Camille Berthollet (17 ans) au Café du Grütli à Genève. La musicienne est autant à l’aise au violon qu’au violoncelle.

Camille Berthollet: «On peut toujours aller plus loin»

Musique Camille Berthollet, la virtuose de 17 ans, violon et violoncelle, débute une tournée avec sa sœur pour sublimer son premier album. Un talent de feu tout sourire.

Elle prononce les «r» à la jurassienne avec «grand plaisirrrr»! Un bonheur. Authentique,  joyeuse, travailleuse, bavarde: les mots manquent pour décrire cette Savoyarde originaire du Jura. Révélée au grand public en 2014 par l’émission Prodiges sur France 2, Camille Berthollet n’a alors que 15 ans. Interprétant L’Été de Vivaldi au violon avec une fougue et une virtuosité bluffantes, elle gagne haut la main. Ce coup d’éclat n’était que la partie visible de l’iceberg. Elle remportait quelques mois auparavant le Talents for Europe en Slovaquie, en même temps que sa sœur aînée Julie, 18 ans, avec qui elle joue toujours sur scène.

Une cinquantaine de concerts en 2015, un album sur le prestigieux label Warner Classics donnent encore le ton. Après des études à Lyon, Zurich, Vienne, et même New York, Camille achève son bachelor en violoncelle à Genève avant d’enchaîner avec le master en violoncelle et violon. Obstinée, c’est ainsi que sa sœur Julie la décrit: «Quand elle veut quelque chose, elle ne lâche pas!»

Vous êtes une surdouée ou je me trompe?
Je ne sais pas... On m’a dit que j’étais précoce. Pour faire de la musique, ça aide d’avoir du talent, mais après c’est surtout beaucoup de travail. Il faut vite s’investir, sinon ça ne marche pas!

Vous avez un accent jurassien, dites donc!
Oui. En France, on me lance souvent: «Il ne faut pas dire d’jà, Camille»! Je dis aussi tout le temps «ou bien». C’est maman qui vient de Delémont! Je n’ai jamais vécu dans le Jura et pourtant je n’ai pas l’accent savoyard, mais jurassien!

«

Parce que je fonçais et que je jouais vite, on m’appelait bip-bip»

Quelle importance a votre famille?
Capitale. Sans ma sœur Julie, je pense que je n’aurais sûrement pas commencé la musique. Je l’admire énormément. C’est une violoniste extraordinaire. Un pilier énorme. C’est très pratique d’avoir une grande sœur meilleure que soi en violon! Et, sans nos parents, on ne pourrait pas faire tout ce que l’on fait. Ils ne nous ont jamais poussées. Ça nous a permis d’avancer à notre rythme, d’aller voir les profs qu’il nous fallait et d’en changer quand il le fallait. De voyager et d’aller là où on en avait besoin! 

Comment avez-vous choisi les pièces de votre album très éclectique où vous jonglez entre Vivaldi, Brahms, Bach, Piazzolla, Piaf et autres musiques de film?
J’avais 16 ans et je souhaitais faire un disque qui me ressemblait à ce moment-là. Et qui montre au public ce que j’aime et ce que je fais. Du violon, du violoncelle, plein de duos avec Julie. On a choisi le programme en dix minutes. On l’a écrit sur le coin d’une nappe au restaurant, avec les représentants de la maison de disques, rencontrés à la fin de l’émission Vivement Dimanche!

Partition manuscrite de Schubert que lui a offerte sa sœur.

Votre culture musicale semble infinie. Est-ce qu’il y a une limite?
Non, c’est ça qui est bien. Que ça soit avec l’instrument ou dans la culture musicale, on n’a jamais fini d’apprendre, de découvrir. C’est ça qui nous attire, qui nous stimule. Jamais on n’atteint le but ultime, on peut toujours aller plus loin. Jamais on ne peut dire: «Ah, ouais, je suis la meilleure, je n’ai plus rien à prouver!»

Quelles sont vos passions à côté de la musique? S’il y a encore de la place...
Oui, oui, c’est important. Le cinéma, la lecture – autant les livres que les bédés, passer du temps avec mes ami(e)s, nager, faire du vélo, le shopping et aller me ­promener en montagne et en forêt! Le ski? Ces dernières années, on n’a plus trop le temps d’en faire. On ne sait plus vraiment ce que c’est le week-end ou la semaine. C’est juste au jour le jour!

