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Jacques Wullschleger
écrit le 26.07.2016


Christian «Kiki» Crétin, ancien hockeyeur, musicien

Kiki Crétin: «Silver Dust, c’est mon bébé.»

On a rencontré Kiki Crétin, prénommé aussi Christian, à Porrentruy, un jour de grand soleil, de fête dans les rues. Il serre des mains «Bonjour mon Kiki!», lui dit-on, «J’adore la mise en scène de ton concert que j’ai vu samedi, la guitare, c’était super!», manifeste une jeune et jolie femme blonde sur la terrasse d’un bar à café où nous nous installons à l’ombre. D’une humilité rarissime et très à l’écoute «Je suis attentif aux personnes qui m’entourent, je déteste le conflit et j’aime les choses simples, si quelqu’un n’est pas bien, je vais tout faire pour qu’il aille bien», il a un mot pour tout le monde. Sa sensibilité est énorme. Lui, le musicien de rock «Par moment métal», précise-t-il, est d’un calme (d’)étonnant.

Avec «Silver Dust» (groupe de rock né en 2013), Kiki Crétin prépare une tournée européenne de 2 mois (octobre et novembre); formidable récompense. «Nous jouerons en première partie de «Lordi », annonce-t-il. «Il y a 10 ans, les Finlandais (groupe formé en 1992 par Mr Lordi, chanteur et auteur-compositeur et costume-concepteur) remportaient le concours de l’Eurovision. Pour eux, cette tournée marque un anniversaire.»

(c) Stéphane Harnisch

En quelques mots, comment se sont déroulées les tractations?
Nous avons un super manager. Les contacts duraient depuis un bon bout de temps (site, vidéos, performances live). En juin dernier à Interlaken avec «Silver Dust», nous avons gagné le concours   du Greenfield Festival (grand festival de musique). J’imagine que ça a eu une incidence sur notre engagement définitif.

Le fait d’avoir été un gardien de hockey de haut niveau vous aide-t-il dans votre carrière de musicien?
Oui, au niveau mental et de la concentration; de la discipline et de la rigueur aussi. Quand on est gardien on doit mettre ses camarades en confiance, être calme. Je suis de nature calme. Avec mon groupe, je suis le même. Je dois apporter de la sérénité à tout le monde. Nous sommes 4, il y a un batteur et 3 guitaristes, deux Jurassiens et deux Chaux-de-Fonniers. J’écris la musique et les textes, j’assure la mise en scène. Je m’occupe, également, des pochettes; j’aime le graphisme. Je propose plein de choses, nous en discutons. Je suis fan de mes musiciens. Ils sont exemplaires, les meilleurs pour «Silver Dust».

Vous êtes guitariste, mais votre implication va au-delà…
… Faire de la musique constitue le 20 à 30% de mon activité. Le reste, c’est du business, avec tout ce que cela implique, structurellement parlant. Il faut savoir se vendre et se faire connaître.

Est-ce dur ou compliqué d’être musicien en Suisse?
Avec l’écroulement du marché du disque - d’où la plus grande cherté des billets pour un concert - c’est dur dans le monde entier et donc pas qu’en Suisse. En Suisse, il y a moins d’ouverture qu’aux Etats-Unis, qu’en Allemagne ou qu’en Angleterre. Il y a de plus en plus de groupes, de musiques. Le niveau est très élevé. Pour être efficace et performant, il faut être clean, sérieux et travailleur. Et on bosse. On fait bosser le cœur aussi, pour avoir une bonne condition physique. Durant la tournée, on va jouer presque tous les jours. Il faut être en forme et performant. Les années drogues et alcools ? C’est totalement has been. Les 4, nous sommes hyper clean. C’est notre vie, notre philosophie. Nous nous devons d’être efficaces. C’est très important pour réussir.

Vous avez parlé d’un niveau global très élevé. Ne faut-il pas dès lors se démarquer?
Il faut trouver une identité. Nous avons un look victorien. Des personnes nous ont dit que «Silver Dust» avait un look «Timbertonnien». C’est un compliment. «Silver Dust» est un groupe qui se veut théâtral. C’est un domaine dans lequel on souhaite évoluer. Le public ne veut plus seulement écouter un concert, il vient aussi pour le regarder. Il aime la musique, le rêve, le côté spirituel et le  mystère. Ce qu’on présente plaît à tous les publics. Les très jeunes aiment ce qu’on fait. («Silver Dust» se produira à la Braderie de Porrentruy, le 27 août, dernier concert avant la tournée.)  

L’aspect théâtral fait donc partie de votre univers musical…
…Oui, «Silver Dust» a la possibilité de s’ouvrir à différents angles et thèmes, visuels et vivants. Sur scène nous avons un miroir magique. On peut y voir (notamment) un duo avec un organiste, on joue la Toccata de Bach, avec une chanteuse soprano. C’est très beau. On plonge les spectateurs dans un univers, on l’emmène dans le mystique, dans l’intemporel. Avec nous, il y a quatre acteurs.

Jusqu’à quel âge peut-on «faire» de la musique ?
ça dépend le concept et le succès. Prenez «Kiss», les musiciens ont dans la septantaine. Si cela fonctionne, on peut jouer très longtemps. Durer. Ce qui est important, c’est d’avoir une discipline de vie, ainsi que du respect pour les valeurs (comme dans le sport). De bien s’entourer, aussi.

