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Dimitri a transformé l’une de ses maisons en petit musée.









Clown Dimitri: «je fais le plus beau métier du monde»

Le clown Dimitri débute ces jours une tournée romande réunissant les temps forts de ses 55 ans de carrière. Rencontre chez lui au Tessin.

Chez vous, Dimitri, c’est le paradis.
C’est le destin qui m’a amené ici, il y a cinquante ans. Ces trois bâtisses plantées au milieu de 7,4 hectares de forêt, en partie inaccessible, étaient en vente depuis dix ans et personne n’en voulait. Nous n’avons pas hésité une seconde. Nous avons acheté cela pour trois fois rien.

Ce qui ne vous empêche pas de repartir en tournée en Suisse romande.
Un clown ne prend pas sa retraite et je voulais marquer les temps forts de mes 55 ans de carrière. J’ai déjà joué ce spectacle plus de 150 fois et je me réjouis de retrouver le public romand.

«

Je reste clown, même démaquillé»

Vous venez donc de passer 55 ans dans la peau d’un clown.
C’est pour moi le plus beau métier du monde, mais aussi un métier exigeant. Pour lequel il ne suffit pas d’avoir du talent, il faut aussi de la passion. Si on arrive à réunir le talent, la passion et la forme physique, ce n’est plus tellement difficile. Ça va tout seul.

Quittez-vous la peau du clown?
Jamais, même une fois démaquillé. Je garde mon côté clown dans la vie. J’aime bien rigoler, faire des blagues. C’est différent pour un acteur qui, lui, laisse son personnage dans la loge une fois le spectacle terminé. On ne peut pas rester jour et nuit dans la peau d’un assassin…

Parvenez-vous à transmettre cette passion à vos étudiants?
Dans notre école, la Haute école de théâtre du mouvement, à Verscio, je remarque assez régulièrement un ou une élève ayant des prédispositions pour la clownerie. Je les encourage, malheureusement sans grand succès. Les jeunes ne sont plus guère attirés par le clown qu’ils trouvent trop naïf, pas assez intellectuel, pas assez fou… Ils préfèrent les «stand-up comedies», à l’américaine.

Une marionnette sculptée par son père

Une marionnette sculptée par son père
Une marionnette sculptée par son père

Et qui vous a transmis sa passion?
À 7 ans, je suis allé voir le spectacle du cirque Knie et j’ai découvert les numéros du clown Andreff. Dès cet instant, mon choix était fait.

Vous avez pourtant choisi la céramique comme première formation.
Pas vraiment par hasard. Mon père était sculpteur et peintre. Il a notamment sculpté une centaine de marionnettes pour le théâtre qui existait à l’époque à Ascona. Ma mère était aussi très artiste. Il était donc normal que je choisisse une formation dans ce créneau. C’est très créatif de travailler avec ses mains.

C’est quand même le clown qui a gagné.
Je voulais déjà bien sûr être clown, mais comment fait-on quand on a 15 ou 16 ans? Il y avait en ce temps-là une fameuse école, celle du Cirque de Moscou. Les Russes s’appliquaient à monter des numéros originaux alors que nos clowns répétaient toujours les mêmes gags. Mais pas question d’aller à Moscou, la guerre froide rendait les choses trop difficiles. Je suis arrivé à la clownerie par le théâtre et le mime, notamment en travaillant au côté du mime Marceau.

Un des milliers d’éléphants de sa collection

Un des milliers d’éléphants de sa collection
Un des milliers d’éléphants de sa collection

Et, peu après, vous avez rencontré Gunda.
J’en suis tombé trois fois amoureux et je le suis toujours. J’avais 13 ou 14 ans lorsque j’ai croisé Gunda pour la première fois. Je l’ai revue par hasard à Ascona trois ou quatre ans plus tard, mais nos chemins se sont séparés. Moi, je continuais d’avoir un faible pour elle et je l’ai retrouvée en 1960 à Zurich. Je ne l’ai plus quittée.

Le début d’un amour pour la vie.
Ma femme avait un enfant d’un premier mariage lorsqu’on s’est mariés. Il a toujours fait entièrement partie de la famille. Qui s’est agrandie avec l’arrivée de nos deux fils et de nos deux filles. Aujourd’hui, nous sommes aussi neuf fois grands-parents.

Vous étiez un père souvent absent.
J’ai énormément voyagé, sur les cinq continents. Une dizaine de tournées au Japon. Sur le continent américain, j’ai joué dans plus de 200 villes. Je connais presque tous les pays d’Europe. C’était assez dur pour ma femme qui s’occupait des enfants tout en dirigeant le théâtre. Gunda est une femme forte qui a parfaitement assumé tout cela. Mais nous avons aussi vécu de très beaux moments ensemble, notamment lors des trois saisons que j’ai faites avec le cirque Knie. On a vécu trois périodes de neuf mois en roulotte, avec tous les enfants. Une expérience magnifique.

Et la Famiglia Dimitri?
Ce spectacle m’a permis de réaliser un de mes rêves. Partir en tournée avec David, Nina et Masha et son mari. La Famiglia Dimitri nous a emmenés jusqu’à Broadway. Nous travaillons actuellement à un nouveau projet. Avec lequel je ne pense toutefois pas retourner à Broadway, même si je fais encore quelque 140 spectacles par an…

Programme de la tournée romande

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Anne-Marie Cuttat

Rédactrice

Photo:
Charly Rappo/arkive.ch
Publication:
lundi 29.09.2014, 14:50 heure



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