Physiologiste à Agroscope, Vivian Zufferey mène des essais de gestion de l’alimentation en eau de la vigne.

Climat et vignes: quel avenir?

Météo Le réchauffement climatique annoncé entraînera de facto une modification des cultures et donc de la vigne. Éclairage avec Vivian Zufferey, scientifique à Agroscope.

Le milieu viticole est concerné de près par les changements climatiques. Un pan entier de l’économie romande se retrouve dans une situation délicate. En cause? La gestion de l’eau et l’augmentation des températures. Depuis près d’une centaine d’années la station de recherche Agroscope à Pully (VD) mène l’enquête.

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Adapter les techniques?

«On sait que le réchauffement climatique se poursuivra. En revanche, on ignore de quel ordre sera l’augmentation des températures, et si les précipitations s’intensifieront ou non, explique Vivian Zufferey (50 ans), scientifique à Agroscope. C’est le défi: la gestion de l’eau et des maladies que peut engendrer un surcroît de précipitations.» De fait, des essais de gestion de l’alimentation en eau de la vigne sont menés sur une période de cinq à dix ans. «Tous nos essais sont vendangés séparément. Des vinifications et des dégustations sont réalisées en suivant méticuleusement les processus de la vigne au vin.»
Conditions climatiques, inter-action avec le terroir, mesure de la photosynthèse et de la transpiration de la vigne en fonction des niveaux de stress hydrique: les facteurs étudiés sont nombreux. «Les professionnels suivent de très près nos recherches. Nous travaillons en étroite collaboration avec de nombreux viticulteurs à leur demande, en analysant, vinifiant et dégustant les vins de certaines de leurs parcelles. Ils se demandent par exemple s’il faut adapter les techniques pour assurer les rendements en cas de sécheresse.»

Nos vignes en 2100

Résultats? Une augmentation des températures semble pour le moment profitable à la viticulture suisse, à de rares exceptions près. «Les cépages blancs comme le chasselas ou l’arvine semblent plus sensibles au stress hydrique (ndlr: manque d’eau) que les rouges. Ces derniers s’accommodent volontiers d’un stress hydrique modéré qui favorise la maturation des raisins et une couleur intense des vins. Cela promet à l’avenir des millésimes de super qualité.»
Alors concrètement, selon les prévisions climatiques, que se passera-t-il en 2100? «C’est extrêmement difficile de se projeter sur une si longue période. Au début du XXe siècle, personne n’aurait pu décrire le visage viticole de la Suisse en 2016, tant les évolutions techniques et les conditions économiques ont varié.»
Il y a un siècle, le Valais, premier canton viticole du pays, comptait 1000 ha de vignes et non 5000 comme actuellement. Le pinot noir, le gamay et le chasselas y étaient cultivés à petites doses. Aujourd’hui, ils représentent 80% des surfaces. «Si l’on se réfère uniquement à la température, une augmentation de l’ordre de 2 °C à 3 °C d’ici 2100 serait profitable à nos vignobles.» Une meilleure maturation des raisins, une diversification de l’encépagement vers des cépages plus tardifs aux exigences plus élevées comme le cabernet ou la syrah en sont quelques exemples. «En revanche, si les changements climatiques se révèlent plus contrastés que prévu – avec une hausse de 5 °C à 6 °C et de possibles risques d’événements extrêmes liés à des températures caniculaires ou des sécheresses périodiques – des effets négatifs pourraient apparaître à l’avenir.»

Ravageurs sous la loupe

L’augmentation des températures pourrait drainer un problème d’envergure: l’émergence de nouveaux ravageurs, à l’instar de la fameuse drosophile suzukii, une mouche des fruits qui s’attaque aux vignes également. Elle n’est pas la seule, et le phénomène s’est installé dans la durée. Agroscope étudie de très près cette thématique par le biais de son département de phytopathologie, l’étude des maladies des plantes causées par des insectes, des virus, des bactéries, des phytoplasmes et des champignons.

Finesse et dureté

L’experte

Marie Linder, spécialiste en vin

Marie Linder, spécialiste en vin
Marie Linder, spécialiste en vin

Ce vin porte une robe d’un rouge clair et limpide très typique des pinots. Il propose au nez des parfums de petits fruits rouges. Son attaque au palais est très légère et se poursuit en crescendo avec l’apparition d’une acidité dynamique et en fin de bouche une présence de tanins jeunes, légèrement âpres. Ce pinot, contrasté entre finesse et dureté, appelle un accord mets et vins réfléchi et raffiné. On peut l’imaginer avec une viande délicate et tendre, nageant dans une sauce riche, un filet de lapin avec une réduction à la sauge et à l’huile d’olive, des cuisses de grenouilles à la crème et aux herbettes de printemps. On peut le boire sur sa jeunesse pour profiter de son fruité, de sa fraîcheur et de sa nervosité ou alors le laisser reposer environ deux ans à la cave pour attendrir sa finale.

Bourgogne AOC Château de Dracy 2014

Prix: 9 fr. 95/75 cl
Origine: France, Bourgogne
Cépage: pinot noir
Maturité: 2–4 ans après la récolte
Disponible: dans les grands points de vente ou sur:

www.mondovino.ch
Sophie Dürrenmatt
Photo:
Darrin Vanselow, Nicolas de neve
Publication:
lundi 13.06.2016, 14:37 heure

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