Avec vos doigts de fée, êtes-vous aussi cuisinière?
Ouh là là là là (rire). J’aime bien cuisiner, mais je ne pense pas être très douée.
Maman et Julie cuisinent très bien. Et j’espère apprendre au fur et à mesure.

Elle joue en duo avec sa sœur aînée Julie (18 ans).

Vos plats préférés à part le Stradivarius?
J’adore le fromage, les fruits, les tartes aux fruits, les crêpes, les lasagnes. Et surtout, les salades!

Du haut de vos 17 ans, avez-vous une philosophie qui vous guide?
Ne jamais se mettre de barrière. Quand on a envie de faire quelque chose, si on se donne les moyens, on peut toujours y arriver d’une certaine manière. Il suffit d’y mettre du sien, de travailler pour y arriver et savoir exactement où on veut aller pour savoir comment y aller. Et puis, s’entourer des bonnes personnes pour pouvoir bien y arriver!

3 dates: dans la partition d’une soliste

1999 Naît le 4 janvier à Annecy (F). Commence le violoncelle à 4 ans et le violon à 8 ans.

2013 Commence la Haute école de musique de Genève, dans la classe du violoncelle solo de l’OSR.

2015 Sortie de «Prodiges», son premier album (dist. Warner Classics), en octobre. Sa sœur et le célèbre violoncelliste Gautier Capuçon y participent. Écouter des extraits de l'album

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Camille en quelques dates

1999. Naît le 4 janvier à Annecy. Elle commence la musique à 4 ans tout comme sa sœur Julie, qui elle réclamait le violon à l’âge de 2 ans déjà. «Nos parents aimaient aller aux concerts. Ils nous ont emmenées une ou deux fois. On a tellement aimé qu’on leur a demandé d’y retourner. Moi, j’ai flashé sur le violoncelle à l’âge de 3 ans! J’ai commencé à 4 ans à l’école de musique d’Annecy. Il fallait déjà trouver des profs qui acceptent des enfants de 4 ans. Trouver des instruments aussi. Ensuite, j’ai continué au Conservatoire de Genève en violoncelle. Après, on est parties toutes les deux à Zurich (2011), puis à Vienne en Autriche (2012-2013), où ma sœur Julie a habité un an et demi. En même temps, je suivais des cours à Lyon en violoncelle. Après on est revenues à Zurich (2014) et maintenant on est toutes les deux à la Haute école de musique à Genève. On a toujours un peu bougé, on était jamais fixées quelque part. Entre-temps, on a aussi fait des stages aux États-Unis l’été. On va chercher les profs là où ils sont, en fait!»

2007. Premier récital d’une heure avec sa sœur à l’Église luthérienne de Genève. Elle avait 8 ans.

2013. Elle est acceptée à la Haute école de musique de Genève. «Être acceptée dans la classe de François Guye, le violoncelle solo de l’Orchestre de la Suisse romande, à l’âge de 14 ans, c’était un grand pas. Je l’apprécie énormément et je suis en train de terminer mon bachelor dans sa classe.»

2014. Elle remporte les concours «Talents for Europe» et «Prodiges», l’émission de télé sur les jeunes talents de la musique classique.

2015. Elle enregistre son premier album avec sa sœur Julie, le pianiste Guillaume Vincent, le violoncelliste-star Gautier Capuçon et l’Orchestre d’Auvergne.

Interview complète

Vous êtes surdouée ou je me trompe?
Je ne sais pas... on m’a dit que j’étais précoce. Pour faire de la musique, ça aide d’avoir du talent, mais après c’est surtout beaucoup de travail. Il faut vite s’investir, sinon ça ne marche pas. C’est ma passion et je ne vois pas les heures passer quand je joue.

À seulement 17 ans, vous finissez votre licence en violoncelle cette année. Quels âges ont les étudiants de votre classe?
Ils ont tous déjà une maturité. Ils ont entre 20 ans et 26,  27,  28 ans. L’ambiance est super sympa.

Vos origines jurassiennes? Vous semblez avoir un accent du Jura!
Je dis «G’nève». En France, on me lance aussi souvent: «Il ne faut pas dire d’jà, Camille!» Je dis aussi tout le temps ou bien, à tel point qu’on m’a surnommée comme ça. C’est maman qui vient de Delémont!

