Christian Constantin (60 ans), président du FC Sion, le club avec lequel il a gagné un championnat et sept fois la Coupe de Suisse.

«Je ne suis pas si méchant que ça»

Christian Constantin Son club et sa valse d’entraîneurs, son ego, ses peurs et son monde, son acharnement au travail: bienvenue chez le boss du FC Sion.

C’est l’homme le plus explosif et le plus imprévisible du football suisse. Depuis qu’il est président du club de Sion, celui-ci a changé au moins deux fois d’entraîneur par saison. Personnage volcanique et charismatique, à personnalité forte et contrastée, Christian Constantin sait faire parler de lui, en bataillant par exemple contre le «système» et dans les médias.
Nous le rencontrons à Martigny, dans son bureau d’architecture, en ce début de saison plutôt réussi en Super League pour le FC Sion, mais décevant au niveau européen.

«

À 4 ans, j’allais avec mon père sur les chantiers. Je suis parti de rien»

En deux mots, dites-nous ce que signifie être président d’une équipe comme le
FC Sion?
La principale préoccupation d’un président, c’est le budget. Tout le monde croit que, dans ce milieu, l’argent tombe du ciel. Je m’efforce tous les jours de tenir les comptes au mieux. Diriger le FC Sion signifie également représenter une région. C’est une grande responsabilité. En 2003, j’ai sauvé le club de la faillite. Je pense que c’est le genre de chose que les gens n’oublient pas.

Au grand gala public de votre club, vous vous êtes produit à plusieurs reprises en tant que chanteur. Faut-il voir en vous un homme qui cherche à tout prix à être sous le feu des projecteurs?
Notre gala a attiré pas moins de 8000 supporters. C’est l’un des plus importants au monde et il est destiné à faire entrer dans nos caisses plus d’un million de francs. Pour attirer les gens, il faut faire quelque chose de spécial, ça me semble évident. Je ne fais que jouer le jeu.

Vous êtes un entrepreneur de réputation internationale. Comment avez-vous réussi à vous frayer un chemin dans votre métier?
À l’âge de quatre ans, j’accompagnais déjà mon père sur les chantiers. Il en a aujourd’hui 85 et travaille encore la pierre. Il a toujours travaillé d’arrache-pied. J’ai attrapé le même virus. Je suis parti de rien, j’étais simple dessinateur. L’immeuble dans lequel nous nous trouvons, je l’ai acquis de Gianni Agnelli. Il était destiné à devenir l’emblème de Fiat en Suisse, mais le projet n’a pas abouti.
Il abrite aujourd’hui les bureaux de mon entreprise, le siège du FC Sion, mais aussi un hôtel et un restaurant qui m’appartiennent.

Vous avez donc tout sous la main…
Notre centre est fantastique. Le terrain d’entraînement du FC Sion se trouve à quelques mètres seulement. Je suis quelqu’un qui veut tout avoir sous contrôle.

À propos de Gianni Agnelli, vous êtes toujours un grand supporter de la Juventus?
Oui. Cette équipe me plaît. De temps en temps, je prends mon avion privé pour me rendre à Turin voir les Blancs et Noirs. Je vole souvent, j’ai deux pilotes.

Aujourd’hui, Tramezzani est votre entraîneur. Mais jusqu’à quand?
J’ai proposé à Tramezzani un contrat de deux ans. D’ordinaire, je ne le fais jamais. J’ai une grande confiance en lui, car c’est un type ambitieux. Sa renommée me rappelle celle de Capello et Conte.

Depuis que vous êtes président, le FC Sion change d’entraîneur tous les quatre à cinq mois. Comment annoncez-vous leur licenciement aux intéressés?
En début de saison, nous fixons les objectifs avec l’entraîneur. Je lui demande toujours de quoi il a besoin pour les améliorer. Si les résultats ne sont pas au rendez-vous quelques mois plus tard, je me manifeste et je lui demande ce qui se passe. Souvent, c’est l’entraîneur qui me dit qu’il n’y arrive pas.
Je n’ai jamais fait la guerre à mes entraîneurs au moment de la séparation. Je n’ai eu de petits problèmes qu’avec Gilbert Gress. Beaucoup sont même revenus au FC Sion et ils ont travaillé à plusieurs reprises pour moi. Lorsque je licencie quelqu’un, ce n’est jamais un rejet définitif.

