Christian Pahud: «Parce que je suis amateur de tout!»

Rencontre Christian Pahud, le musicien lausannois qui est aussi plasticien, est hyperactif. Qui est cet artiste passionné, nominé au Grand Prix suisse de musique?

Vous êtes un artiste multifacettes. Vous jouez de la batterie, de la guitare, du piano mais êtes aussi compositeur et plasticien. Comment vous décrivez-vous?
Je suis un homme à tout faire. Spécialiste de rien mais amateur de tout. Je suis un peu dans la dissolution. J’ai essayé de lutter contre ça parce que je croyais perdre mon temps. Mais je me suis rendu compte à la longue que c’est simplement ma manière de fonctionner. Je suis également éparpillé en dehors de mon univers musical, car je suis enseignant en arts visuels et géographie dans un collège et professeur à l’ÉCAL.

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Vous avez fondé trois groupes de musiques de styles distincts. Comment définissez-vous chaque formation?
Il y a d’abord eu Honey For Petzi que j’ai monté vers 17 ans avec des amis pour offrir notre version du rock. Ensuite, Larytta s’est mis en place il y a dix ans. Notre dernier album est un mélange d’électro, teinté de pop, mais pas seulement. On y ressent de multiples influences de rock, de musiques du monde, etc. Mais le prochain opus tiendra une ligne plus stricte. Et finalement le groupe Bombers est plutôt orienté sur de longues plages musicales, entre l’électro, le rock et la musique ambient. Avec ces trois groupes, nous ne nous prenons pas trop au sérieux mais travaillons par contre de manière super-professionnelle. C’est une dichotomie idéale et très importante pour moi!

D’où vient cette boulimie créative?
Voilà une question que je me pose souvent! Je ne suis pas sûr que cette hyper-activité soit saine, c’est peut-être une échappatoire. Faire des choix a toujours été compliqué et j’ai peur de rater des choses. Je me sens plus à l’aise dans la peau de l’outsider. C’est peut-être une stratégie inconsciente pour être dans la position favorable de l’amateur et non du spécialiste. Mais je me soigne! (rires)

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Je tente de maîtriser des énergies et distordre des idées»

On imagine vos journées bien remplies…
Je me lève à 6 h pour donner mes cours à partir de 7 h 30 entre le collège de Prilly et l’ÉCAL. Une fois que j’ai terminé mes enseignements et préparé les suivants, ma deuxième journée commence et se prolonge tard dans la nuit. Je suis un petit dormeur, quelques heures me suffisent.

Une vie sans musique serait…
Déprimante et inenvisageable! Je réinvestirais cette énergie dans l’art plastique, mais ça ne serait pas pareil.

Qu’avez-vous à dire à travers vos créations?
Je n’ai pas de message spécifique. D’ailleurs la musique à message m’a toujours beaucoup ennuyé. Je tente surtout de maîtriser des énergies et de distordre des idées. Concrètement, quand on a commencé avec Larytta, on est parti d’une structure très pop, très tube, que l’on a ensuite cassée avec des bizarreries sonores.

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La musique, c’est viscéral. J’ai d’ailleurs commencé par la batterie pour pouvoir m’investir physiquement.»

Une baguette, en fin de vie

Le dernier album de Larytta s’intitule «Jura». Les paysages suisses vous inspirent?
Non, ce n’est pas à proprement parler une source d’inspiration. Au début de ce projet, nous voulions faire une comédie musicale et le Jura nous a fait fantasmer car c’est un canton plutôt atypique. Il est jeune, progressiste, tout en étant rural. Et nous imaginions que les filles y étaient décomplexées (rires). Finalement, nous avons choisi ce mot pour le titre de l’album aussi pour sa polysémie.

Et vos sources musicales?
Mon répertoire est très riche et diffus. Le seul style qui ne m’influence pas est la musique baroque. Sinon je passe du rock des années 1990, aux expérimentations sonores des années 1960, à l’électronique des années 2000, à la pop R’n’B, aux musiques du monde de Bali au Maroc, etc.Ça part dans tous les sens mais dans chacun de ces genres, je cherche la qualité.

Quels sont vos projets?
Avec le groupe Bombers nous finalisons un album qui sortira à la fin de l’année. Sinon, je travaille sur divers projets solos pour 2016. Je ressens l’envie de me produire à nouveau seul sur scène.

Dans dix ans, vous vous imaginez…
Je ne me fixe pas d’objectifs précis en musique. Jour après jour, je construis mes morceaux, à la façon d’un artisan. Ce n’est pas un manque d’ambition, je veux simplement que ça dure.

Sa pédale de distorsion

4 dates dans la vie de l’artiste

1978 Naissance le 14 juin à Lausanne, dans une famille de deux garçons.

1997 Il crée son premier groupe, Honey For Petzi. Suivront les groupes Larytta et Bombers.

2001 Honey For Petzi est le premier groupe suisse à enregistrer dans les studios de Steve Albini, à Chicago.

2015 Il est le plus jeune nominé cet automne au 2e Grand Prix suisse de musique.

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Texte: Sophie Dorsaz

Photos: Darrin Vanselow

Publication:
lundi 09.11.2015, 12:30 heure



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