Plus le palmier est grand, 
plus la récolte de ses fruits 
est pénible. Ici, dans 
une palmeraie de Malaisie.

Chèvres cherchent parrains

Dans le village grison d’Ardez, les chèvres sont prêtes pour la montée à l’alpage. En les parrainant, vous pourrez les suivre durant tout l’été.

Il est 9 h. La rue principale du village est plutôt calme, comme d’habitude. Juste deux femmes qui vont faire leurs courses et le facteur qui distribue le courrier. Pourtant, une certaine agitation se fait sentir. Du haut de la rue, où les ruines du château de Steinsberg semblent veiller sur le bourg grison, un tintinnabulement de clochettes se fait entendre.
Ce bruit vif et léger est suivi d’une voix qui appelle: «Vegna, vegna!» Soudain, un troupeau de chèvres envahit la route. Le claquement des petits sabots retentit sur l’asphalte. Les façades peintes des maisons renvoient l’écho des clochettes. Marchant devant le troupeau, Jon Paul Thom court dans tous les sens. Il ne sait plus où donner de la tête pour faire filer droit ses chèvres… et les empêcher de déguster les si appétissants bacs à fleurs accrochés aux fenêtres.

Les ruines du château de Steinsberg dominent Ardez.

Ce joyeux cortège s’échauffe en vue de la montée à l’alpage de Valmala, qui aura lieu dans deux semaines. Là-haut, à plus de 2100 m d’altitude, l’herbe verdit plus tard qu’à Ardez, qui se situe à 1470 m. Cette «course de démonstration» offre aux jeunes animaux l’occasion de se mesurer, car ceux qui domineront le troupeau durant les trois prochains mois doivent être forts et agiles.

Halte pour se désaltérer à la fontaine du village.

Près de 140 chèvres monteront à l’alpage de Valmala cette année. «Une quarantaine proviennent d’Ardez et les autres des localités environnantes, de Lavin à Sent», précise Jon Paul Thom. L’éleveur fait partie des dix-sept paysans membres de la corporation d’alpage pour lesquels les chèvres sont un revenu d’appoint, outre les bovins laitiers ou à viande et des moutons. «Il s’agit d’abord de préserver la diversité de l’économie de montagne.»
Le troupeau comprend plusieurs races: deux bons tiers de chamoisées alpines, un tiers environ de chèvres grisonnes à raies, plus quelques chèvres du Toggenbourg et quelques chèvres paon.
Au milieu du troupeau gambade une petite chose tachetée qui ne ressemble pas vraiment à un cabri. «C’est un agneau, lance en riant un berger. Sa mère a eu des jumeaux mais n’avait pas assez de lait pour les deux agneaux, alors une des chèvres l’a adopté.»

«

La solidarité est une question 
de survie pour 
les paysans de montagne»

La solidarité est une question de survie pour les paysans de montagne. D’où leur satisfaction de pouvoir bénéficier du soutien du Parrainage Coop pour les régions de montagne. «Pour nous, il est important que les fromages et les autres produits de l’économie alpine soient davantage connus des consommateurs, explique Jon Paul Thom. Grâce au parrainage de chèvres, nous avons la possibilité d’entrer en relation directe avec les clients.» 
Déclarations confirmées par les faits: au cours de la saison passée, des marraines et des parrains de toute la Suisse ont pris le chemin d’Ardez et de l’alpage de Valmala pour rendre visite à leur chèvre. Ils ont tous reçu un bon morceau de fromage de chèvre en guise de remerciement.
La fromagerie de Valmala est en de bonnes mains. Sabine et Thomas ne sont plus des novices puisqu’ils y effectueront leur dixième année. La production fromagère exige beaucoup de travail. Autant qu’avec les vaches, sauf qu’une chèvre donne bien moins de lait: environ un litre par jour.

Les plus fortes s’imposeront durant l’alpage.

Le Parrainage Coop pour les régions de montagne apporte aussi son aide pour l’assainissement des alpages. Soutien que les paysans de montagne savent apprécier à sa juste valeur. «Les nouvelles exigences légales occasionnent des frais élevés, déclare Jon Paul Thom, et si nous devions les supporter intégralement, la garde des chèvres ne serait plus rentable.» Raison pour laquelle la vente des fromages d’alpage de chèvre dans les magasins Coop est si importante. Ce d’autant plus que la viande de chèvre, exception faite des cabris de Pâques, n’est plus guère consommée aujourd’hui. Mais le parrainage de chèvres pourrait éventuellement entraîner un changement des habitudes de consommation dans ce domaine aussi.

«

Il faut deux 
bergers pour traire les chèvres et fabriquer 
les fromages»

Les jeunes animaux qui s’ébattent dans la prairie n’en ont cure. Ils mettent tellement d’énergie à courir et à sauter que le soir ils doivent tomber de fatigue. Laissons leurs rêves les emporter vers des alpages où l’herbe est bien grasse en été.

Parrainage Coop

Aide aux montagnards

Le Parrainage Coop pour les régions de montagne s’investit depuis plus de septante ans pour de meilleures conditions de vie et de travail des populations de montagne. C’est une organisation à but non lucratif. Les frais administratifs étant assumés par Coop, les dons sont intégralement investis dans des projets pour les régions de montagne.

www.coop.ch/parrainage