Halldor (à g.) et Guðfinnur viennent de pêcher un cabillaud dans le Patreksfjördur, un fjord du nord-ouest de l’Islande.

Cabillaud MSC: au pays des  fjords

Le cabillaud est l’un des poissons préférés des Suisses. Ce poisson certifié MSC, que vous trouvez dans les magasins Coop, vient du nord-ouest de l’Islande.

Un manteau nuageux gris et tenace recouvre le nord-ouest de l’Islande. Poussées par le vent, les vagues viennent fouetter la coque du bateau dans le fjord Patreksfjördur. Le mercure indique un peu plus de 0° C, mais la température ressentie est négative. Et nous sommes fin mai! «C’est un peu froid pour la saison», crie le pêcheur Guðfinnur Einarsson (31 ans) tout en remontant la fermeture éclair de sa veste polaire. En fait, le froid n’a pas l’air de le déranger outre mesure, tout concentré qu’il est sur le treuil remontant la ligne. Un poisson a mordu. Quelques secondes plus tard, on voit briller le ventre blanc d’un cabillaud de belle taille à la surface de l’eau.

Guðfinnur hisse le poisson de six kilos par-dessus bord et le dépose dans la cuve en acier inox. Peu après, Halldor Johannesson (53 ans) lui tranche la gorge et le plonge dans de l’eau glacée. Le poisson doit être réfrigéré au plus vite à 0° C. «C’est ce qui garantit une qualité supérieure», souligne Halldor. Dans les meilleurs jours, ces pêcheurs expérimentés peuvent pêcher jusqu’à quinze tonnes de poisson.

Le cabillaud est pêché toute l’année. L’administration islandaise des pêches attribue à chaque pêcherie un quota fixé de manière à préserver les stocks de poisson. Le système a montré son efficacité et les pêcheries de cabillaud ont pu recevoir la certification MSC. Coop peut donc couvrir tous ses besoins en cabillaud frais certifié MSC avec des prises islandaises provenant principalement de la pêcherie Oddi pour laquelle travaillent Halldor et Guðfinnur. «Près de 90% de nos prises sont exportés en Suisse pour Coop», affirme fièrement Skjöldur Palmason (45 ans), le patron de l’entreprise. Exporter en Suisse équivaut pour lui à un label de qualité, car la clientèle suisse a la réputation d’être difficile. Les produits doivent être impeccables et la livraison doit être effectuée dans les délais et dans les quantités définies.

Un peu plus tard dans la journée, Halldor et Guðfinnur sont passés dans les eaux agitées du Talknafjördur, un fjord voisin. Aujourd’hui, ils pêchent avec des lignes à main. Contrairement aux palangres, qui exigent de vrais appâts, les lignes à main sont munies de leurres en caoutchouc coloré. Cela suffit à attirer les morues.

En hiver, cette technique de pêche aux leurres ne fonctionne pas. Les poissons ne veulent alors que de vrais appâts. Les palangres prennent donc la relève. Les grands bateaux de pêche utilisent des palangres pouvant mesurer jusqu’à 50 kilomètres et équipées de 36 000 hameçons. Une machine à appâter automatique se substitue aux pêcheurs pour l’opération fastidieuse d’amorçage des hameçons.

La pêche à la ligne ou à la palangre entre dans le concept de développement durable. Le choix de la taille de l’hameçon et de l’appât permet au pêcheur de déterminer le type de poisson qu’il veut pêcher. «Plus l’appât est petit, plus le poisson sera petit», indique Skjöldur Palmason. Or, un petit poisson est aussi un poisson jeune. En pêcher ne correspond pas aux critères de pêche durable. Contrairement à ce qui se passe dans la pêche au filet, les poissons pêchés à la ligne ne sont pas écrasés, mais détachés de l’hameçon, tués net d’un coup de couteau et immédiatement réfrigérés. «On obtient ainsi une excellente chair. La pêche à la ligne est une méthode douce qui permet d’obtenir une très haute qualité», ajoute Skjöldur Palmason.

Pêche durable: quid des prises accessoires?

Les prises accessoires sont l’un des grands problèmes de la pêche industrielle. Comment l’Islande le gère-t-elle?

Dans l’Union européenne a lieu actuellement un débat sur l’interdiction du rejet des prises accessoires (espèces non visées). Pour certaines espèces, ces rejets représentent jusqu’à 85% des prises. L’interdiction aurait pour effet d’obliger les pêcheurs à pêcher de façon plus ciblée. «En Islande, nous parlons de pêche multiple. Il n’y a pas de prescriptions réglementant les captures accessoires, explique Thorsteinn Hilmarsson, de l’administration des pêches à Reykjavík. Au contraire, les pêcheurs ont intérêt à les débarquer parce qu’ils peuvent les vendre.»

C’est sur la base de ce principe que le Ministère de la pêche attribue à chaque pêcherie des quotas pour chaque espèce. Ainsi, le pêcheur de cabillaud se voit accorder en plus du quota de pêche principal, des quotas pour l’églefin, le loup, le flétan, le sébaste, etc. Si une année il capture des quantités exceptionnelles de sébastes, il peut convertir son quota de cabillaud en quota de sébaste. Et s’il capture une espèce de poisson pour laquelle il ne possède pas de quota, il n’est pas obligé de rejeter toute sa pêche à la mer. Il débarque sa cargaison de poisson au port et la vend sur le marché au meilleur prix, comme il le fait pour les autres espèces. Toutefois, le pêcheur ne perçoit que 20% du produit de la vente. Cela suffit à couvrir les frais de carburant. Les 80% restants sont versés dans un fonds qui finance des projets de recherche marine.

Pour voir la position des navires sur les océans et obtenir des informations sur les quotas et captures réelles des bateaux de pêche islandais:

www.marinetraffic.com/ais
http://en.fiskistofa.is

Evalué par le WWF: guide d’achat

Partenaire du WWF Seafood Group, Coop adapte son assortiment aux critères de développement durable. Ainsi, 98,6% de l’ensemble de l’assortiment Coop provient de ressources durables (certifiées ou non inférieures au niveau «acceptable»). Sur cet assortiment, 35,6% des poissons d’élevage satisfont déjà aux sévères directives de Bio Suisse et 55,5% des poissons sauvages sont conformes à la norme MSC pour une pêche respectueuse de l’environnement. Au total, 43,9% des poissons et fruits de mer proviennent de productions certifiées durables. Spécialement conçu pour Coop, le guide d’achat actuel «Pour les poissons et les fruits de mer» du WWF donne un aperçu de l’assortiment.

Téléchargement gratuit du guide d’achat «Pour les poissons et les fruits de mer» du WWF sur: www.coop.ch/poisson

Thomas Compagno

Rédacteur

Photo:
Karl-Heinz Hug
Publication:
mardi 17.09.2013, 10:58 heure