Carlos Henriquez, sous l’œil de Guillaume Tell et devant le Palais de justice de Montbenon – Lausanne.

Carlos Henriquez: «Incroyable que ce pays tienne!»

Rencontre L’humoriste Carlos Henriquez dont les rires résonnent de part et d’autre du Röstigraben nous parle de ses joies et de la Suisse dans tous ses états.

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On a un décalage horaire avec les Suisses allemands »

Chanteur et percussionniste, Lamine M’Boup partage avec son groupe Foul Fayda son amour de la vie sur l’album de reggae et world music, Porte à porte. Arrivé en Suisse il y a 23 ans, le natif de Dakar pioche dans la mémoire de notre contrée depuis deux décennies avec le Service archéologique de l’État de Fribourg. Installé à Morat avec sa femme et leurs deux filles, le descendant d’une lignée de griots (troubadours africains) chante la paix et la solidarité.

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Alors, heureux?
Oui, ça c’est ma constante! Quand j’ai fini mes études de lettres, j’ai offert ma licence à mon père en lui disant que j’allais maintenant prendre ma retraite et ne faire plus que des choses qui m’amusent.

Vous qui travaillez entre la Suisse romande et la Suisse allemande, comment vous la voyez la Suisse?
C’est incroyable qu’un tel pays tienne ensemble! C’est un peu comme si vous preniez un Danois et un Portugais, qui ne parlent pas du tout la même langue, que vous les mettiez dans un pays et vous leur disiez: débrouillez-vous! Et 700 ans plus tard ils sont encore là…
Non, parce que lorsque je voyage en Suisse allemande, je me rends compte que culturellement, on se connaît très peu. Et je trouve juste incroyable qu’on se supporte, voire qu’on s’aime.
Quand on regarde du sport, si c’est un Haut-Valaisan, dont on ne connaît pas la langue, qui descend les pentes de ski, on est pour lui!
Il y a une ambivalence, c’est quelque chose d’indescriptible, d’extraordinaire.

Son livre bilingue

La différence entre les Suisses allemands et les Romands, c’est quoi?
On a un décalage horaire avec les Suisses allemands, c’est évident. Déjà à l’école, nous on mange les dix-heures et eux, ils ont les neuf-heures, Znüni. Et quand on a fait la tournée des Peutch avec le cirque Knie, dans toutes les villes suisses on jouait à 20 h, sauf à Lausanne et Genève où le spectacle débute à 20 h 15.
Économiquement aussi, il y a une différence. Si vous prenez le mot croisé du journal 20 Minutes, vous gagnez 50 fr. Alors que le prix de la version alémanique 20 Minuten est de 300 fr…
Et puis voilà, le fait qu’aux votations, ce soit plutôt les Suisses allemands qui gagnent, on voit là qu’on pense différemment. Et de la manière dont la Suisse fonctionne, on se dit que c’est pas mal chez nous… Je pense que ces votations, c’est de nouveau une partie du miracle qui fait qu’on vit avec
des gens avec lesquels on n’est pas d’accord, et puis finalement on a une vie magnifique dans ce pays… Donc même si on n’est pas d’accord, on arrive à s’entendre.

Ce qu’il y a en vous de vraiment suisse?
L’administratif! J’ai une phobie de l’administratif, de tout ce qui est paiement, je n’ai donc jamais de rappel, c’est honteux! Je suis très structuré, voilà ce qui est très suisse chez moi. 

Si la Suisse était une chanson?
En tout cas pas son hymne! Mais peut-être Hemmige, une chanson de Mani Matter reprise par Stephan Eicher. «Hemmige» ce sont les petites gênes – on ne veut pas déranger. Si une jolie fille arrive, on regarderait tout au plus les pieds… Parce qu’on ne veut pas gêner, ni faire de vagues.

Le chat sauvage, présent dans son prochain spectacle.

Si elle était un livre?
Nains de jardin de Jacques-Étienne Bovard. Et j’adore cet auteur, j’ai tout lu de lui.

Si elle était un homme, une figure?
Roger Federer, en ce moment. Il nous représente vraiment, il a toute cette suissitude, il est classe, il est propre, il est fair play à outrance – ça doit être énervant même de gagner contre lui parce que, oui, il a bien joué, «mais énerve-toi, je t’ai battu!» Non, il a le flegme anglais dans un Suisse allemand…

Et si elle était une voiture?
Une Land Rover – mon grand-père en avait une, il roulait à 30 km/h maximum, après il trouvait que c’était dangereux.

Si elle était une saison?
L’automne, le bel automne, ce moment où les vignes sont multicolores…

Un plat?
La fondue. Elle a l’avantage sur le papet d’être nationale. La fondue, c’est la paella de la Suisse, on mange tous dans le même caquelon, on mélange les fourchettes, c’est le plat qui nous unit.

Vous qui aimez cuisiner, quel plat faites-vous à vos amis?
Ce sera certainement des pâtes, ça va vite et je peux parler avec les copains qui sont là. Des pâtes à quelque chose, carbonara, saumon. Ou des tagines.

Bande Annonce du spectacle de Carlos Henriquez

Quatre dates dans la vie d'un comédien

1969 Naît à La Chaux-de-Fonds. Son père est d’origine espagnole, sa mère lucernoise.

2012 La première de son spectacle «I bi nüt vo hie» (je ne suis rien d’ici) à Bienne – qui tourne toujours.

Le 7 octobre «J’ai beaucoup d’ami(e)s qui ont leur anniversaire ce jour. Il doit y avoir de bonnes vagues.»

2015 Le 2 septembre, première de son spectacle «Vide-Grenier» à Boulimie (Lausanne). www.carlos.li

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Jean-Dominique Humbert

Rédacteur en chef adjoint

Photo:
Darrin Vanselow
Publication:
lundi 20.07.2015, 14:40 heure



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