Dans «Logan Lucky», Channing Tatum est Jimmy (à dr.) et son frère Clyde est l’acteur Adam Driver.

«Tout est 
une question de chance»

Channing Tatum Le comédien 
campe un mineur malchanceux dans «Logan Lucky». Rencontre avec 
un homme né sous 
une bonne étoile.

Tout sourit à Channing Tatum. L’Américain de 37 ans va de succès en succès au cinéma et se dit un mari et père comblé. Tout le contraire de Jimmy Logan, le personnage qu’il joue dans son nouveau film, «Logan Lucky» (en salle dès le 25 octobre). Divorcé et chômeur, cet ancien mineur de Virginie est convaincu que sa famille est victime de la poisse. Il persuade donc son frère manchot (Adam Driver) et sa sœur coiffeuse de participer à un casse audacieux: dévaliser les coffres de l’organisateur d’une grande course automobile. Une comédie délirante de Steven Soderbergh qui propose ici une sorte d’«Ocean’s Eleven» au pays des «rednecks».
Sur la terrasse d’un palace londonien, Channing Tatum se livre avec humour et sincérité au jeu de l’interview. Moteur!

Avez-vous dû grossir pour jouer le rôle de Jimmy Logan?
J’ai toujours les kilos en trop que j’ai pris pour le rôle! Le plus drôle, c’est que Soderbergh ne m’a jamais demandé de grossir. Mais mon personnage boite. Jimmy était joueur de football américain avant de se blesser, travaille dur le jour et boit des bières le soir. Au fil du tournage, j’ai pris une quinzaine de kilos à force de vivre comme lui. Mon corps ne m’a pas dit merci! J’étais malheureux d’être aussi gros. J’ai perdu une partie du poids mais il me reste encore quelques kilos à éliminer.

Auriez-vous pu connaître le même destin que Jimmy si vous n’étiez pas devenu acteur?
Peut-être. Je pense que j’ai eu de la chance. J’ai joué au football américain pendant un an après avoir décroché une bourse dans une université de Virginie-Occidentale. Si j’étais rentré vivre dans l’un de ces endroits où l’industrie houillère et les offres de boulot ont disparu, je peux facilement imaginer que j’aurais fini comme lui. J’ai été maçon, strip-teaseur et fait bien d’autres choses. Je peux m’imaginer mener une vie normale et espérer gagner suffisamment pour subvenir aux besoins de ma famille, de ma fille. Mais heureusement, en quittant l’uni je suis rentré à Tampa, en Floride, où il y avait plus d’opportunités.

Les habitants de Virginie-Occidentale sont au cœur de l’histoire de ce film. Comment les percevez-vous?
La Virginie-Occidentale est une région enfouie dans les montagnes, très isolée. Les villes sont minuscules et existent uniquement parce qu’il y avait du charbon là-bas. L’industrie houillère s’est implantée dans ces endroits au milieu de nulle part et des gens de toute l’Amérique et du monde entier sont venus travailler dans les mines.
Plusieurs générations de familles s’y sont fait une vie. Et puis tout d’un coup, les sociétés minières ont fermé leurs portes et quitté les lieux. Et toutes ces familles se sont retrouvées attachées à leur terre mais sans offres d’emplois.

Vous comprenez leur existence?
Oui. Tout le monde se connaît dans cette communauté. J’ai sillonné le pays en voiture pour promouvoir ce film et nous nous sommes arrêtés pas loin de là, à Allen County, dans le Kentucky. Nous avons rendu visite au shérif.
C’est très compliqué pour lui parce qu’il y a un gros problème de drogue là-bas en ce moment et il connaît les gens qu’il arrête. Il connaît leurs enfants et a un lien personnel avec ces individus.
Une petite ville, c’est comme une grande famille. On y est lié par une histoire commune et beaucoup de drames.