Vous n’avez pas parfois l’impression de gaspiller de l’argent?
Non. Il y a toujours moyen de trouver des compromis. Quand un entraîneur est touché dans sa fierté, c’est à lui de proposer un arrangement. Vladimir Petkovic a également été entraîneur au FC Sion pendant une courte période. Oui, avant que la Lazio ne nous l’enlève pour une coquette somme. Le foot fonctionne ainsi. Il faut se faire une raison. J’ai une estime sans borne pour Petkovic. Son équipe nationale suisse m’enthousiasme. Elle joue bien et elle est solide.

Un nouveau championnat a commencé. D’après vous, quelqu’un sera-t-il en mesure d’arrêter le FC Bâle?
Il faudrait qu’une autre équipe relève cet exploit. C’est difficile.

Le FC Sion, par exemple?
Nous représentons une ville de 30 000 habitants et un canton de 335 000 personnes. Ce que nous faisons est déjà un miracle. Ceci dit, j’y crois toujours. Par le passé, vous avez déjà offert une raclette aux supporters visiteurs du stade de Tourbillon.

Pourquoi ne le faites-vous plus aujourd’hui?
L’idée était de créer un climat serein au stade. Quelques groupes de supporters, surtout ceux qui venaient des grandes villes, ne l’ont pas compris. Il y a des gens qui viennent assister à une rencontre uniquement pour créer des problèmes. Le fait est que les sanctions qui visent les ultraviolents ne sont pas encore assez sévères.

En 2011, vous avez été l’un des instigateurs d’une intense bataille avec la FIFA à cause de quelques joueurs qui ne pouvaient pas être déployés sur le terrain. Comment avez-vous vécu cette période?
Comme un jeu. Le FC Sion a été pénalisé de 36 points. Blatter et Platini se sont comportés particulièrement mal. J’ai été le premier à dénoncer leurs «affaires». Je n’ai peur de rien.

Vraiment?
Je ne crains qu’une seule chose. C’est qu’il arrive malheur aux personnes qui me sont chères. Tout le reste est relatif.

Qu’en est-il de ce projet du Matterhorn Center, à Abu Dhabi?
Il s’agit d’un complexe de luxe avec stade adjacent. Une structure qui devrait rappeler, par sa configuration, le Cervin. L’idée était qu’il soit prêt en 2022, l’année des mondiaux au Qatar. Mais dans cette région, la situation géopolitique est tendue. Je ne sais pas comment cela finira. Peu importe. J’ai encore beaucoup d’autres projets.

Restons dans le domaine du luxe. Est-il pour vous synonyme de bien-être?
Je possède bon nombre de biens immobiliers. Je me permets également quelques caprices comme piloter une Ferrari. Mais pour moi, le bien le plus précieux, c’est le temps. J’adore gagner du temps. Contrairement à l’impression que je donne, je ne suis pas impulsif. J’ai besoin de temps pour réfléchir, pour penser aux meilleures stratégies.

Avec qui prenez-vous les décisions les plus importantes?
Je les prends seul. Le conseil d’administration idéal est composé d’un nombre impair de personnes, inférieur à 3.

Ça doit être plutôt compliqué de travailler avec vous!
Demandez à ma secrétaire. Elle aurait pu prendre sa retraite mais n’a pas voulu pour pouvoir continuer à travailler avec moi. Preuve que je ne suis pas si méchant que ça.

Un président nommé CC

«Je me permets quelques caprices, comme piloter une Ferrari.»

«Je me permets quelques caprices, comme piloter une Ferrari.»
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Christian Constantin est né le 7 janvier 1957 à Ayent (VS). Architecte et promoteur immobilier, il est président du FC Sion depuis 2003. Il avait déjà dirigé le club entre 1992 et 1997. Dans le passé, il a été footballeur semi-professionnel au poste de gardien de but. Il a endossé, entre autres, les maillots de Neuchâtel Xamax et du FC Lugano. En tant que président du FC Sion, il a remporté un championnat, mais aussi la Coupe suisse à sept reprises. Il a trois enfants: deux filles et un garçon, Barthélémy, directeur sportif du club de foot valaisan.

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texte:
Patrick Mancini
Photo:
Sandro Mahler
Publication:
lundi 07.08.2017, 13:55 heure



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