Plus la teneur en tanins est élevée, plus le vin sera de bonne garde.

Choisir un vin qui se bonifiera

Vieillissement des vins La bouteille que vous avez réservée pour une grande occasion et conservée des années durant peut s’avérer décevante… ou excellente si vous avez choisi un vin qui vieillit bien. 

Tous les amateurs de bon vin rêvent de déguster un cru de caractère tout droit sorti d’une bouteille poussiéreuse. Nombreux sont donc ceux qui stockent des caisses entières dans leur cave. Mais quelle frustration si, au moment de le déguster, le précieux breuvage se révèle imbuvable! Le choix du vin est souvent primordial car, de nos jours, les bouteilles vendues dans le commerce sont destinées à être consommées relativement rapidement, «c’est-à-dire dans les deux ans tout au plus», selon Jan Schwarzenbach, œnologue et responsable de la vente directe de vin chez Coop. Quelques crus toutefois (environ 5 à 10% des vins commercialisés) se bonifient avec le temps, révélant alors toute leur saveur.

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Le tanin, facteur clé

Chaque vin renferme des arômes variés, qui se répartissent en plusieurs catégories. Aux arômes fruités (baies, herbes, fleurs, etc.) provenant directement du raisin, se mêlent ceux issus de la fermentation, tels que les arômes vanillés ou les arômes grillés de l’élevage en barrique. Les arômes tertiaires se développent lors du vieillissement en bouteille, uniquement si les conditions requises sont réunies.
Selon la règle générale, plus la teneur en tanins est élevée, plus le vin sera de bonne garde. C’est le cas de certains cépages rouges comme le cabernet sauvignon, le nebbiolo, le sangiovese ou la syrah. Si cette règle n’est pas absolue (le cabernet sauvignon chilien, par exemple, est destiné à être consommé de suite), Jan Schwarzenbach précise qu’elle s’applique relativement bien aux productions européennes.
Les bordeaux et les bourgognes sont souvent considérés comme particulièrement aptes au vieillissement, en raison notamment de leur prestige et des prix exorbitants affichés par certains crus.
Pourtant, tous les bordeaux et tous les bourgognes ne se ressemblent pas. Les crus bordelais qui valent vraiment la peine d’être conservés sont souvent produits par les grands châteaux. En ce qui concerne les bourgognes, mieux vaut privilégier les grands crus et les premiers crus, et uniquement s’ils sont d’un bon millésime.

Les blancs aussi

Jan Schwarzenbach tient à nous rassurer: «Il est aussi parfaitement possible de conserver des vins achetés à un prix raisonnable et qui se révéleront tout à fait plaisants à la dégustation.»
Le spécialiste cite ainsi le Château Mongravey Margaux AOC Cru Bourgeois, le Rioja DOCa Reserva Cune Imperial ou encore le Lavaux AOC Dézaley Grand Cru Clos des Moines. «De nombreux amateurs de vin ignorent qu’un bon chasselas évolue très bien», nous confie l’expert. Lors de la garde, ses arômes fleuris ou fruités s’éclipsent soudainement pour laisser place à des notes de noix, de nougat et de miel.
Les vins blancs présentent donc eux aussi des capacités de vieillissement indéniables, conférées par l’acidité. Un bon riesling peut ainsi séjourner quelques années en cave. Sans oublier les vins blancs liquoreux particulièrement aptes à se bonifier.
En définitive, quel que soit le type de vin, mieux vaut mi-ser sur la qualité si l’on veut laisser ses bouteilles prendre la poussière pour en apprécier plus tard le précieux contenu.

Potentiel de garde deux candidats

Barolo DOCG Pio Cesare, 2010

Un barolo classique: équilibré et élégant. Un bouquet très épicé avec des arômes de fût, de clous de girofle, de genévrier et de coriandre, un vin équilibré et élégant. Longue finale agrémentée de tanins modérés et bien mûris. Accompagne pâtes, rôtis, fromage.
Prix: 59 fr. 50/75 cl

Château Mongravey Margaux AOC Cru Bourgeois, 2012

Robe dense, rouge pourpre; nez ouvert, à la fois épicé et fruité, aux arômes de prune mûre et de bois noble. En bouche, déploie une matière complexe, au fruit prononcé, portée par des tanins robustes. Compagnon des viandes rouges poêlées ou grillées.
Prix: 29 fr. 95/75 cl

Un beau chasselas

L’experte

Marie Linder, spécialiste en vin

Marie Linder, spécialiste en vin
Marie Linder, spécialiste en vin

Le chasselas est le prince incontesté du terroir d’Epesses, au cœur de Lavaux. Le vin issu de ces terrasses abruptes et ensoleillées est volontiers proposé en apéritif, mais il est aussi remarquable aux côtés de nombreux plats tels que les mets aux fromages, les poissons du lac, le ris de veau ou la cuisine exotique. Très couramment bu en Suisse romande et parfois même peu considéré, ce vin est d’une complexité étonnante. Il faut prendre le temps de le déguster pour en déceler toutes les subtilités. Cet Epesses «Rives d’Or» est un beau chasselas avec son parfum qui se montre minéral en première approche olfactive puis qui s’ouvre sur des notes fruitées. Il a une belle présence en bouche, égayée par une touche de gaz carbonique, et se termine par une jolie pointe d’amertume.

Lavaux AOC Epesses Rives d’Or, 2014

Prix: 10 fr. 95/75 cl
Origine: Suisse, Vaud
Cépage: chasselas
Maturité: 2015-2017
Disponible: dans les grands magasins Coop ou sur:
www.coopathome.ch

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www.mondovino.ch
Regula Bättig
Photo:
Colourbox, SP
Publication:
lundi 19.10.2015, 14:00 heure

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