La chanteuse Céline Dion: «Je n’ai plus mal mais il  reste des cicatrices.»

«Je vis le meilleur de ma vie»

Céline Dion vient de publier un nouvel album en anglais qui cartonne un peu partout. Rencontre avec une superstar sereine pour qui la famille passe avant tout.

Extrait de son nouvel album

Coopération. Vous avez l’air en pleine forme…
Céline Dion.  Merci! Vous savez, les gens ont tendance à avoir peur de vieillir mais pour moi la maturité, c’est mieux se connaître soi-même. Et quand on se connaît mieux, on a l’impression d’avoir trouvé un équilibre. Je ne ressens plus le besoin de frimer, d’avoir l’air belle ni d’essayer de vendre quoi que ce soit. Je suis au milieu de ma vie maintenant et je me sens beaucoup mieux. Cela se reflète sur mon visage.

Cela se reflète aussi dans votre nouvel album, non?
Cela se traduit dans tous les aspects de ma vie: mes enfants, mon mari, mes collaborateurs et mon disque. Je vis le meilleur moment de ma vie parce que je ne suis pas obligée de travailler. Du coup, je suis plus relax quand je chante. Les compositeurs et producteurs de l’album ont eu l’idée de me proposer des chansons qui me donnent l’opportunité de me lâcher, c’est-à-dire de moins focaliser sur la technique, de moins frimer avec ma voix. Je ne renie pas ma façon habituelle de chanter parce que sans ça je ne serais pas ici. Je me suis juste amusée à tenter quelque chose d’un peu différent.

Vous aviez déjà un peu tenté cette démarche en français avec Jean-Jacques Goldman…
Oui, j’ai aimé travailler avec lui et j’ai toujours du plaisir à interpréter ses chansons. Il m’a appris à déchanter, comme il disait. A l’époque, j’étais habituée à chanter à l’américaine. Mariah Carey, Whitney Houston et moi chantions à pleins poumons, tout le temps. C’était comme les Jeux olympiques, une façon de montrer ce qu’on pouvait faire avec nos voix. Cette approche est OK mais ennuyeuse si on se limite à ne faire que ça. J’ai de la chance de pouvoir chanter de différentes façons et je suis surprise de pouvoir m’exprimer d’une nouvelle manière.

Comment vous appropriez-vous une chanson comme «Water and a Flame», qui d’après vous ne vous ressemble pas du tout puisqu’elle parle d’une femme qui boit pour oublier un chagrin d’amour?
Je suis une bonne actrice. Je n’ai pas besoin d’avoir été saoule pour pouvoir l’interpréter. Un chanteur doit servir une chanson le mieux qu’il peut. La maison de disques doit vendre un produit et moi, je dois vendre une émotion au public. Je dois vendre ce qu’il y a dans mon âme quand je regarde la caméra ou quand je chante devant la foule. Je dois faire croire que je suis fragile ou forte. Je dois emmener les gens avec moi ou alors je dois les suivre, cela dépend.

«

Etre une bonne mère pour mes enfants. Ma plus belle récompense»

Et que ressentez-vous quand vous interprétez la très belle reprise de «At Seventeen»? Vous avez mal, comme à vos 17 ans?
Je n’ai plus mal mais il me reste des cicatrices, pas trop profondes heureusement. Je pense qu’on s’est tous sentis mal dans notre peau à un moment donné de notre existence. Moi, je ne me sentais pas belle. J’étais extrêmement maigre, j’avais des dents de travers et ma famille n’avait pas les moyens de m’envoyer chez un orthodontiste. Je portais des vêtements usés, hérités de mes frères et sœurs aînés. Quand on n’a pas un look cool et qu’on n’est pas non plus doué pour les études, on se sent mal à l’aise. Je n’avais pas encore 17 ans à l’époque. Les gens sont très touchés par cette chanson, qui fait partie de mon spectacle à Las Vegas. Parfois, en se remémorant une mauvaise période, on se sent encore mieux dans sa peau aujourd’hui.

Vous dites que le showbiz et la réalité sont deux choses bien différentes. Comment faites-vous pour que vos enfants gardent les pieds sur terre?
Nous menons une vie extravagante mais nous sommes des gens normaux. Je ne vis pas dans une bulle et mes enfants non plus. Je ne suis pas prisonnière de mon existence. Si je veux sortir de chez moi, je sors. Je fais juste en sorte que les gens n’interrompent pas toujours une sortie familiale.

C’est-à-dire?
Laissez-moi vous donner un exemple. Si je décide d’aller nourrir les oiseaux avec mes enfants, je demande à mes gardes du corps de veiller à ce que ce moment familial précieux ne soit pas gâché. Mes gardes du corps ne sont pas agressifs mais s’ils sentent que des fans vont s’approcher de nous à un mauvais moment, ils vont juste leur demander poliment d’attendre quelques instants avant de venir me parler ou prendre une photo. Les gens sont généralement très respectueux. Mais je ne vais pas me cloîtrer chez moi et leur dire: «S’il vous plaît, achetez mes disques et faites que mes spectacles se jouent à guichets fermés mais laissez-moi tranquille!»

En parlant de spectacle, où trouvez-vous l’énergie de vous produire chaque soir à Las Vegas depuis bientôt trois ans d’affilée et de caler au milieu de tout ça une série de concerts à Paris?
En y allant un jour à la fois. Certains jours, je ne me sens pas au mieux de ma forme. Mais l’important pour moi est de donner tout ce que j’ai chaque jour. Parfois, je tombe malade et je dois annuler une performance. Je n’y peux rien. Mais j’ai beaucoup de chance parce que je peux partager ma passion pour la musique avec 31 musiciens sur scène, chaque soir, à Las Vegas. On s’éclate ensemble et ensuite, je rentre chez moi. J’enlève mes talons et je crois que je fais ce que je fais de mieux: être une bonne mère pour mes enfants. C’est ma plus belle récompense.

Portrait express

Des albums par millions

Actu. La Canadienne de 45 ans s’offre un coup de jeune dans son nouvel album en anglais, «Loved Me Back To Life» (dist. Sony Music), le premier depuis six ans. Elle y flirte avec la pop d’aujourd’hui et livre une ou deux très belles reprises, à l’instar de «Overjoyed», en duo avec Stevie Wonder.

Las Vegas. Après une série de concerts à Bercy bouclée début décembre, elle poursuivra son marathon scénique à Las Vegas dès le 30 décembre. Le spectacle, simplement intitulé
«Céline», a débuté en mars 2011 et continue d’attirer les foules.

Records. Chanteuse de tous les superlatifs, elle a écoulé plus de 220 millions d’albums dans le monde. Elle a glané cinq Grammy Awards et deux Oscars de la meilleure
chanson, dont l’un pour «My Heart Will Go On» extrait de l’inoubliable «Titanic».

Famille. Avec son mari et manager René Angélil (71 ans), elle est maman de René Charles
(12 ans) et des jumeaux Eddy et Nelson (3 ans).

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Miguel Cid

Rédacteur

Photo:
Christoph Kaminski
Publication:
mardi 07.01.2014, 00:00 heure

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