Tania Gfeller (35 ans) apprécie le temps qu’elle passe avec les vignerons des domaines.

Cinq domaines aux petits soins

Portrait Adepte des méthodes douces et de biodynamie, Tania Gfeller, œnologue HES, est responsable des vignobles de la Ville de Lausanne. Rencontre à Mont-sur-Rolle.

C’est jour de vendange à Mont-sur-Rolle (VD). Dans la cour du magnifique domaine de l’Abbaye de Mont, quelques personnes s’affairent à la réception du raisin.
Tania Gfeller, œnologue responsable des cinq domaines appartenant à la Ville de Lausanne, profite de son passage pour partager quelques moments autour de la trieuse: «J’aime garder ce contact avec la terre. Je suis œnologue de formation, mais je supervise toute l’activité des vignobles: la vigne et la cave, mais aussi la vente et la promotion. C’est un métier polyvalent où l’on doit s’intéresser à tout. Même s’il est clair que c’est avant tout un travail d’équipe.»

Une deuxième formation

La passion du vin ne lui a pas été transmise par sa famille. «J’y suis arrivée par la gastronomie et le côté convivial. J’ai fait une première formation dans l’hôtellerie qui m’a permis de rencontrer des sommeliers, puis des vignerons. C’est cela qui m’a donné envie de recommencer des études dans ce domaine.» Ce qu’elle n’a pas hésité à faire à 24 ans. «J’ai commencé par un stage d’une année chez Didier Joris à Chamoson, suivi d’une formation de trois ans et demi à Changins avec, entre deux, une maturité professionnelle. Une vocation assez classique et un peu sur le tard en somme. Comme c’est souvent le cas, à l’exception des filles et fils de vignerons.»
Pour Tania Gfeller, la cuvée 2014 s’annonce plutôt bien. «C’est bien mieux qu’on pensait. Tout compte fait, la vigne n’a pas tant souffert. Ici, à l’Abbaye de Mont, les vendanges sont jolies. On a dû faire face à un peu de mouche suzukii sur un cépage rouge. Tout s’est stabilisé avec les nuits fraîches et on a ainsi pu laisser le raisin plus longtemps à la vigne.»
La jeune femme travaille pour la Ville de Lausanne depuis août 2011. «Ça me plaît énormément. On a beaucoup de projets en cours qui commencent à aboutir. Ce qui est sûr, c’est qu’on se dirige vers la biodynamie, en tout cas pour les deux domaines de La Côte. Le domaine d’Allaman travaille déjà en biodynamie depuis 2009. J’espère que celui-ci passera aussi en reconversion dans les deux ans. Pour les trois domaines situés en Lavaux, c’est encore en réflexion. La configuration du terrain rend la chose un peu plus compliquée.» Elle sait qu’elle n’est qu’un maillon de la chaîne. «On essaie de donner une âme à ces beaux domaines historiques. D’assurer leur continuité en ne les marquant pas trop avant de les transmettre. Ça ne nous appartient pas.»

Vente à la criée

Avec ses cinq domaines totalisant 33 ha, la Ville de Lausanne est le plus grand propriétaire public de vignoble de Suisse. «Nous produisons entre 300 000 et 400 000 bouteilles par année, dont la grande majorité sont vendues, depuis 212 ans, lors de la traditionnelle vente aux enchères qui se tient chaque deuxième samedi de décembre. Une quantité oscillant entre les deux tiers et les trois quarts de la production est vendue ce jour-là en une demi-journée. C’est là que Coop achète ses lots.» Si les transactions sont exprimées en litres, le vin est livré en bouteilles étiquetées au domaine. «La totalité de la production est mise en bouteille à la propriété. Nous n’autorisons pas le décavage en vrac.»
Aujourd’hui, Tania Gfeller est aussi à l’aise dans le monde du vin qu’un poisson dans l’eau. «Je suis née en France, pays qu’avaient choisi mes parents lorsqu’ils ont quitté le Chili en 1978 après le coup d’État de Pinochet. À 13 ans, je suis venue en Suisse. J’y ai suivi toute ma formation et je suis mariée avec un Suisse. Je me sens bien ici.»

Dézaley de la ville de Lausanne

Clos des Moines 2013

Ce Dézaley de la Ville deLausanne est disponible chez Coop. Un bouquet floral subtil avec des notes de pierre à fusil et exotiques, souple à l’attaque, puissant, ample en bouche, classique, très long avec des notes minérales rondes en finale.
22 fr. 50/75 cl

Un Cava charmeur

L’experte

Marie Linder, spécialiste en vin

Marie Linder, spécialiste en vin
Marie Linder, spécialiste en vin

Issu du savoir-faire des descendants de Josep Raventós, cet élégant Cava est élaboré selon la méthode traditionnelle, dans les caves labyrinthes de Codorníu en Catalogne. Produit par l’entreprise familiale la plus ancienne d’Espagne, c’est un cru tout en finesse et en complexité où l’on décèle au nez des notes de résine, de fleurs blanches, de levures fraîches et une belle minéralité.
Il faut le boire à petites gorgées afin de profiter de la sensation raffinée des bulles qui perlent en bouche. Son équilibre est subtil entre cette pétillante vivacité et un côté volumineux, fruité et charmeur. Pour obtenir ce beau cru, en l’honneur de Monsieur Josep Raventós qui a créé sa première bouteille de Cava en 1872, c’est l’assemblage de chardonnay, xarello et macabeo qui a été choisi.

Codorníu Selección Raventós brut

Prix: 14 fr. 95/75 cl
Origine: Espagne
Région: Catalogne
Cépage: chardonnay, xarello, macabeo
Maturité: 2 ans après achat
Disponible: dans les grands points de vente ou sur:
www.coopathome.ch

Anne-Marie Cuttat

Rédactrice

Photo:
Patrick Gilliéron Lopreno
Publication:
lundi 20.10.2014, 08:00 heure

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