Vous retournez au Jura? Chez les grands-parents?
Oui, souvent. Aussi chez les cousins, cousines, les oncles, les tantes. À Delémont, Courroux, Tramelan, Saint-Imier. On va aussi en Valais. Ça dépend.
Julie lance:
Comme ça, ça te refait l’accent et quand elle revient, elle a un accent à couper au couteau!
Camille rigole:
Je n’ai jamais vécu dans le Jura et pourtant je n’ai pas d’accent savoyard, mais un accent du Jura. On ne sait pas pourquoi!

Comment une maman de Delémont arrive-t-elle à Annecy?
Elle arrive à l’île Maurice d’abord. Elle y a rencontré papa, qui y travaillait. Julie y est née. Ils sont ensuite partis à Annecy, où je suis née. On a donc beaucoup voyagé! Ma mère a été professeur d’éducation physique, bibliothécaire, sophrologue... Et papa, à la base, il est ingénieur et là, il enseigne dans un lycée en France, section technique (machines, etc.).

Vos parents jouent-ils aussi d’un instrument de musique?
Ils ont chanté dans un chœur pendant plusieurs années. Et papa joue du piano mais en tant qu’amateur seulement, pour le plaisir.

S’ils avaient fait de la musique à votre niveau auraient-ils été aussi talentueux que vous?
Je ne sais pas. Ils auraient peut-être été plus exigeants avec nous. Ça a des avantages. Du coup, on fait juste ce que l’on aime et ce que l’on a envie. Ils ne nous ont pas poussées. C’est ça qui est génial. Chaque année, ils nous redemandaient si nous voulions continuer. Avant ils ne connaissaient pas le monde de la musique classique et ils ont appris à le connaître au fur et à mesure.

D’autres petites filles voulaient jouer à la poupée et, vous et votre sœur, vouliez jouer du violon et du violoncelle...
Voilà. Mais ça ne m’empêchait pas de jouer à la poupée aussi (rire)!

Votre culture musicale semble infinie. Est-ce qu’il y a une limite?
Non, c’est ça qui est bien. Que ça soit avec l’instrument, dans la culture, dans ce que l’on apprend, on a jamais fini d’apprendre, on a jamais fini de découvrir. Et c’est ça qui nous attire, qui nous stimule. On n’a jamais atteint le but ultime, parce qu’on peut toujours aller plus loin. On ne joue jamais au sommet et on ne pourra jamais se dire: «Ah, ouais, je suis la meilleure, je n’ai plus rien à prouver»!

Donc, forcément, la curiosité fait partie de votre nature. D’après vous, quels sont vos autres traits de caractère?
Julie répond:
Tu es assez obstinée et, en général, c’est assez positif, je dirais. Quand elle veut quelque chose, elle ne lâche pas. Tu aimes beaucoup, beaucoup parler. Tu es très bavarde!
Camille reprend la parole:
Je dirais têtue. Très bavarde. J’adore rigoler, me marrer. Sensible? Oui, sûrement.

Quels sont vos goûts en musique actuelle?
J’aime bien découvrir. Déjà, je ne connais pas tout. J’aime beaucoup la chanson française. On a été invitées aux 30 ans des «Victoires de la musique» variété l’année dernière. J’ai adoré Stromae. J’aime aussi beaucoup Patrick Bruel, Piaf (qu’on a mis dans le CD), Polnareff, Céline Dion, Bénabar, ...

Et les anglophones?
J’écoute moins...

Et dans le rock?
Ouh là là! Je ne connais pas encore beaucoup. Il faudra que je me plonge un peu plus dedans pour donner un avis constructif.

Une bonne introduction serait Led Zeppelin. Et le jazz?
J’aime bien. D’ailleurs, là, on fait un trio avec un pianiste qui fait plein de jazz et on a envie d’en faire ensemble. Papa écoute aussi beaucoup de jazz dans la voiture et on découvre pas mal de truc.

Vous étudiez à Genève mais vous faites les trajets depuis Annecy. C’est assez long, non?
Deux heures aller-retour.

Une semaine d’étude correspond à combien d’heures de cours?
Comme on finit le bachelor, on a beaucoup validé de crédits et de cours les autres années. Maintenant, c’est à peu près un jour de théorie par semaine et après c’est la pratique. Cela dépend des jours et des concerts. On s’arrange avec les profs.