Bande annonce du film Logan Lucky

Lors de votre voyage, avez-vous pu remarquer si les réactions des gens au sujet du film diffèrent selon les régions du pays?
Nous n’avons pas montré le film aux gens lors de ce voyage. J’avais envie de faire un vrai road trip et j’ai même dormi dans notre camionnette. Mais je suis intéressé de savoir ce qu’ils en pensent. C’est un film fun qui en même temps montre une partie du pays qui traverse une période très difficile. Nous ne martelons pas que ces gens-là sont malheureux parce que quand tu vas chez eux, ils n’ont pas l’air malheureux. Ils aiment vivre là. Ce sont des gens fiers qui souhaitent juste avoir des opportunités et que l’espoir revienne dans leur communauté. Ils n’ont pas envie de partir. Le gouvernement leur a demandé de s’en aller ou alors de créer des jobs qui n’ont rien à voir avec le charbon. C’est dur pour eux d’entendre ça mais ils s’en sortiront parce qu’ils sont vigoureux et ont envie de travailler.
Le film est honnête sur le climat social et politique qui prévaut là-bas. Mais c’est aussi un film de casse fun dans lequel on dérobe de l’argent à une gigantesque société! (Il éclate de rire)

Le film raconte l’histoire de deux frères dont la famille est poursuivie par la poisse. Quel rôle a joué la chance dans votre carrière?
Tout a été une question de chance, bonne et mauvaise. Ma mère disait toujours que la chance, c’est quand la préparation rencontre l’opportunité. J’ai eu une chance folle dans ma carrière. Je n’ai jamais voulu être acteur. Je pensais que jouer la comédie, c’était réciter Shakespeare sur scène et je ne me suis jamais vu faire ça. Gosse, j’adorais regarder des films comme «Les Goonies» ou «Braveheart» mais je ne savais pas comment on les fabriquait. Mon père et ma mère ne travaillaient pas dans l’industrie du cinéma. Ils étaient ouvriers. Alors le fait de me retrouver dans ce business est un mystère absolu. C’est presque comme si mon métier m’avait choisi.

Quand vous êtes-vous considéré comme un acteur?
Très tard dans ma carrière! J’ai commencé à apprendre à jouer en me présentant à des auditions pour des tout petits rôles de voyous. Je devais crier: «Donne-moi ton fric!» ou «Haut les mains!» Ce n’est pas une bonne manière d’apprendre à jouer, je te promets. Et cela se voit. Et puis avec beaucoup de chance et d’autres facteurs aussi, j’ai décroché des jobs. Je suis reconnaissant d’avoir pu apprendre mon métier sur le tas et eu des grands profs comme Soderbergh. Tu sais, je viens d’ouvrir un club de strip-tease à Las Vegas, un show «Magic Mike». Si tu m’avais dit à 18 ans que je serais propriétaire de ce club à Las Vegas, je t’aurais cru autant que si tu m’avais annoncé que je deviendrais acteur à Hollywood.

Avez-vous un porte-bonheur?
J’ai un chiffre porte-bonheur, le 33. C’était le numéro de maillot de mon père quand il jouait au football américain et c’était aussi le mien quand je pratiquais ce sport. Il apparaît tout d’un coup dans des endroits bizarres, à un moment significatif de ma vie. Je ne sais pas bien ce que ça veut dire mais pour moi c’est comme si des anges veillaient sur moi. l

Site du film «Logan Lucky»

Un beau gosse bankable

L’acteur Channing Tatum a été footballeur, maçon et strip-teaseur.

Né en 1980 en Alabama, Channing Tatum se découvre d’abord un don pour le football américain. Puis devient mannequin pour les plus grandes marques et fait ses débuts au cinéma dès 2005. «Sexy Dance» révèle ses talents de danseur et lui permet aussi de rencontrer sa femme, Jenna Dewan. Le comédien explose en racontant sa brève expérience de strip-teaseur dans «Magic Mike» (2012) sous l’œil de Soderbergh. Dès lors, il enchaîne les rôles et devient l’un des acteurs les mieux payés d’Hollywood. Il est marié depuis 2009 et père d’Everly, 4 ans.

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Miguel Cid

Rédacteur

Photo:
Keystone
Publication:
lundi 23.10.2017, 13:50 heure



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