Il y a encore cinq ans, Charlotte Le Bon était une illustre inconnue.

Charlotte Le Bon: «La nourriture est faite de souvenirs»

Cinéma Charlotte Le Bon, l’ex-Miss Météo du Grand Journal, est à l’affiche de «The Walk – Rêver plus haut», un biopic sur le funambule Philippe Petit. Rencontre

Dans ce film, vous incarnez Annie, la compagne de Philippe Petit à l’époque de son exploit au sommet des tours du World Trade Center. L’avez-vous rencontrée?
Robert Zemeckis, le réalisateur du film, ne souhaitait pas que je rencontre Annie parce que sa relation avec Philippe s’est mal terminée. J’étais d’accord avec lui, il ne fallait pas que ma vision du personnage soit ternie par cet aspect négatif. Annie a mis tellement d’amour dans tout ce qu’elle a fait. Pour moi, elle est tombée amoureuse de cet homme et de son rêve. C’est pour cela qu’elle a décidé de se mettre au second plan et de le suivre partout. J’ai construit le personnage en discutant avec Robert et Joseph Gordon-Levitt qui incarne Philippe. Et j’ai essayé d’être aussi sincère que possible dans mon interprétation.

«

Annie est amoureuse d’un homme et de son rêve»

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Quels étaient ses rêves, à elle?
Je pense qu’elle n’en avait pas. C’était ça le problème lorsqu’elle a rencontré Philippe. Elle avait beaucoup de mal à avoir ses propres rêves et ambitions. Je peux la comprendre parce que je me suis retrouvée dans la même situation il y a cinq ans, quand je vivais à Montréal et que je ne savais pas ce que j’allais faire de ma vie.

Quand avez-vous découvert ce que vous vouliez faire?
Mais je ne le sais toujours pas! J’ai beaucoup de plaisir à jouer la comédie et je bosse dur pour être aussi bonne que possible mais je suis toujours dans le doute. Il y a cinq ans, j’ai décidé de quitter Montréal et de m’installer à Paris. Je ne savais pas à quoi m’attendre et puis tout est arrivé très vite. J’ai commencé à faire mes sketches au Grand Journal. Au total, j’ai écrit 200 sketches en un an avec mon meilleur ami. Tous les soirs, j’étais jugée par le public français. Après un an, j’étais épuisée physiquement et mentalement. Je ne pouvais plus continuer et j’ai commencé à courir les castings pour tenter ma chance au cinéma. Et puis il y a deux ans, j’ai passé une audition pour un film produit par Steven Spielberg, Les recettes du bonheur, et Hollywood m’a ouvert ses portes!


Votre mère est actrice. A-t-elle influencé votre décision de faire du cinéma?
Non, parce que je ne rêvais pas de devenir comédienne. J’ai perçu comme c’était dur pour ma mère parce que son travail dépendait de la bonne volonté d’autrui. Dès qu’on ne veut plus de vous, vous ne travaillez plus. J’ai vu ma mère attendre que le téléphone sonne et je n’enviais pas sa situation. Alors je profite de tout ce qui m’arrive parce que j’ai beaucoup de chance mais, en même temps, il est très important pour moi de me nourrir d’autres projets que le cinéma.

Vous avez été mannequin avant de devenir animatrice télé puis actrice. Pourquoi détestiez-vous ce job?
Je n’aimais pas être mannequin parce que je n’étais qu’une image et je trouvais ça réducteur. J’étais sidérée de ne pas avoir mon mot à dire sur la photo de moi qui était choisie, sur les vêtements ou le maquillage que je portais. En gros, je devais me taire et cela n’avait aucun sens pour moi. Ce métier bouffait mon âme et me rendait vraiment malheureuse. Quand j’ai commencé au Grand Journal, j’ai envoyé balader mon agence de mannequins. Cela a été le plus beau jour de ma vie!

Quels sont les autres projets que vous évoquiez tout à l’heure?
Je dessine depuis toujours parce que c’est cela qui nourrit mon âme. Je vends mes illustrations sur mon site web. Je fais aussi de la photo parce que j’aime voyager et graver ces souvenirs. Et puis je vais réaliser mon premier court-métrage dont j’ai écrit le scénario. Je suis super excitée!

Vous incarniez le sous-chef d’un restaurant haut de gamme dans «Les Recettes du bonheur». Savez-vous préparer une Béchamel comme dans le film?
Je dois avouer que non. Je ne suis pas très douée en sauces. Je me débrouille dans une cuisine mais sans plus. Je sais comment concocter de
petits plats pour impressionner mes invités mais je ne peux pas dire que je sois une grande cuisinière. Mon truc, c’est de préparer quelque chose qui a l’air compliqué mais ne l’est pas vraiment, comme un risotto par exemple.

Quel est votre plat préféré québécois?
Probablement la tourtière (une tarte à la viande au Canada, ndlr) que préparait ma grand-mère. Bon, je suis végétarienne maintenant donc c’est difficile pour moi de manger ce plat de viande. Mais comme disait mon partenaire dans Les Recettes du bonheur, la nourriture est faite de souvenirs. Je ne saurais pas dire aujourd’hui si la cuisine de ma grand-mère est bonne ou pas mais dans mes souvenirs, c’est la meilleure du monde.


Son autre dada, la photo

4 dates dans la vie de l’artiste canadienne

1986 Naît à Montréal. Est mannequin, animatrice TV, actrice, illustratrice, photographe.

2010 Devient Miss Météo au «Grand Journal» de Canal Plus, puis chroniqueuse au «Petit Journal».

2012 Premier rôle au cinéma dans «Astérix et Obélix: au service de Sa Majesté». Suivent une dizaine de films.

2015 Joue dans «The Walk – Rêver plus haut» (sortie le 28 octobre). www.charlottelebon.com


L’un de ses dessins

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Texte: Miguel Cid

Photos: Canadian Press/REX Shutterstock, Charlotte le bon

Publication:
lundi 26.10.2015, 14:30 heure



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