Après le bachelor de violoncelle, qu’allez-vous faire?
Je commence le master en septembre 2016. Que je devrais terminer en 2018. À 19 ans, normalement, j’ai fini.

Vous faites aussi un bachelor en violon?
Je ne peux pas, parce que c’est interdit de faire deux bachelors en même temps. Donc, je ferai deux masters, un en violoncelle et un en violon. C’est un peu complexe et pas forcément très logique, mais voilà, c’est comme ça. Mais je prends des cours de violon à côté, donc cela revient au même. Les cours théoriques, que cela soit en violon ou violoncelle, c’est les mêmes. Et comme je prends des cours d’instrument pour les deux...

Quand vous avez gagné l’émission «Prodiges», vous avez joué du violon? Ou aussi du violoncelle?
J’ai fait l’émission en violon, parce qu’ils ne savaient pas que je faisais du violoncelle. J’avais envoyé deux vidéos et ils n’en ont ouvert qu’une sur deux et c’était le violon!

Et le violoncelliste Gautier Capuçon savait-il que vous jouiez du violoncelle quand vous avez fait l’émission?
Oui, on a eu un prof de violoncelle en commun. Son premier prof, Augustin Lefebvre, est mon ancien prof de violoncelle que j’avais à Lyon. D’ailleurs, c’est un prof que j’adore et que je retourne voir très souvent. Les deux ans que j’ai passés à Lyon ont marqué les études que j’ai faites jusqu’à maintenant. Mon prof m’avait beaucoup parlé de Gautier. Les frères Capuçon viennent de Chambéry et notre papa aussi!

Quelle belle harmonie dans «Oblivion» (d’Astor Piazzolla) que vous jouez en duo avec Gautier Capuçon. Parlez-moi de ce morceau et de la sensation que vous avez eue de jouer avec lui?
En fait, on avait joué «Oblivion» dans l’émission «Vivement Dimanche» de Michel Drucker. Notre cher Michel (rire)! On a cherché une pièce et on s’est dit que ça, ça serait parfait. Pour moi, c’était l’extase de pouvoir jouer avec Gautier Capuçon. C’était complètement magique! C’est après cette émission d’ailleurs que la maison de disques est venue me voir. En fait, c’est Gautier qui m’a présenté les gens de sa maison de disques, Warner Classics. Plus tard, il m’a proposé de jouer un duo avec moi sur mon premier album. C’était un cadeau immense. Pour nous deux, ça nous paraissait logique de refaire «Oblivion». L’enregistrer avec lui, c’était de nouveau une expérience incroyable!

Sur votre album, vous jouez «The Entertainer». Un ragtime, qui est aussi la musique du film «L’Arnaque», avec Paul Newman et Robert Redford. Vous jouez le thème de «La liste de Schindler» de John Williams ou «Por una cabeza» (1935) de Carlos Gardel qu’on retrouve dans «Le temps d’un week-end», avec Al Pacino, ou encore dans «True Lies», avec Schwarzenegger. Quels sont vos goûts cinématographiques?
J’adore aller au cinéma. Quand on rentre chez nous, quand on est à Paris ou quelque part et qu’on a un peu de temps. Je suis fan de Romy Schneider. On aime aussi beaucoup Pierre Niney (qui a joué dans Yves Saint Laurent), comme acteur qui émerge. J’adore aussi Marion Cotillard et Colin Firth. Je n’aime pas la science-fiction, ni les films de cow-boys. Je suis plutôt comédie et film sur la vie des gens, en fait. J’adore les biographies, que cela soit en film ou en livre.

Avec quels grands compositeurs de musique de film rêvez-vous de jouer?
Bonne question, je n’y ai jamais pensé! John Williams fait des trucs vraiment géniaux pour les musiques de films: La liste de Schindler, Harry Potter, Star Wars, etc. J’adorerais aussi jouer la musique du film Cinéma Paradiso sous la direction d’Ennio Morricone.

Vous donnez un concert à Paris le 1er avril à la salle Gaveau? Vous jouerez avec votre sœur et un orchestre?
Oui, l’orchestre de Picardie et le pianiste Guillaume Vincent. On va alterner les pièces de l’album et d’autres. C’est un peu le concert de sortie de l’album à Paris. Ça va être super. La salle Gaveau est un endroit mythique en musique classique. Une autre salle mythique est le Théâtre des Champs-Elysées, où on jouera le 20 mars 2017. Et, pour le Théâtre du Châtelet, on croise les doigts pour avoir une date bientôt.

