En 2016, 303 hectares étaient consacrés à la culture du colza bio en Suisse, contre quelque 23 000 hectares pour le colza non bio.

Colza bio: du champ à 
la bouteille

Culture Coop lance sur le marché une huile de colza bio, pressée à froid, 100% suisse. C’est une grande première dans notre pays! Visite chez un paysan producteur de colza bio Bourgeon.

Proposer à sa clientèle une huile de colza bio Bourgeon à base d’une matière première 100% cultivée et transformée en Suisse est un projet qui tient particulièrement à cœur à Coop. «Coop soutient l’agriculture suisse, aussi avec ce projet. Le colza, en particulier, est considéré comme une culture difficile dans l’agriculture biologique. Cela nous réjouit par conséquent d’autant plus qu’en collaboration avec différentes organisations, comme par exemple Bio Suisse, il soit désormais possible d’obtenir en Suisse du colza bio en quantités suffisantes. Nous pouvons ainsi proposer ce produit tout au long de l’année à notre clientèle», explique Michael Sieber, responsable Produits convenience non périssables/Féculents chez Coop. Maintenant que le projet est sur les rails, le détaillant en attend beaucoup et notamment «que la bonne collaboration se poursuive avec les différentes organisations qui ont accompagné ce projet afin de pouvoir promouvoir, à l’avenir également, la culture de colza bio en Suisse», précise Michael Sieber.
À Alle, en Ajoie, région jurassienne bien connue pour ses damassiniers, Pierre-Alain Migy (24 ans) est un de ces agriculteurs qui a voulu relever le défi de produire du colza bio. Certifié Bio Bourgeon depuis 2016, il exploite environ 40 hectares de terres agricoles, dont deux hectares sont consacrés au colza bio. Il cultive la variété «Sammy», une des deux recommandées en Suisse avec «Vision». «Dans l’agriculture biologique, il est interdit de traiter avec des produits chimiques, rappelle-t-il. Un des principaux soucis avec le colza bio est représenté par les ravageurs, des insectes qui perforent les boutons floraux pour se nourrir de pollen. Résultat: des boutons vides et des pédoncules sans siliques (ndlr: fruit qui renferme les semences).» Les boutons vides ne fleuriront pas, donc pas de graines. Et sans graines... pas d’huile. 

En plus des ravageurs, comme le méligèthe et le charançon, les producteurs doivent aussi faire face aux maladies typiques du colza, dues à des champignons. Sans compter les mauvaises herbes qui, sans le savoir-faire des paysans, envahiraient les cultures et étoufferaient les plantes de colza. «En général, les variétés bio fleurissent avant les autres, à une période où ces insectes ne sont pas encore trop présents», souligne Alexandre Aubry (27 ans), responsable bio pour le Jura et le Jura bernois chez Landi Arcjura. «Une fois le colza en fleurs, le méligèthe devient un auxiliaire pollinisateur», ajoute Pierre-Alain Migy. Quant aux mauvaises herbes, il existe des techniques pour en venir à bout même sans herbicide: «Une méthode efficace consiste à mélanger des graines de colza bio et des sous couverts, comme par exemple des lentilles, des gesses ou du fenugrec, indique Pierre-Alain Migy. Ces plantes ne résistent pas au gel hivernal et au printemps, il ne reste que le colza.»

Pierre-Alain Migy dans son champ de colza bio quelques semaines avant la récolte.

Une autre façon de travailler

En bio, les quantités récoltées dépendent beaucoup plus des caprices de la météo qu’en culture conventionnelle et les rendements à l’hectare sont aussi plus bas. Ainsi, si l’on peut récolter entre 3 et 5 tonnes de graines de colza à l’hectare en culture conventionnelle, cette quantité tombe en bio, oscillant entre 1,5 et 3 tonnes dans les bonnes années. En revanche, la quantité de travail est plus élevée: «environ 20% de plus», estime le jeune agriculteur. Dès lors, qu’est-ce qui a pu le motiver à passer du conventionnel au bio? «Des marchés plus attractifs, des meilleurs prix, mais aussi une autre façon de travailler sans utiliser de produits chimiques», répond-il. Et peut-être aussi la satisfaction apportée par de belles et bonnes récoltes, comme celle de cette année. «J’ai récolté environ 6 tonnes de graines de colza bio. Et de bonne qualité!, déclare Pierre-Alain Migy. Je suis plus que satisfait.»

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Jean Pinesi

Rédacteur

Photo:
Heiner H. Schmitt, Getty Images, Beatrice Thommen-Stöckli
Publication:
lundi 04.09.2017, 13:30 heure



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