fascinant.» Il s’y est mis professionnellement en 2007 et a suivi durant plusieurs années une série d’ateliers auprès d’un maître japonais. Aujourd’hui, il propose des cours qui ne désemplissent pas. «Je ne veux pas que cela soit considéré comme un sport de riches, c’est pourquoi je pratique pour mes cours des tarifs raisonnables, à la portée du plus grand nombre.» Le public, de 7 à 77 ans et de tous horizons, apprend les soins nécessaires du bonsaï: les tailles de structure et d’entretien, le rempotage, l’arrosage, etc. En effet, un bonsaï réclame une attention quotidienne. En acquérir un relève du sacerdoce, avec en prime la satisfaction d’un Frankenstein d’avoir réussi à lui donner la forme exacte souhaitée.
Nicolas Kissling ne perd pas de vue les participants à ses cours et continue de les coacher à distance. Parfois, ceux-ci reviennent quelques années plus tard apporter leur nain à «l’hôpital», afin que le Vaudois essaie de retaper les plantes affaiblies. «Il est plus facile d’entretenir un conifère qu’un feuillu, car il pardonne un peu plus les oublis d’arrosage. En revanche, les travaux de taille sont plus faciles sur les feuillus.»

Petite histoire du bonsaï

L’arbre miniature (on retrouve de toutes les espèces en demi-portion, de l’érable du Japon au pommier en passant par le ficus) est une invention chinoise datant d’il y a 3000 ans. «Les peuples nomades cherchaient un moyen de transporter leurs plantes médicinales pour pouvoir se soigner en tout lieu. Plus tard, les Japonais s’en sont inspirés pour créer des formats réduits avec des codes esthétiques très précis.» L’Europe ne découvre cet art qu’au début du XXe siècle. En chinois, bonsaï signifie «arbre en pot».
Aujourd’hui encore, les deux écoles subsistent. La japonaise tend à l’œuvre d’art, avec des pots aussi petits possibles, alors que la chinoise cherche davantage la robustesse avec un socle nourricier. «Au propriétaire de choisir combien de temps il souhaite s’y consacrer», note Nicolas Kissling.

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1. La taille d’entretien

Cette taille s’effectue en mai ou en juin, suivant l’avancement de la saison et la vigueur des arbres. C’est le moment de revoir l’esthétique et les proportions de votre arbuste en coupant les feuilles et brindilles à une distance de 3 mm de la dernière feuille. «S’il devient trop volumineux, la photosynthèse ne pourra pas se produire à l’intérieur.» Cette taille permet de recréer des vides, afin d’éviter l’effet «buisson». «On ne peut pas faire faux, c’est juste joli ou moche.»

2. La taille de structure

Au printemps et en automne, il est temps de redéfinir la structure de son bonsaï, pour réaffirmer son caractère. On favorise une ramification à plat pour davantage de lisibilité.
Il faut pratiquer une taille concave que l’on colmate avec de la pâte cicatrisante (dans les commerces spécialisés).
La cicatrice va remplir le creux et la pâte va tomber.

3. Le rempotage 

Plusieurs raisons de troquer le pot: les racines ont colonisé toute la place, le bonsaï ne tient plus dans son pot, ou le terreau est de mauvaise qualité. On pose des grilles sur les trous du pot pour l’écoulement de l’eau, puis on démêle le système racinaire. Ne pas mettre trop de terre au fond. On peut ajouter au terreau de la pierre volcanique ou de la pierre ponce pour un meilleur drainage. Fixer l’arbre au pot. Avec une baguette, amener le terreau dans les interstices entre les racines.

4. L’arrosage

C’est la clé du succès. Il faut tous les jours, sans exception, contrôler l’humidité de son bonsaï. Si la surface est sèche, arroser son bonsaï, de préférence avec un arrosoir à long manche afin de conserver la pression. Arrosez jusqu’à ce que l’eau s’écoule par le trou du pot. Idéalement, l’arbuste doit avoir une légère sécheresse en surface qui crée des microfissures et donc un meilleur écoulement.

L’engrais  

Toujours du bio! «L’engrais chimique risque de brûler les racines.» Au printemps et en automne, l’engrais bio permet au bonsaï de stocker les nutritifs via le terreau. En été, l’arbuste n’est pas capable d’assimiler les oligo-éléments. S’il fait trop chaud, il faut l’ombrager. L’hiver représente la phase de repos.
S’il est trop rigoureux, protégez-le du froid, mais ne le rentrez pas!

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Geoffrey Raposo

Médiamaticien

Photo:
Charly Rappo, SP
Publication:
lundi 25.04.2016, 14:25 heure



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