Personne n’est à l’aise au début d’une soirée de réseautage. Mais quelques astuces permettent de bien s’en sortir.

Comment faire la conversation avec tact

Réseautage Parler de tout et de rien pour tenter de cerner votre interlocuteur, et les intérêts qu’il peut vous apporter, exige tact et doigté. Il y a des erreurs que l’on peut facilement éviter. Nos conseils.

Aussi loin que remonte sa carrière, Didier Grobet a fréquenté les apéros officiels et les soirées de networking (réseautage), dans des cadres aussi différents que la Chambre de commerce, le monde des banques ou les clubs de foot. Par la force des choses, le spécialiste en marketing est devenu l’as des as du bavardage utile, le fameux small talk. Tant et si bien qu’aujourd’hui, il dispense des séminaires. Le public cible? «Avant tout des gens qui ont affaire au réseautage: banquiers privés, chefs d’entreprise, commerciaux…»

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S’adapter à l’audience

Le Vaudois (55 ans) a développé sa tactique. Tout d’abord, se renseigner sur le genre de soirée à laquelle on est invité, afin d’adapter son discours au public. «Avant de me rendre sur place, je fais un tour sur Internet pour me renseigner sur l’actualité, commente Didier Grobet. Je vais aussi sur Wikipedia pour savoir tout ce qui s’est passé à la date du cocktail, quels grands personnages sont nés ce jour-là. Cela permet d’avoir un sujet de conversation tout trouvé: Saviez-vous qu’aujourd’hui, Napoléon aurait fêté ses 247 ans? Toutefois, chacun a sa phrase d’approche, selon ses sensibilités. Vu que le but de ce genre de soirée est le réseautage, un simple À qui ai-je l’honneur? fonctionne aussi très bien.

Manifestez de l’intérêt pour l’autre

Mais parler ne fait pas tout et raconter sa vie au premier venu n’est probablement pas la stratégie gagnante. Il s’agit surtout d’écouter et de s’intéresser à son interlocuteur. «Posez des questions tout en mesurant les risques. Si vous pouvez rebondir sur le sujet de l’autre, c’est gagné. Mais ne faites pas semblant de vous intéresser au polo. Cela risque de se retourner contre vous à la prochaine rencontre. Dites simplement Je ne suis pas un expert ou Je ne m’y intéresse pas.
Le réseauteur le reconnaît, ce n’est pas toujours simple de cerner son interlocuteur et il arrive même au champion qu’il est de fâcher des gens, «quand je les ai mal jugés, que j’ai pris trop de risques». Les questions sur le métier (sujet passionnant donc potentiellement explosif) et sur la famille s’avèrent délicates, tout comme les thématiques religieuses ou politiques.

Trouver la bonne personne

Quand il pénètre dans le lieu de l’apéro officiel, notre expert a ses tactiques. Si de prime abord personne ne lui semble intéressant, il s’approche du buffet et glane des renseignements auprès des serveurs qu’il pourra utiliser par la suite: qui est le traiteur, combien y a-t-il d’invités, qui est le propriétaire de l’hôtel? Ensuite, il vise plutôt les groupes. «C’est un oreiller de paresse que d’aller vers les personnes seules. Souvent, ce ne sont pas celles qui vont vous amener vers le plus de monde. Et vous risquez de vous les coltiner toute la soirée», prévient Didier Grobet. Pour s’en débarrasser, on peut s’en sortir avec une pirouette du genre Je vais profiter de rencontrer d’autres personnes, car on est là pour réseauter.
À l’inverse, ne soyez pas vexé si votre interlocuteur vous quitte de cette manière.
Le groupe, lui, aura tendance à s’élargir pour faire la place au nouveau venu. «Tout le monde veut rencontrer des gens. N’hésitez pas à dire à la ronde que vous souhaitez être présenté au gros poisson de la soirée. Ces demandes sont normales.»

Didier Grobet, réseauteur professionnel

Didier Grobet, réseauteur professionnel
Didier Grobet, réseauteur professionnel
«

Tout le monde veut rencontrer des gens »

Didier Grobet, réseauteur professionnel

Collection de cartes de visite

Si la conversation a été au-delà du small talk, qu’une relation s’est tissée sur laquelle on peut nouer des connections professionnelles, on échangera des cartes de visite. «Ne donnez pas votre carte si vous n’avez pas l’intention de garder le contact.» Sur une soirée de nonante minutes, le spécialiste calcule qu’on passe en moyenne un moment à revoir des gens perdus de vue, qu’on fait la connaissance de deux ou trois personnes intéressantes et qu’un contact durable se crée. «Il faut venir avec un objectif, par exemple nouer contact avec telle personne. Si l’on n’a pas d’attentes, il ne va rien se passer.»

Boire ou discourir, il faut choisir

Si vous êtes fatigué ou pas très en forme, il vaut mieux renoncer à la soirée que de vous montrer sous un mauvais jour, avachi ou irritable.
À peine arrivé, ne vous ruez pas sur le bar et ne descendez pas en vitesse deux ou trois verres pour vous «donner du courage». Il faut que votre discours demeure intelligent du début à la fin de l’événement.
Côté solide, évitez les petitsfours trop gras qui vous gêneront au moment de serrer de nouvelles mains et qui donnent de la brillance aux contours de la bouche.
Attention aussi aux petits morceaux qui peuvent rester coincés entre les dents. En cas de doute, cachez votre bouche avec une serviette ou faites un tour aux toilettes.
Restez décontracté au moment de saluer de nouvelles personnes tout en jonglant, avec dans une main, un verre, et dans l’autre, une assiette de hors-d’œuvre, la bouche pleine; tous les invités connaissent le même problème…

À lire: «Le grand art de la petite conversation», de Debra Fine, aux Éditions Leduc.s

Les onze conseils

  • Restez vous-même
  • Ayez une attitude positive, amicale
  • Allez aux soirées où vous êtes sûr de faire des rencontres intéressantes
  • Si vous êtes fatigué, renoncez
  • Ayez une bonne hygiène buccale et corporelle
  • Interrogez votre interlocuteur sur ses loisirs
  • N’hésitez pas à lui redemander son nom
  • Complimentez-le sur un détail de son apparence: sa montre, un bijou, ses lunettes…
  • Soyez sincère
  • Préparez une liste de thèmes et d’objectifs
  • Doucement avec l’alcool et les petits-fours, afin que l’on ne vous attribue pas une réputation de pique-assiette

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Mélanie Haab

Rédactrice

Photo:
Alamy, SP
Publication:
dimanche 01.05.2016, 14:25 heure



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