Kiki Crétin et le hockey

Asthmatique dès l’âge de 3 ans, Kiki Crétin découvrit le hockey sur glace tardivement. A 12 ans et demi. Quatre ans plus tard, il était un joueur pro à Ajoie. «A 14 ans et demi, dit-il fier, je jouais en sélections nationales. » Il avait beaucoup travaillé – déjà – compensant le retard qu’il avait sur ses camarades. «Pour vaincre mon asthme, le médecin m’avait dit de faire du sport, mes parents, qui sont toujours là, papa et maman sont mes idoles, m’ont toujours encouragé, ce qu’ils ont fait aussi après, quand je me suis lancé dans la musique.»

Le rêve de Kiki Crétin? C’était d’être habillé comme Olivier Anken, formidable portier de hockey,   son autre idole, mais sportive. Pourquoi gardien? «En regardant du hockey la télé, j’avais flashé pour ce poste.» C’est avec le HC Ajoie que Kiki Crétin commença sa vie de hockeyeur. «Comme j’avais du retard au niveau de la préparation, j’ai pensé, naïvement, que le rôle de gardien, qui bouge peu, serait facile. Tu parles…» Jusque-là, Kiki Crétin doutait de lui, n’osait pas accomplir certaines choses. Le sport l’a sorti d’un certain isolement, lui a permis de surmonter une fragilité, vaincue aujourd’hui et depuis longtemps. Grâce au sport, Kiki Crétin s’est accompli. Il y a acquis des outils de vie qu’il utilise tous les jours dans la musique.

Olivier Anken? «Un jour, il m’a appelé, je me suis dit que quelqu’un me faisait une blague », raconte Kiki Crétin, qui n’en est pas encore revenu. Il m’a dit: «Kiki, dans une année, je vais m’arrêter;  alors pour préparer l’avenir, viens jouer à Bienne.» Ce qu’il fit. «Quel cadeau! J’ai beaucoup appris grâce à lui.» Ce fait d’histoire est survenu alors que le HC Ajoie venait d’être promu en LNA.

Kiki Crétin et les mulots

Avec son premier salaire versé par le HC Ajoie, Kiki Crétin s’est acheté une guitare, un ampli et des pédales d’effets. «Je jouais dans un garage. Un jour une voisine me dit: «Je suis très contente que vous ayez acheté une guitare. Grâce à vous, il n’y a plus de mulots dans les champs. J’aurais voulu qu’elle me dise que je jouais bien.»

Il sourit, le leader de «Silver Dust», artiste d’une grande douceur. «En musique, poursuit-il, je suis  un autodidacte. Comme je doutais de moi, à cause de mon asthme qui m’empêchait de faire ce que faisait les autres, je n’osais pas prendre des cours, et jouer  devant des personnes.» Depuis 1993, il a commencé très sérieusement à jouer de la guitare. Il s’est mis à composer, à travailler sa virtuosité. «J’étais en admiration devant Steve Vai, guitariste de Kiss.»

La philosophie de vie de Kiki Crétin? « La réussite, ce n’est rien si on ne peut pas la partager», dit-il, affirme-t-il même. «J’aime le partage, ça me rend heureux.» Il créé des pubs pour les radios, il voue sa vie à la musique, du matin au soir, il passe énormément de temps à la programmation musicales électroniques. «Je vais écrire une musique pour John Howe, illustrateur canadien célèbre pour son travail sur l’univers du «Seigneur des anneaux.» 

Quand Kiki Crétin n’est pas en tournée, ni en composition, il enseigne la guitare et la basse. Il a une coach vocale, Mannalia, une assurance tout risque notamment en anglais, langue aux accents qu’il faut maîtriser et prononcer parfaitement dans le chant.

Là aussi, ses parents sont fiers de leur fils. «Gamin, mes parents m’ont montré qu’avec rien, on peut y arriver. Ils m’ont aussi toujours dit: «Kiki, tu peux faire ce que tu veux, mais il faut bosser.» Mission hautement accomplie.   

(c) Stéphane Harnisch

Palmarès

« Kiki » Crétin est né le 13 juin 1973 à Porrentruy.
Ancien hockeyeur (gardien)
A été pro à l’âge de 16 ans.
A joué avec Ajoie (1988-1993), Bienne (1983-1995), Rapperswil (1995-1996), Ajoie (1996-1997), Bienne (1997-1999). A mis fin à sa carrière en 1999.
A connu l’ascension LNB-LNA avec Ajoie au terme de la saison 1991-1992.

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Jacques Wullschleger

 

Un fou de sport. Et le mot est faible. Jacques Wullschleger (62 ans) a consacré sa carrière au journalisme sportif, d’abord pour la «Feuille d’avis de Lausanne» (devenue «24 heures»)dès 1972, puis au «Matin» dès 1984. Son palmarès parle pour lui: plusieurs Coupes du monde de football, des Tours de Romandie et d’innombrables championnats de hockey, tennis, natation, patinage artistique… Au final, des milliers d’articles, mais aussi des événements et des rencontres qui ont marqué l’homme.

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