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À l’image de Doris Martinali (15 ans), de plus en plus de jeunes pensent que le bio est l’avenir de l’agriculture.











Ces jeunes qui ont choisi le bio

L’agriculture biologique nécessite des connaissances spécifiques. La formation joue un rôle central pour ceux qui se lancent.

Micro-trottoir: consommez-vous des produits bio?

Quand elles baissent la tête et pointent leurs cornes acérées, la situation devient sérieuse.
Doris Martinali (15 ans) n’est pas effrayée pour autant. Son rêve a toujours été le même: un troupeau de vaches à cornes en stabulation libre. Elle le répète depuis toute petite: «Je veux être agricultrice.»

«

On nous apprend à cultiver des plantes sans utiliser de produits chimiques.»

Doris Martinali, agricultrice bio en formation

Aujourd’hui, cette jeune fille déterminée est en 2e année d’apprentissage en agriculture biologique. Pourquoi ce choix? «J’ai grandi au Tessin, dans le val Blenio, dans une exploitation agricole de montagne. J’ai besoin de cette formation car je désire convertir la ferme de mes parents à l’agriculture bio. Cette approche reflète mes idées sur la biodiversité. Je n’aime pas les traitements, il y a déjà bien assez de pollution. À l’école, on nous apprend à cultiver de belles plantes sans utiliser de produits chimiques.
Pour adapter les méthodes d’agriculture de mes parents aux exigences de Bio Suisse, je dois donc me former.»

Doris Martinali: «Une exploitation se gère avec les mains et la tête.»

L’importance de la formation

«Il y a actuellement deux manières de devenir paysan bio», précise Robert Obrist, responsable de la formation auprès du FIBL (Institut de recherche de l’agriculture biologique) à Frick (AG). «Les jeunes qui sortent de l’école obligatoire font un apprentissage de trois ans comme paysan et choisissent la spécialisation en agriculture bio. Celui qui vient d’une autre profession doit suivre la formation de paysan, mais sur deux ans, avec la spécialisation bio également.»

Répartie sur trois ans, la formation théorique complète le travail pratique à la ferme.

Un plan de formation existe à l’échelle nationale mais, fédéralisme oblige, sa mise en place dépend des cantons. La qualité de la formation peut ainsi varier fortement d’un canton à l’autre. Raison pour laquelle le FIBL souhaite que les aspirants bio puissent à l’avenir choisir l’école dans laquelle ils veulent se former.
Pour se spécialiser dans le bio et parce que, dans un premier temps, elle envisageait de suivre son apprentissage tout en préparant une maturité professionnelle en parallèle, Doris a choisi de traverser le Gothard pour se rendre dans le canton de Zurich, au Strickhof, un centre de compétences en formation et services en économie agricole et alimentaire.
Si elle est avantagée par la langue (sa mère est originaire de Suisse alémanique), il n’est pas évident, pour autant, pour une fille de son âge de quitter le domicile parental. «Je n’ai pas vraiment l’ennui. Bien sûr, mes parents, ma sœur, mes amis et les montagnes me manquent un peu, et je suis toujours contente de rentrer. Mais je me suis fixé un objectif et s’il faut faire des sacrifices pour l’atteindre, je les ferai.» Elle poursuit: «Depuis que je suis apprentie, mon père me laisse faire les travaux toute seule. Je suis particulièrement fière de cette confiance.»

Doris sait qu’elle veut être agricultrice depuis l’âge de 3 ans.

Durant ses trois ans de formation, elle travaille dans trois fermes différentes et va à l’école un à deux jours par semaine. La 1re et la 3e année, elle a choisi de travailler dans une exploitation bio. Pour sa 2e année, elle profite de vivre une expérience différente: une exploitation agricole à Benken, dans le nord du canton de Zurich. Une étable robotisée avec 65 vaches laitières, 350 porcs d’engraissement élevés selon les directives de Coop Naturafarm, 100 poules pondeuses, des betteraves à sucre, des pommes de terre et, bientôt, des plantations d’aronia, de goji et d’autres baies aux propriétés nutritionnelles intéressantes.
Mardi prochain, Doris retournera sur les bancs de l’école pour son jour de cours hebdomadaire. «J’aime surtout les heures de zootechnie et de mécanique. Elles me seront utiles dans mes projets. Pour gérer une entreprise comme la mienne, ce ne sont pas les muscles qui comptent, mais ce que tu as dans la tête!»
Et de nous quitter en montant sur un John Deere dont la roue avant est aussi haute qu’elle…

Agroscope Conthey

Un centre de recherches en Valais

Agroscope Conthey a fêté ses 70 ans fin août. Le centre de compétence de la Confédération pour la recherche agronomique et alimentaire est présent dans différentes régions de Suisse. Il est organisé en quatre instituts: l’institut des sciences en production végétale (IPV), animale (IPA), de denrées alimentaires (IDA) et en durabilité agronomique (IDU). Le centre de recherches de Conthey accueille la division «Cultures sous abris et cultures en région alpine» de l’IPV d’Agroscope. Il emploie une quarantaine de collaborateurs et quelques apprentis. Jean Pinesi

«C’est l’avenir»

Marc Güntert, viticulteur, est en formation à l’École supérieure de technicien viti-vinicole, à Changins (VD).

Votre motivation à travailler dans le bio?

