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Jacques Wullschleger
écrit le 17.07.2018 dans Sports collectifs


Christa Herrmann, ancienne internationale de rugby

"Le rugby féminin? Il est ouvert à toutes les filles". Dans la vie et dans son quotidien, partout, Christa Herrmann, 30 ans, est à la fois généreuse et énergique, pétillante, douce volontaire et combattante. "J'ai de très fortes convictions. Si je me rends compte qu'elles sont biens et qu'elles valent la peine d'être défendues, je me bats. Je fonce."

Elle ne joue plus au rugby, un sport qu'elle a tout de suite aimé; d'abord à Zurich, puis à Lausanne, dans un rôle différent. "Mon énergie, je dois la répandre ailleurs. Sinon, je ne suis pas bien." À la Fédération de Suisse de rugby, Christa Herrmann est présidente de la commission féminine. Elle est entourée, les hommes sont en majorité. "Mais on m'aide." Est-elle entendue ou écoutée? La nuance est de taille.
"Parfois, répond-elle avec ce sourire qui ne l'a quitte presque jamais, et j'aimerais bien que cela soit plus facile."

A la fédération, tout le monde est bénévole, sauf la secrétaire générale et le DTN (directeur technique national). "J'ai un poste à 20%", précise la Zurichoise, qui ne pouvait pas ne pas y "travailler", rendre tout ou partie ce que ce sport lui a donné. "Je me rappelle que j'avais découvert le rugby un jour d'hiver à Zurich, en janvier dans des conditions imaginables. L'entraîneur, poursuit-elle, nous avait demandé de faire 100 pompes, puis 100 fois ça et encore 100 fois ça. C'était assez militaire mais personnellement ça m'avait plu. Les filles? Elles m'ont bien accueillie et cela a joué un rôle important pour mon intégration et pour la suite. Oui, ce que j'ai vécu à Zurich est inoubliable. Cette période est la plus belle de ma vie sportive."

Le rugby gomme les complexes

Le rugby féminin? "Il est ouvert à toutes les filles", affirme Christa Herrmann. "Il y a une image à casser -sois belle, mince et gentille-. On peut être forte, combattante et travailler ensemble, quelque soit sa morphologie. Le rugby permet de créer et de s'exprimer, il développe un formidable état d'esprit. Ce sport donne énormément de confiance dans la vie. Il gomme d'éventuels complexes, permet d'être soi-même, de se dire qu'on a des qualités, de les découvrir, de les mettre en pratique. Le rugby est unique parce que tout le monde peut y jouer." Et les contacts? "Il y en a bien sûr mais ils sont respectueux. On peut les éviter aussi, avec de la technique. La solidarité est aussi une des vertus de ce sport. Et les troisièmes mi-temps - autres moments forts - font partie de son histoire."


Encore aujourd'hui, mais l'écart s'amenuise petit-à-petit, il y a plus de joueuses de rugby en Suisse-allemande qu'en Suisse-romande. En 2016-2017, il y avait environ 250 personnes licenciées dans le pays, ce nombre a doublé à l'heure qu'il est. Des campagnes de recrutement ont lieu, des initiations se développent un peu partout.

Le rugby à 7 est plus rapide et plus athlétique que le 15. "Mais au rugby à 15, il y a une place pour tout le monde, dans la mêlée où le poids domine", souligne Christa Herrmann. "Le rugby à 7 est plus sélectif, il faut un cardio davantage performant."

Une LNB nouvelle

En Suisse, il existe un championnat de rugby à 15, pas à 7. S'il y a bien sûr une LNA, la LNB n'est âgée que d'une année et le titre est revenu au RC Albaladejo Lausanne féminin, qui a été promu au terme de la saison 2017-2018.

L'équipe de Suisse des dames n'a été reconnue par la fédération qu'en 2011, année du premier match officiel. "En 2009, rappelle Christa Herrmann, les gens de la fédé ont vu un de nos matches. Ils ont été séduit par notre engagement et notre travail, promis une intégration rapide avec des structures." Avant d'être officiellement reconnue par la fédération, l'équipe de Suisse avait disputé beaucoup de matches amicaux contre des formations proches de la frontière. "A l'époque, ajoute Christa Herrmann, il était plus facile d'être internationale tout bonnement parce qu'il y avait moins de joueuses."

Il existe un championnat d'Europe de rugby féminin à 15, avec 6 nations, comme  chez les hommes, pour le tournoi les réunissant chaque année. L'Allemagne et la Belgique, la Hollande et l'Espagne viennent en suite dans la hiérarchie. "Il y a plus de licenciées que chez nous, dans ces nations, il y a une tradition." La Suisse, elle, occupe une autre position, mais toujours dans le top 20.

Le budget de la Fédération se monte à frs 800'000.-(licences, inscriptions pour les championnats, etc). L'objectif? "On aimerait avoir une équipe de U16 et une équipe de U18. Une campagne de séduction et de promotion (écoles, collèges, lycées, etc) est prévue au printemps 2019. Une journée qu'on espère fructueuse."

Du CIO à une start-up

Christa Herrmann se bat. Elle a des idées, lance des programmes, mais ça bloque quelque part et elle sait où. Histoire de budget. Elle n'est pas du genre à céder au découragement. Qu'on se le dise! Elle a travaillé au CIO, au département des Jeux,  en 2015 et en 2016. "Là, j'ai beaucoup appris, je me suis aussi battue pour plein de choses mais on m'a dit et j'ai compris qu'il fallait que je me calme un peu..." Alors, elle a dû mettre parfois de l'eau dans son vin, elle qui aime voir des résultats, avoir un impact direct sur telle ou telle situation.

Si le rugby occupe une place importante dans sa vie, Christa Herrmann qui a en poche un Bachelor en géo et en sciences du mouvement, a pour autre passion la nature et la planète. "Mon ami lance une Start-up, à Lausanne, qui a pour cadre la biotechnologie (durabilité, création de matériaux biodégradables). Il est Docteur en microbiologie. Je lui donne un coup de main."

Palmarès

Christa Herrmann est née le 13 novembre 1987 à Zurich.

Ancienne internationale suisse de rugby.

A commencé le rugby au Rugby club Zurich, devenu le GC club Zurich.

Elle compte une quinzaine de sélections avec la Suisse.

A joué alternativement au rugby à 7 et au rugby à 15. Au rugby à 7 de 2007 à 2013, au rugby à 15, de 2009 à 2016.

Avec l'Albaladejo club rugby féminin Lausanne, elle a remporté le titre de championne de Suisse de LNB la saison dernière (2017-2018). Promotion en LNA.

Dans ce club, créé en 2015, elle est coach, entraîneur et manager. "Et ça suffit, dit-elle, souriante, mais j'ai le soutien des filles."

Elle est présidente de la commission féminine (au sein de la Fédération de Suisse).

Depuis 2017, elle est membre de la Commission européenne de rugby féminin. Elle y est secrétaire intérim.

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Jacques Wullschleger

 

Un fou de sport. Et le mot est faible. Jacques Wullschleger  a consacré sa carrière au journalisme sportif, d’abord pour la «Feuille d’avis de Lausanne» (devenue «24 heures») dès 1972, puis au «Matin» dès 1984. Son palmarès parle pour lui: plusieurs Coupes du monde de football, des Tours de Romandie et d’innombrables championnats de hockey, tennis, natation, patinage artistique… Au final, des milliers d’articles, mais aussi des événements et des rencontres qui ont marqué l’homme.

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