Comme un caméléon: Carlos Leal (45 ans), toujours prêt à se glisser dans la peau de toutes sortes de personnages.

Carlos Leal: «Un acteur, c’est une gueule et une voix!»

Comédien Un premier album solo, une carrière d’acteur en vitesse de croisière: Carlos Leal avance, surprend, charme. Confidences à Lausanne.

«

Mon fils me réapprend à voir le monde avec le regard d’un enfant»

Pour ce premier album solo, on peut vraiment dire que vous vous êtes mis à nu. Était-ce un besoin viscéral?
Viscéral, c’est le mot! Revenir à la musique était important. Mais revenir de façon sincère, honnête et réelle, l’était encore plus! Ne pas me trahir. Ne pas essayer de plaire absolument. Être en totale liberté avec ce que je faisais artistiquement. J’ai travaillé avec des compositeurs très talentueux et l’album reflète complètement ma personnalité et mon univers.

Vous qui avez été rappeur pendant près de vingt ans, pourquoi ne pas avoir chanté avant avec une si belle voix, façon jeune Gainsbourg?
Je l’ai beaucoup travaillée, ma voix, en prenant des cours. Dans cet album, j’avais aussi envie d’apporter ma touche de comédien. Un acteur, ce n’est pas seulement une gueule, c’est aussi une voix. C’est la façon de dire les mots avec certains silences, c’est jouer avec le rythme des mots. Évidemment, je me voyais mal revenir avec un disque de rap. Par contre, le récit est quelque chose d’important et il y a des titres récités, d’autres chantés. Quand j’étais gosse, je faisais partie d’une chorale et on me disait que j’avais une très belle voix. Sur des morceaux comme Au-delà, je chante du fond du cœur. Je me suis surpris moi-même: «Oui, je peux chanter»!

Chanter en plusieurs langues vous est venu tout naturellement?
Oui. Du fait que j’ai vécu à Madrid, que j’habite à Los Angeles. En tant qu’acteur, je travaille énormément en anglais. Mais j’ai aussi beaucoup travaillé en espagnol, italien, allemand et français, bien sûr.

Qu’est-ce qui vous plaît dans Los Angeles?
J’aime L.A. pour son incroyable richesse multiculturelle. C’est une terre qui a été construite par les immigrés et où les immigrés se sentent chez eux. Comme beaucoup d’autres, je suis là-bas chez moi. C’est une terre peuplée de gens qui sont venus pour y trouver leur bonheur ou pour y suivre leurs rêves!

Vivez-vous une sorte de rêve américain?
Je n’y crois plus depuis longtemps. Par contre, je crois en l’optimisme qui existe encore dans ces contrées. La Californie est un pays très jeune, où les gens ont le regard porté sur l’avenir. J’adore cet optimisme et cette envie de regarder vers demain et de ne pas essayer de freiner ce qui pourrait être fait pour demain. C’est typiquement californien! J’ai vécu huit ans à Paris et j’adore Paris. Mais laissez-moi vous dire que lorsque vous avez un projet à Paris, le nombre de gens qui vous mettent des bâtons dans les roues, c’est impressionnant! Alors qu’à L.A., il y a bien plus d’enthousiasme!

Des plats préférés?
La cuisine italienne. Un bon plat de spagouzes aglio, olio e peperoncini, c’est la base!

L’importance de la famille pour vous?
Pour quelqu’un qui voyage beaucoup, qui passe d’un pays à un autre, la famille, c’est vraiment un truc auquel il peut se raccrocher. En tant qu’acteur, je suis parti à Paris, ensuite à Madrid, maintenant à Los Angeles. Avec ça, tu te retrouves souvent assez seul. Donc une famille, une vraie famille, c’est essentiel!

Un chapeau, mille personnages

Quels sports pratiquez-vous?
Je ne suis pas très sport. Mais je dois dire que la météo californienne permet beaucoup de travail à l’air libre. La plupart du temps, on est à la plage, on fait du bodyboard, je fais un peu de skateboard. Et mon fils de 7 ans fait de la gymnastique artistique (anneaux).

Quelles valeurs transmettez-vous à votre fils? Vous en parlez un peu dans la chanson «Dans les yeux d’Elvis»…
Qu’il essaie de garder son regard d’enfant et qu’il soit le plus libre possible. D’ailleurs, il va dans une école où la principale ligne d’éducation, c’est la liberté des enfants. Dans la chanson Dans les yeux d’Elvis, c’est différent. J’essaie plutôt d’expliquer que mon fils me fait voir des choses que je ne vois plus. C’est la fin de l’album et c’est la lumière. J’ai beau essayer de lui décrire un monde tordu, géopolitiquement mal foutu, un monde de serpents, mon fils me dit: Papa, regarde, là, t’as vu les cerfs-volants dans le ciel? Il me réapprend à voir le monde avec le regard d’un enfant. À un moment donné, il ne faut plus se demander quelles valeurs un père veut transmettre à son fils, mais quel est l’échange qu’un fils peut avoir avec son père de façon à ce qu’il y ait un véritable équilibre!

Votre philosophie?
C’est bizarre, mais elle change au quotidien. Il m’est difficile d’en avoir une seule, à partir du moment où je crois que je ne me connais pas encore complètement. Pour vous répondre en une grande phrase, je dirais: «Vivre debout»! Une chanson de Brel qui dit que si on s’assied trop longtemps, on s’endort. Et vivre debout jusqu’au bout, c’est beau!

L’opus «Reflections» où l’artiste se met à nu

4 dates dans les multiples vies d’un comédien

1969 Fils d’immigrés espagnols. À 18 ans, il devient la voix du groupe de hip-hop Sens Unik.

2006 Le Vaudois joue dans le James Bond «Casino Royale». Il exerce son métier d’acteur en Europe.

2010 Il s’installe à Los Angeles avec sa femme Jo Kelly (actrice, réalisatrice et coach) et son fils Elvis.

2015 Sortie de son 1er album solo, «Reflections». À l’affiche de la 2e saison du «Croque-mort» sur RTS.

Commentaires (0)

Merci pour votre commentaire

Ce commentaire comprend-il des contenus douteux?

Le texte va être contrôlé et éventuellement adapté ou bloqué.

Votre commentaire

Vous n'avez pas encore écrit de commentaire!

Ce champ doit être complété. Merci.

Champ obligatoire
Ce champ doit être complété. Merci.





Veuillez recopier le code de sécurité:

$springMacroRequestContext.getMessage($code, $text)






Merci de prendre connaissance de notre charte et ne manquez de respect à personne!

Alain Wey

Rédacteur

Photo:
Darrin Vanselow
Publication:
lundi 16.03.2015, 15:30 heure



Login mit Coopzeitung-Profil

Fermer
Fehlertext für Eingabe

Fehlertext für Eingabe

Mot de passe oublié?