Christina Maria Rieder (alias Rykka) au bord du lac de Zurich, avant Stockholm, dès le 12 mai.

«Mon objectif est toujours de gagner»

Eurovision Avec «The Last Of Our Kind», l’Helvético-Canadienne Christina Maria Rieder (alias Rykka) sera notre ambassadrice à Stockholm, avec sa niaque et ses atouts. Rencontre.

Les représentants de la Suisse ont toujours nourri de grandes ambitions pour le concours Eurovision, mais personne n’a atteint le top 10 depuis Vanilla Ninja, en 2005. Grâce à «The Last Of Our Kind», une ballade obsédante, et cette assurance typiquement américaine, la chanteuse Rykka (30 ans) réitérera-t-elle (au moins) l’exploit du groupe féminin originaire d’Estonie? Sa voix et son charisme comptent parmi ses atouts.

Nous sommes au bord du lac de Zurich, que représente pour vous cet endroit ?
Depuis que je vis à Meilen, je vais régulièrement nager à la belle saison. En compagnie de mon mari ou de nos colocataires, je pique-nique presque chaque soir sur la plage avec une grande salade et tout ce qui me fait envie. J’habite à seulement 15 minutes à pied d’ici.

Pourquoi avoir loué une vieille ferme?
Ici, j’ai l’impression de vivre en pleine nature. Le jardin est si grand que tout ce que j’ai planté ne suffit pas à le remplir, et ce malgré toutes les heures que j’y ai consacrées l’été dernier. En outre, nous nous chauffons au bois, ce qui fait que nous ressentons nettement le changement de saison.

Pourquoi vivre en couple au sein d’une colocation?
Je suis heureuse de pouvoir partager la maison avec 6 artistes, étudiants et autres passionnés qui ont un mode de vie similaire au mien. On s’inspire et on se soutient mutuellement. Nous formons une grande famille. Quand j’ai passé sept heures à écrire une chanson et que le résultat me déçoit, ça me fait du bien d’être entourée de personnes connaissant elles aussi ce genre de frustration...

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La première fois que j’ai chanté en Suisse? À Lausanne »

En quoi la Suisse est-elle différente de Vancouver, la ville où vous avez grandi?
Ici, tout est plus petit, et plus mignon aussi! Au Canada, quand on roule pendant deux heures, on n’est pas loin de son point de départ ; en Suisse, on a presque franchi la frontière! (Elle éclate de rire) J’aime les cours d’eau et les montagnes. En tant que Canado-Suisse, j’affirme avec fierté que je suis originaire des deux plus beaux pays que j’aie jamais vus.

Pourquoi possédez-vous deux passeports?
Un jour, mon grand-père a quitté le canton de Bâle-Campagne pour ouvrir une boulangerie suisse car il était fasciné par la beauté sauvage du Canada avec ses immenses forêts, ses ours et ses pumas. Le plus drôle, c’est que j’ai été conçue à Adelboden ; l’un de mes oncles, mon père et ma mère – qui est hollandaise – avaient été engagés par le club de hockey de la ville pour compléter l’équipe durant une saison. Je suis toutefois née peu de temps après leur retour.

Pourquoi êtes-vous venue vous installer en Suisse il y a six ans?
J’avais l’intention de fêter Noël en famille, puis de travailler quatre mois à Berlin. Mais la même semaine, j’ai fait la connaissance de mon mari à Bâle et j’ai signé un contrat avec la maison de disques Little Jig Records, à Lucerne. Depuis lors, la Suisse est devenue mon port d’attache, que je quitte toutefois régulièrement pour me rendre au Canada.

Jamais sans sa guitare Fender

Timothy Jaromir, votre mari, est également musicien. Vous arrive-t-il de travailler ensemble?
Oui, et cette année, nous allons sortir les premières chansons de notre album en duo. Parallèlement, Timothy développe un projet en solo pour lequel il écrit des textes en anglais sur des musiques rock et pop, et il travaille également en tant qu’éducateur spécialisé et musicothérapeute auprès de personnes handicapées.

Pourquoi avoir changé votre nom d’artiste en 2013?
À mes débuts, j’étais plutôt jazz et folk, et je trouvais que Maria Christina se mariait bien avec mon style de musique. Mais avec «Kodiak», mon troisième album au style plus rock, plus ambitieux et plus audacieux, j’ai voulu un nouveau nom, et en surfant sur Internet, je suis tombée sur Rykka, un prénom scandinave. Un signe du destin quand on sait que la finale de l’Eurovision aura lieu à Stockholm…

De plus, ce ne serait pas la première fois qu’une Canadienne remporterait la victoire pour la Suisse...
Comme je n’avais que 2 ans en 1988, je ne l’ai évidemment pas vécu en direct, mais l’ai appris en écoutant les commentaires télévisés. J’avais déjà découvert Céline Dion grâce à la chanson du film «Titanic» [«My Heart Will Go On»] que ma mère jouait en boucle sur son piano.

Mes deux passeports, mais je me sens très Suisse!

Comment est née votre chanson pour l’Eurovision?
Ma chanson «Movies» raconte l’histoire de deux personnes qui se réfugient dans un monde artistique pour échapper à la réalité. Comme j’avais déjà sorti ce titre, je ne pouvais pas le présenter lors des épreuves éliminatoires en vue de l’Eurovision. J’ai donc écrit une sorte de suite avec mes coauteurs canadiens: les deux personnes se soutiennent mutuellement malgré le monde qui s’écroule autour d’eux. «The Last Of Our Kind» est un hymne à la force de l’amour.

Selon vous, quelles sont vos chances de remporter la victoire à Stockholm?
Mon objectif est toujours de gagner lorsque je participe à un concours. Ma mère, qui pratiquait le hockey sur glace et le baseball à très haut niveau, m’a appris qu’il fallait se fixer des objectifs toujours plus élevés.

Et quel est votre objectif concernant l’apprentissage des langues nationales?
Je suis également très ambitieuse dans ce domaine, même si j’ai passé beaucoup de temps  sur les routes ces dernières années. En octobre dernier, j’ai suivi un cours intensif d’allemand pendant quatre semaines. Cela m’a permis de comprendre au moins la moitié des questions qui m’ont été posées hier lors d’une interview, avec l’aide d’un traducteur...

Dans quelle mesure la langue française vous est-elle familière?
À Vancouver, le français était notre première langue, mais il ne m’en reste pas grand-chose. Le Québec est à six heures de vol, c’est loin. J’ai de bons souvenirs de la Suisse romande. A l’âge de 14 ans, je suis allée à un festival à Lausanne avec mes parents, et lorsque j’ai demandé si je pouvais jouer, on m’a laissé monter avec ma guitare acoustique sur la grande scène où j’ai pu interpréter mes chansons pour la première fois en Suisse. Mon concert au Festival de Jazz de Montreux en 2010 était très sympa. Le soleil se couchait juste au moment où nous étions en train de nous produire dans le parc. C’était un spectacle magnifique!

4 dates dans la vie de la chanteuse

2008 Pendant cinq mois, elle parcourt et apprend à connaître l’Asie avec sa guitare.

2010 Elle vient en Suisse pour la musique et y rencontre son mari, Timothy.

2013 Elle remporte la finale du concours Peak Performance Project, à Vancouver (100 000 dollars).

2016 Le 12 et 14 mai, elle participera à la demi-finale et à la finale de l’Eurovision, à Stockholm.

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texte:
Reinhold Hönle
Photo:
Christoph Kaminski
Publication:
lundi 25.04.2016, 13:55 heure



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