Grâce à ce nouveau procédé, la laine est traitée sans chlore, pour être lavable en machine.

Natural(a)ine le chlore, c’est fini

Lainages Un nouveau procédé permet aujourd’hui d’élargir la gamme de vêtements Naturaline.

Certains matériaux sont déperlants: l’eau glisse dessus sans pénétrer. D’autres sont thermorégulateurs: ils maintiennent la température à un niveau constant. Et il y en a même qui éloignent la transpiration de la peau. Ce que la recherche n’a pas réussi à ce jour, c’est réunir toutes ces qualités dans une seule et même fibre… Le seul à réaliser cette prouesse, c’est le mouton. Sa laine est inhibitrice d’odeurs, autonettoyante et peut absorber 30% de son poids en eau sans procurer une sensation d’humidité. Elle évacue la chaleur et elle vous réchauffe.

Bain de chlore polluant

Pour éviter le feutrage de la laine de mouton, on a recours à un bain de chlore. Une opération qui libère des composés organiques halogénés absorbables qu’on retrouve dans les eaux usées. Ces substances, toxiques et difficilement dégradables, polluent l’environnement. De plus, elles sont cancérigènes. Un vêtement produit dans ces conditions ne pouvait donc pas entrer dans la ligne Naturaline de Coop, vu les exigences de cette dernière quant à la protection de l’environnement.

«

Nous souhaitons que notre procédé devienne la norme de production»

Markus Krüger, manager produits chez Schoeller

Petite révolution

Mais désormais, un fil de laine répondant aux critères très stricts de Naturaline est disponible sur le marché. Le producteur autrichien Schoeller a en effet mis au point un procédé qui fonctionne sans chlore, mais avec des substances chimiques non polluantes. Il s’agit de «chimie verte», selon les termes de Markus Krüger, manager produits chez Schoeller, qui a lancé la procédure d’obtention de brevet. En effet, l’entreprise souhaite ensuite vendre la licence à d’autres producteurs, espérant en faire «la nouvelle norme dans la production de lainages».
Chef de la fabrique de lainages Traxler à Bichelsee (TG), Rolf Traxler confirme que la laine produite selon ce nouveau procédé réagit exactement comme si elle avait été traitée au chlore. Son entreprise produit des pulls et des jaquettes en tricot. Il est persuadé que le procédé de Schoeller va faire école. Les lainages modernes ne grattent pas et peuvent donc être portés en sous-vêtements.

Sélection de races

La seule différence avec le coton est le prix: sur le marché des matières premières, un kilo de laine de première qualité coûte cinq fois plus cher qu’un kilo de coton de qualité équivalente. Le prix des vêtements en laine est donc un peu plus élevé que celui des vêtements en coton. Par ailleurs, la matière première utilisée pour les pulls en laine Naturaline provient d’élevages bio en  Afrique du Sud et en Amérique du Sud. Dans ces régions, les races de moutons sont sélectionnées pour la finesse de leur laine.

Laine

On estime à 1 milliard le nombre de moutons dans le monde

Alliance textile

Coop montre l’exemple

Une alliance contre l’exploitation des ouvriers de l’industrie textile à l’étranger (alliance textile) a récemment été fondée à Berlin. Le promoteur de cette initiative est le ministre allemand du Développement Gerd Müller (CSU). Le projet vise à imposer des normes sociales et environnementales minimales dans la chaîne d’approvisionnement.
Dans la branche, l’écho reste modeste: les entreprises estiment que le projet n’est pas réalisable. De leur côté, Coop et son fournisseur de coton bio Remei ne restent pas les bras croisés et montrent la voie à suivre: chez Naturaline, le producteur connaît l’origine et le chemin emprunté par ses produits. Les consommateurs eux-mêmes peuvent remonter à la source grâce au numéro de traçabilité.