Brie Larson: «Je suis plus forte que je ne le pensais»

Cinéma La Californienne de 26 ans, Brie Larson, est bouleversante en mère courage dans «Room». Un rôle qui vient de lui valoir l’Oscar de la meilleure actrice.

Dans Room, Brie Larson incarne une jeune femme qui vit enfermée dans une chambre avec son fils de 5 ans, né en captivité. Elle élève Jack avec beaucoup d’amour et le protège de la réalité, jusqu’au jour où elle risque tout pour lui permettre de s’échapper. Une fable émouvante sur l’enfance et l’amour maternel, magnifiée par l’incroyable interprétation de l’actrice et du jeune Jacob Tremblay. Rencontre avec une comédienne chaleureuse et naturelle qui a désormais Hollywood à ses pieds.

Comment expliquez-vous que ce film touche autant les gens?
Il a une portée universelle et résonne auprès des gens pour différentes raisons. Il y a ceux pour qui le film évoque le monde de l’enfance, le moment où ils se sont fait leur premier ami ou le souvenir de leur premier chien. Certains m’ont dit que le film leur rappelle tout ce que leur mère a lutté pour eux. Peut-être était-elle une maman célibataire ou alors la famille avait-elle très peu de moyens. D’autres encore sont parents eux-mêmes et le film leur fait penser à l’amour qu’ils éprouvent pour leur enfant.

Votre relation avec Jacob Tremblay, le jeune acteur qui incarne votre fils, est étonnante de réalisme. Comment avez-vous forgé un tel lien avec lui?
Nous avons eu trois semaines avant le début du tournage pour passer du temps ensemble et faire ce que nous voulions: aller manger des pizzas, jouer aux Lego, s’adonner à toutes sortes de jeux. On consacrait deux heures par jour à fabriquer les jouets que l’on voit dans la chambre. On improvisait aussi avec le metteur en scène dans cette pièce pour nous familiariser avec l’endroit. On répétait la routine matinale qui prend place au début de l’histoire. Juste des choses simples qui, après un certain temps, nous ont rapprochés. Et il se trouve que nous nous aimions beaucoup.

«

Avec ma mère, tout était fun et ludique»

Avez-vous eu de la peine à vous séparer l’un de l’autre à la fin du tournage?
Oui, dire au revoir à Jacob a été très difficile. Le dernier jour, j’ai essayé toute la journée de le prendre à part pour lui dire adieu mais il s’esquivait à chaque fois en me disant: «Pas besoin, on va se revoir tout le temps.» Quand j’y suis finalement arrivée, il m’a répondu un peu vexé: «OK, salut!» avant de se jeter sur moi pour me faire un gros câlin, comme tous les jours du tournage. Je suis montée dans le taxi et je me suis mise à pleurer comme une madeleine. Finalement, il avait raison! Je le vois tout le temps pendant la promotion du film!

Qu’avez-vous appris sur vous avec ce film?
J’ai découvert que je suis plus forte que je ne le croyais. J’ai vraiment dû me battre pendant ce film. J’ai dû lutter pour quelque chose, pour ce petit garçon. Et ma capacité d’aimer s’est prodigieusement agrandie. Ma mère me disait souvent que son amour pour moi était tellement fort et profond que parfois mon comportement la contrariait. Comme quand je rentrais après l’heure du couvre-feu et que je ne comprenais pas son mécontentement. Je lui disais: «Bien sûr que je suis OK. Je suis juste en retard, désolée.» Elle me répondait: «Tu ne comprendras pas ce que je ressens jusqu’à ce que tu deviennes toi-même mère.»

Et vous comprenez aujourd’hui?
J’ai eu un avant-goût de ce qu’une mère peut ressentir en tournant ce film. Du coup, j’appelais tout le temps ma maman en pleurant pendant le tournage pour lui demander pardon parce que j’ai compris comme la capacité d’aimer d’une mère est immense. C’est un sentiment tellement puissant et irrésistible qu’il est à la fois une force et une faiblesse parce qu’on se sent si vulnérable qu’on ne saurait pas quoi faire si quelque chose arrivait à notre enfant.

Et vous, quels souvenirs gardez-vous de votre enfance?
Lorsque j’avais 7 ans, ma mère a mis toutes nos affaires dans notre vieille Mercedes et nous avons quitté Sacramento. On a déménagé à Los Angeles parce que je voulais devenir actrice. Ma sœur avait 3 ou 4 ans et nous ne possédions pas grand-chose. Je crois que nous avions un jouet chacune, un dinosaure en plastique dans mon cas. Nous habitions dans un minuscule studio doté d’un lit escamotable. On se nourrissait de macaronis au fromage et de nouilles instantanées. Et pourtant c’était une des plus belles périodes de ma vie. Ma mère avait une imagination incroyable et avec elle, tout était fun et ludique.

Vous faites ce métier depuis toute petite. Vous ne vous êtes jamais découragée?
Quand j’étais gosse, aller à une audition était tout aussi excitant pour moi que de décrocher le job. Mais j’ai songé à tout abandonner à l’adolescence. Il n’est pas facile d’accepter les critiques à cet âge-là.

Ma et son fils, une scène de «Room»

3 dates: dans la vie de l’actrice

1989 Naît en Californie d’un père franco-canadien. Ses parents se séparent quand elle a 6 ans.

2009 A un rôle dans la série «United States of Tara». Et commence à se faire un nom dans le cinéma indépendant.

2016 Oscar de la meilleure actrice pour son rôle de Joy dans le film «Room». Sur les écrans dès le 9 mars.

Brie côté jardin, jamais sans ses crocs!

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texte:
Miguel Cid
Photo:
Corbis, Jacob Tremblay
Publication:
lundi 07.03.2016, 14:20 heure



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