Combien de concerts avez-vous faits en 2015?
Ouh là là, vous me posez une colle! Environ un concert par semaine. Une cinquantaine. Cette année, il y en aura plus, parce qu’on a déjà une tournée de prévue de 30 dates minimum. Plus tous les autres concerts. La tournée passe par la Suisse, la Belgique, la France, etc. Elle passera aussi par le Jura.

Vous allez donc rejouer au Jura...
Bin, j’pense. C’est quand même nos origines (elle pouffe de rire). On tournera avec plusieurs pianistes. Le 5 mars, on sera toutes les deux (ndlr: avec Julie) à Porrentruy.

Jouer avec des violons Stradivarius, qui ont près de 270 ans de plus que vous, c’est un rêve. Depuis quand jouez-vous avec de tels violons?
C’est légèrement le plus beau son au monde! Je ne joue pas avec des violons comme ça, malheureusement. On nous en a prêté à deux ou trois reprises pour les jours des concerts. Ça fait très mal après, quand on rejoue avec nos instruments d’étude. Le jour où nous aurons le violon – pour ma sœur – et le violoncelle – pour moi – de nos rêves, ce sera vraiment bien. Il y a Stradivarius, Guarnerius del Gesù, Guadagnini, etc. On espère avoir ça assez vite. On cherche pour qu’on nous en prête!

Jouer avec un pareil instrument qui coûte environ un million d’euros, ça doit être assez stressant...
Oui, il faut en prendre soin comme c’est pas possible. Souvent, ce sont des fondations ou des banques qui les prêtent. Parfois à vie. Mais, ouais, c’est une responsabilité... Ouh!

Avec vos doigts de fée, êtes-vous aussi cuisinière?
Ouh là là là là. Eh bien, j’aime bien cuisiner, mais je n’ai pas beaucoup de temps pour ça. J’aime beaucoup bien manger. Mais je ne pense pas être encore très douée en cuisine. J’espère que je vais apprendre au fur et à mesure, au cours de ma vie.

Avez-vous des spécialités que vous cuisinez bien?
Tomate-mozza. Je n’aime pas le sucré, les gâteaux et tout. Du coup, je n’en fais pas vraiment. Par contre, je fais parfois des crêpes. Maman et Julie cuisinent très bien, donc...

Vos plats préférés mis à part le Stradivarius et compagnie?
J’adore le fromage, les fruits, les tartes aux fruits, les crêpes, les lasagnes. Et les salades, j’aime beaucoup, beaucoup!

Avez-vous un surnom?
Non... enfin, mon ancien prof de violoncelle me surnommait Oui-oui, parce que je disais toujours oui-oui! Il m’appelait aussi Bip-bip, parce que je fonçais, je jouais vite. On m’a aussi surnommée «Ou bien», mais aujourd’hui je n’ai pas vraiment de surnom.

Julie, vous êtes dans la même classe que Camille? Vous êtes donc les deux plus jeunes de votre classe?
Oui. Avec Camille, on suit les même cours toutes les deux.

Camille, vos passions à côté de la musique? S’il y a encore de la place?
Oui, oui, c’est important. Le cinéma, la lecture – autant les livres que les bédés, passer du temps avec mes ami(e)s, nager, faire du vélo, le shopping, aller me promener en montagne ou en forêt. Le ski? J’en faisais quand j’étais petite, mais ces dernières années, on a plus trop le temps. On a vite pris des cours de quatuor et les répètes tombaient toujours le dimanche. Et, maintenant, il y a des choses tout le temps. On ne sait pas vraiment ce que c’est le week-end ou la semaine. C’est juste au jour le jour!

Qu’auriez-vous fait dans la vie, si vous n’aviez pas joué de musique?
Je ne sais pas, parce que les souvenirs les plus lointains que j’aie sont liés à la musique... j’ai toujours voulu faire de la musique. Et faire une carrière et être soliste en violon et violoncelle. J’ai toujours ce souvenir-là!

Quels sont vos projets?
On enregistre le deuxième album cette année, qui sera au nom des deux (ndlr: Camille et Julie). Un album avec orchestre qui sortira à l’automne 2016. J’espère continuer à faire plein de concerts en soliste, en duo avec de grands orchestres, de grands chefs d’orchestre, dans des super salles! Bref, j’espère faire une belle carrière de soliste. C’est pareil pour Julie. Je lui souhaite aussi de réussir sa carrière de soliste et je suis sûre que ça va marcher!

