L’utilisation de biogaz contribue à préserver la forêt tropicale de l’ouest du Népal. La population locale 
en profite mais aussi 
la faune, comme ce rhinocéros unicorne. 

Ce biogaz qui préserve la forêt  tropicale

Au Népal, le WWF 
met des installations de biogaz à disposition des petits paysans. Celles-ci font baisser les émissions de CO2 et contribuent à la préservation de l’habitat 
d’espèces menacées.

Venu ramasser du bois de feu dans cette forêt tropicale proche du village de Badreni, à l’ouest du Népal, Dhani Ramgutan s’est retrouvé nez à nez avec un rhinocéros. C’était il y a une quinzaine d’années. Cette mésaventure lui a coûté sa jambe droite. Et montre le problème de la surexploitation des ressources naturelles.
La région tropicale de l’Ouest népalais est de plus en plus peuplée. L’habitat des animaux sauvages ne cesse de diminuer. Cela rend ce genre de rencontres, souvent fatales pour l’homme ou pour l’animal, quasi quotidiennes.

Le WWF s’est engagé à protéger la faune dans la région du Terai Landscape depuis 1967. On appelle Terai Arc les plaines qui s’étirent entre l’Inde et le Népal, au pied de l’Himalaya. Quelque 6,7 millions de personnes y vivent – principalement des petits paysans. Ils possèdent moins d’un hectare de terres; leur revenu ne dépasse pas 100 dollars par an. Depuis des siècles, on y faisait la cuisine avec du bois de feu. La forêt tropicale en fournissait à profusion et gratuitement. «Chaque famille brûlait jusqu’à 2,5 kilos de bois par jour, estime Abdul Sahim Ansari, chef de projet du programme Terai Arc Landscape du WWF. On peut facilement calculer le temps qu’il aurait fallu à la forêt pour disparaître – et avec elle la diversité de la faune et de la flore.»

Le fumier bovin est mélangé 
dans une citerne où se développe le biogaz. Celui-ci est ensuite acheminé vers la cuisine.

L’idée a alors été lancée de remplacer le bois pas un matériau tout aussi efficace: la bouse de buffle et de bœuf. «Le principe est simple, résume le chef de projet. Le fumier bovin est récolté et mélangé dans une citerne souterraine avec les excréments humains. La fermentation libère un biogaz inodore qui est acheminé via une tuyauterie jusqu’à un four à gaz. Il peut ensuite être utilisé pour la cuisine.»
Coop soutient ce projet par le biais de son propre fonds de compensation et le WWF Climate Group.

Le chef de projet WWF Abdul Sahim Ansari doit déployer toute sa force de persuasion pour convain-cre les paysans d’acquérir une installation de biogaz. Elle coûte l’équivalent de 400 francs suisses. Depuis 2008, ce sont près de 7500 de ces installations qui ont été aménagées dans la région. D’ici 2020, il pourrait y en avoir 20 000. «Nous estimons le potentiel à deux millions d’installations de biogaz dans tout le Népal.»
Ce gaz profite non seulement à l’homme mais aussi à la faune et à la flore des forêts du Terai Arc. Les derniers tigres blancs et rhinocéros en liberté du sous-continent indien, comme ceux du parc national de Chitwan, peuvent maintenant y vivre sans être dérangés.

Des fours à haut rendement pour protéger le panda

Des fours économiques pour préserver l’habitat du panda géant.

Tout comme le rhinocéros unicorne au Népal, le panda de Chine voit son habitat rétrécir comme peau de chagrin. Ici aussi, la cause est à chercher dans les besoins en bois de feu d’une population croissante. C’est la raison pour laquelle le WWF a lancé le Mamize Firewood Saving Cook Stove Project.
Dans le cadre de cette initiative, Coop fait fabriquer des fours à haut rendement qui permettent de diviser par deux la consommation de bois de feu dans la province du Sichuan, dans le sud-est de la Chine. Plus de 1600 de ces fours ont été installés, ce qui permet d’économiser chaque année 10 tonnes de CO2 .
La population locale bénéficie aussi d’une meilleure qualité de vie, car elle passe moins de temps à récolter du bois et peut en consacrer davantage à la formation ou à la famille.
Avec ces fours, le dégagement de fumée dans les habitations (l’une des cinq premières causes de décès dans le monde) est diminué.

www.coop.ch/developpementdurable

Coop et le WWF

Résultat des compensations

Coop est depuis 2007 membre de WWF Climate Savers, une association d’entreprises qui entendent limiter leur impact sur le climat. Non contente de viser la neutralité carbone à l’horizon 2023, Coop compense aussi depuis 2008 les émissions de CO2 de tous les transports aériens, voyages d’affaires et livraisons coop@home. Elle le fait par des projets spéciaux sélectionnés avec le WWF en
fonction de leur apport pour les régions concernées, d’un point de vue social, écologique et économique. Le Fonds Coop pour le développement durable assure le préfinancement et le WWF l’organisation et la concrétisation des projets. Le WWF apporte à Coop la preuve des économies de CO2 réalisées: au total un demi-million de tonnes à ce jour.

www.coop.ch/fonds
Markus Kohler

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Photo:
Markus Kohler
Publication:
lundi 13.01.2014, 09:00 heure