C’est plus que de l’intérêt. J’ai grandi là-dedans. Avant ma formation, je trouvais normal d’avoir de l’herbe dans la vigne – on ne peut pas utiliser de produits chimiques, en bio. Depuis que j’ai commencé la formation, je vois les avantages du bio. Un exemple: une des principales maladies de la vigne, l’oïdium, est devenue résistante contre une molécule de synthèse conçue pour la combattre. Dans la viticulture bio, avec nos produits multisites attaquant la maladie par différents angles, les champignons nocifs ne peuvent pas s’adapter. Ça doit être l’avenir, de travailler de manière respectueuse avec la nature.

Quid des contraintes du bio?

C’est contraignant dans certaines conditions, en particulier où il pleut beaucoup. Le climat du Valais est très adapté. Dans la viticulture bio, on a peut-être un peu plus de travail car il faut entretenir l’herbe poussant dans la vigne. Mais on s’économise du travail pour couper les bouts et effeuiller, car notre vigne sera moins vigoureuse qu’une vigne poussée dans sa croissance.

Le bio exige toujours plus de connaissances. Ça vous plaît?

Oui, c’est pourquoi je continue ma formation à Changins. Une fois qu’on comprend certains fonctionnements, il est plus facile de trouver une alternative à la chimie. Je suis un bio qui pousse la mécanisation et les travaux, plutôt qu’un bio qui croit à d’autres choses, comme la biodynamie, qui inclut aussi l’astrologie – je crois néanmoins que si la mer réagit à la lune, il y a d’autres prolongements. Certains enterrent des cornes de vaches. Là, ça commence un peu à dépasser mes convictions.

Quel rapport avez-vous avec le côté idéal, éthique du bio?

Nous avons emprunté la terre à nos petits-enfants – comme le disent Al Gore et Saint-Exupéry. Je me sens responsable. La moindre des choses, c’est d’éviter de rendre la terre inutilisable pour mes enfants. Je suis très pragmatique. Ce qui m’intéresse, c’est plutôt le côté technique, surtout que maintenant, on a des connaissances, des technologies pour travailler de manière respectueuse. Je ne suis ni un écologiste convaincu ni un malpropre qui travaille avec des pesticides. Je me situe entre les deux. Je ne me fais pas forcément tous les jours un plan diététique bio! Ariane Pellaton

Le bio en suisse

Le grand rôle de Coop dans le bio

Dans le commerce de détail, la moitié des produits bio vendus en Suisse sont vendus chez Coop.
L’année 2013, année record pour le bio. Selon Bio Suisse, le chiffre d’affaires du bio sur le territoire helvétique a bondi de 12,1%. Il dépasse pour la première fois la barre des 2 milliards de francs, dont plus d’un milliard de francs de chiffre d’affaires réalisé par Coop.
Avec Naturaplan, fondé en 1993, Coop a provoqué un véritable boom dans le paysage de l’agriculture biologique: le nombre des exploitations bio en Suisse a bondi en vingt ans. Coop mise sur le label du Bourgeon et se démarque ainsi nettement des autres détaillants qui proposent des produits bio conformes uniquement à l’ordonnance suisse ou européenne sur l’agriculture biologique. Les directives de Bio Suisse sont nettement plus rigoureuses. Une ferme dotée du label «Bourgeon» doit être exploitée selon les principes biologiques de A à Z.
A l’heure actuelle, l’assortiment Naturaplan compte plus de 1700 produits, ce qui en fait la marque bio la plus présente dans le commerce de détail en Suisse. Mais aussi la plus avant-gardiste: l’offre s’enrichit chaque année de 70 à 100 nouveautés.
Ce n’est pas une tâche facile, bien que la demande en matière de bio dépasse souvent l’offre. Il est d’autant plus important de continuer à recruter de jeunes agriculteurs et de miser sur des exploitations bio novatrices. René Schulte

Quiz: que connaissez-vous du bio?

 
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Solution du quiz (dans la version papier du journal): TERRES

Frais du jardin

Des salades à croquer

Biologiques et idéaux pour des mets vite préparés: les salades lavées et parées ainsi que les légumes précuits facilitent le travail et font économiser du temps.

Bouquet de salades Nova bio Naturaplan
Mélange de feuilles de salades vertes et rouges.
3. fr. 95/100 g.

Salade Singapour bio Naturaplan
Mélange aux notes extrême-orientales de carottes, poireau et céleri.
3 fr. 60/200 g

Jeunes pousses de salade bio Naturaplan
Les feuilles tendres se prêtent à la décoration des assiettes d’automne.
4 fr. 20/100 g

Dés de racines rouges bio Naturaplan
Typiquement des légumes de garde. Peuvent être consommés crus ou (comme ici) cuits.
3 fr. 20/400 g

Doucette bio Naturaplan
Appelée aussi «rampon», elle se combine notamment avec des lardons, du saumon fumé, du fromage de chèvre, ou des pommes et amandes.
4 fr. 95/100 g

Choucroute cuite bio Naturaplan
Pour une assiette alsacienne mais aussi pour des pot-au-feu, gratins et tartes.
2 fr. 40/250 g

Natalia Ferroni

Photos: Heiner H. Schmitt, Thomas Andenmatten
Illustration: Jacob Kadrmas

Publication:
lundi 15.09.2014, 15:00 heure

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