Peter Kunz examine des épis de semences d’épeautre. Le meilleur matériel de la récolte sera multiplié.

Céréales, l’importance de la sélection

Évolution Les céréales doivent s’adapter aux conditions existantes. En tant que sélectionneur, Peter Kunz recherche constamment des variétés appropriées.

Aux mots «sélection de céréales», beaucoup s’imaginent de savantes manipulations génétiques rendues possibles grâce à une technologie de pointe. Faux! Chez «Getreidezüchtung Peter Kunz» (ndlr: sélection biologique de céréales de Peter Kunz, en abrégé GZPK), à Feldbach (ZH), on ne modifie pas de matériel génétique; on fait évoluer les plantes par croisement et en sélectionnant le meilleur matériel de chaque récolte. «Le croisement est la première étape pour obtenir une nouvelle variété», précise Peter Kunz, fondateur de GZPK.
Soutenue depuis 2003 par le Fonds Coop pour le développement durable, cette société d’intérêt public fête cette année ses 30 ans d’existence. Elle sélectionne des semences pour la culture céréalière bio.
Actuellement, GZPK sélectionne du blé, de l’épeautre, du triticale, des tournesols, des pois et du maïs. «À 10 ans, je savais déjà comment obtenir des maïs hybrides», poursuit Peter Kunz. Pas si étonnant que ça, puisque son père a été l’un des premiers cultivateurs de maïs de l’Oberland zurichois, dans les années 1960.
«La sélection végétale doit aider les plantes à développer leurs propriétés favorables, explique l’ingénieur agronome. Ça leur permet de s’adapter à de nouvelles conditions environnementales ou de résister à de nouvelles maladies.»

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La sélection de céréales est dʼintérêt public»

Peter Kunz, sélectionneur

Intérêt public

Les exigences de l’agriculture et de l’industrie agroalimentaire ont également évolué. Au cours du siècle dernier, on a assisté à une intensification de l’exploitation des sols et à une modernisation des techniques agricoles. À l’échelon de la transformation, par exemple, les boulangers sont de plus en plus nombreux à garder au froid ou à congeler les pâtons pour les cuire ensuite en fonction des besoins. «Dans ce cas, une qualité de protéine de blé très stable est requise.» Un tel résultat exige de la patience. Il faut dix à quinze ans pour obtenir une nouvelle variété prête à l’emploi. «Elle est ensuite testée pendant deux ans avant d’être homologuée», ajoute l’ingénieur. Les variétés développées par son entreprise sont multipliées et commercialisées en Suisse et à l’étranger par Sativa Rheinau AG et d’autres organisations. «N’importe qui peut les utiliser», précise Peter Kunz, qui trouve absurde de privatiser du matériel génétique, car «la sélection de céréales est d’intérêt public».

Il faut de nombreuses années, avant qu’une nouvelle variété de céréale soit homologuée.

Fonds Coop pour le développement durable

Un investissement pour l’avenir

Depuis plus de dix ans, le Fonds Coop pour le développement durable soutient des projets de recherche en agriculture biologique, la mise au point de méthodes de production écologiques et de projets de compensation des émissions de CO2. Il sert à développer de nouveaux produits et services durables ainsi qu’à sensibiliser l’opinion publique. Coop entend rendre à long terme la consommation plus durable et encourager les initiatives pionnières en faveur du développement durable. Chaque année, elle met à la disposition de son Fonds pour le développement durable 15 millions de francs destinés à une soixantaine de projets différents.
www.coop.ch/fonds

Production de céréales en Suisse en 2012