Comment avez-vous choisi les pièces, les morceaux de cet album, qui est très varié?
Oui, il est très éclectique. Je me dis que pour faire des intégrales de compositeurs, j’aurai toute la vie. Voilà, j’avais 16 ans, j’avais envie de faire quelque chose qui me ressemblait à ce moment-là. Et qui montre au public ce que j’aime et ce que je fais. Du violon, du violoncelle, plein de duos avec Julie. On a choisi le programme en dix minutes, je pense. Sur le coin de la nappe, avec les représentants de la maison de disques, en mangeant. Il y avait maman et Julie. Ils nous ont demandé ce qu’on aimerait faire et le directeur de la maison de disques a tout noté et, voilà, c’était l’album!

Êtes-vous deux éponges qui engloutissent plein d’influences?
Julie:
On écoute beaucoup de musique, vu que l’on a deux heures de trajet par jour.
Camille:
Quand nous voyons des solistes qui nous intéressent en concert, nous essayons de nous en inspirer. Nous ne voulons pas recopier, mais nous inspirer, écouter et faire ensuite notre sauce!

L’importance de la famille?
C’est capital. Sans Julie, je pense que je n’aurais pas forcément commencé la musique. Sans maman, on ne pourrait pas faire tout ce que l’on fait, parce que... C’est maman d’ailleurs... (Leur maman arrive)

Bonjour, Alain. Enchantée!
Oui, sans les parents... Ce qui est bien, c’est que nos parents ne nous ont jamais poussées. Ça nous a permis de faire ce que l’on veut. D’avancer à notre rythme. Juste d’aller voir les profs qu’il nous fallait et de changer de profs quand il le fallait. De pouvoir voyager et d’aller là où on en avait besoin. Ma sœur Julie, c’est un pilier énorme. Sans elle, je n’aurais sûrement pas commencé la musique, je n’aurais sûrement pas commencé le violon. Parce que j’ai commencé le violon après elle en regardant ses cours. En fait, en espionnant ses cours. Je me cachais derrière la porte, parce que la prof voulait être tranquille avec Julie pendant les leçons. Rien que de pouvoir voir Julie jouer, de m’inspirer, de pouvoir lui poser des questions dès que j’en ai... C’est pratique d’avoir une grande sœur qui est meilleure que soi en violon! Pour pouvoir s’appuyer dessus et puis jouer avec (rire complice)!

Vous êtes un peu deux moteurs qui vous motivez l’un l’autre!
Julie:
Quand on a des concerts, on ne se retrouve pas toute seule dans une chambre d’hôtel. On est toujours à deux. Quand on joue ensemble, on se comprend tout de suite parce qu’on se connaît!
Camille:
Ça fait bien plaisir. Et on rigole bien ensemble!

Combien d’heures d’instrument par jour?
Ça dépend des jours. Tout le temps qu’on a en fait. Si on a toute la journée à la maison et qu’on a rien à faire, on joue toute la journée. On peut jouer jusqu’à huit parfois, si on a le temps. Mais on ne dépasse pas les huit heures, il faut aussi faire attention aux muscles et il ne faut pas abuser de son instrument.

Composez-vous?
Julie, oui, mais pas moi. Et elle arrange. Sur le CD, il y a plein de choses qu’elle a arrangées: Scott Joplin, Carlos Gardel, danse hongroise, Csárdás, La vie en rose.

Votre philosophie?
On ne se met jamais de barrière. Quand on a envie de faire quelque chose, si on s’en donne les moyens, on peut toujours y arriver d’une certaine manière. Il suffit d’y mettre du sien, de travailler pour y arriver et de savoir exactement où on veut aller pour savoir comment y aller. Et puis, s’entourer des bonnes personnes pour pouvoir bien y arriver!

 

 

 

 

 

 

 

 

  • 5 mars, en duo, Collège Thurmann, Porrentruy, 20 h 30.
  • 13 mars, avec l’Orchestre des Nations Unies, Victoria Hall, Genève, 17 h. Œuvres de Chostakovitch et Brahms.

La chaîne Youtube de Camille Berthollet

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Alain Wey

Rédacteur

Photo:
Darrin Vanselow
Publication:
lundi 29.02.2016, 13:55 heure



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