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La Corée du Sud est un pays plus montagneux que la Suisse. Ici: vue sur la capitale Séoul.

Centre ville vitré et moderne de Séoul.

L’histoire impériale de la Corée du Sud côtoie la ville moderne.

Partout en ville des échoppes pour boire et manger.

Les vedette de K-pop sont très populaires partout en Asie.

Le moine en chef veille sur 50 moines actifs et organise de séjours spirituels. Cinq secrétaires l’épaulent.

Les pavillons flambants neuf pour accueillir les touristes désireux de s’initier au bouddhisme.

Au Sud de la péninsule, Busan et son gigantesque port. De là, des ferries rejoignent quotidiennement le Japon voisin en quelques heures.

Pêcheur dans le port, près du marché aux poissons.

Corée du Sud: péninsule de contrastes

Voyage Ce petit pays montagneux offre une multitude de facettes à découvrir en toute sécurité et tranquillité. Une destination idéale pour un premier contact avec l’Asie.

Le long du parcours entre l’aéroport international d’Incheon et les gratte-ciel de néons du centre-ville de Séoul, la circulation s’égrène avec fluidité, comme les pas d’une ballerine. Ma première impression est de fouler le sol d’un pays nouvellement construit. Tout semble efficace et parfaitement orchestré: routes droites et larges posées au milieu de reliefs pierreux, ponts gigantesques et lignes haute tension qui traversent les bras de mer de la côte échancrée, HLM desservies par des réseaux de train, bus ou métro.
Hormis un autocollant écorné made in Korea à l’arrière de mon réveille-matin, je ne connaissais presque rien de ce bout de terre en forme de queue de crevette, coincé entre la géante Chine, le Japon et son faux frère de Corée du Nord. Grand comme deux fois la Suisse, le Pays du matin calme s’est forgé une identité forte à travers 3000 ans d’histoire. La Seconde Guerre mondiale a divisé la nation et fait tomber la traditionnelle monarchie. Durant les dernières décennies, les Sud-Coréens ont fourni un formidable effort pour construire une société moderne et performante.

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Mode, wellness, pop et chirurgie

Malgré l’incessante activité de ses 10 millions d’habitants, un calme surprenant règne dans le vertigineux centre-ville de la capitale. Si elle est aujourd’hui un exemple d’urbanisme, cela n’a pas toujours été le cas: «Il y a vingt ans, Séoul était sale», rappelle mon guide Stephan Roemer, directeur de Tourasia, une agence suisse spécialisée dans les voyages en Asie. «À part des hommes d’affaires, il n’y avait pas de tourisme.» Des travaux pharaoniques ont été entrepris. La circulation a été déviée du centre pour créer une zone piétonne et mettre au jour une rivière jadis enfouie sous deux étages de routes et de voies express. 

La santé est une grande préoccupation des Sud-Coréens.

La santé est une grande préoccupation des Sud-Coréens.
La santé est une grande préoccupation des Sud-Coréens.

Grâce à leur esprit d’entreprise et de compétition, les Sud-Coréens sont devenus leaders dans les domaines du design, de la mode et de la santé. Les touristes chinois se ruent sur ce petit pays de 50 millions d’habitants, devenu aujourd’hui très tendance, et sûr. Ils viennent y découvrir les dernières innovations électroniques ou les créations des designers, soit dans d’immenses centres futuristes dédiés au shopping et au wellness, soit dans de petites rues commerçantes ou des salons de thé et de bien-être intimistes, avant d’aller s’éclater dans les bars et les boîtes branchés des quartiers d’Itaewon ou de Gangnam.
Si ce dernier nom vous dit quelque chose, c’est que vous vous souvenez du tube planétaire Gangnam Style du Séoulien Psy, et de sa chorégraphie insolite du cheval (2 milliards du vues sur YouTube. À revoir ci-dessous). La musique sud-coréenne, la K-pop, son cinéma et ses émissions de variétés ont un impact tel que les Chinois n’hésitent pas à recourir aux dons des chirurgiens coréens pour ressembler à leurs vedettes.

Si le made in Korea s’impose comme un gage de qualité, la Corée du Sud ne se résume pas à sa modernité. Sa riche histoire côtoie les buildings vitrés, comme le palais royal de Changdeokgung, un écrin multicolore entouré d’espaces verts, chefs-d’œuvre d’horticulture. Une respiration agréable où l’on sent l’héritage d’une culture en perpétuelle quête d’équilibre et d’harmonie. Vous apprécierez aussi de découvrir les secrets de l’écriture coréenne, visiter ses musées d’art, ou parcourir le labyrinthe des hanok, habitations traditionnelles du village de Bukchon, absorbé par la ville.
Ce passage par le passé permet de dessiner un visage humain sur la glace hypersophistiquée tout d’abord perçue, et d’entamer une rencontre véritable avec ses habitants. Allez les surprendre dans les marchés, voyagez avec eux en bus, en train… Si le contact n’est pas aisé, principalement en raison de la langue, les sourires et gestes de bienvenue sont fréquents. On m’a par exemple offert un bout de kaki dans un train. Mais il n’est par rare de se retrouver seul Occidental  à bord d’une rame de métro où tous feignent de ne pas vous voir. Se renseigner sur les règles de politesse et du savoir-vivre coréennes est une bonne idée, apprendre quelques mots de coréen sera apprécié, et fera rire!

JO d’hiver en 2018

Grâce à un excellent réseau de transports publics, il est facile de s’évader dans un des nombreux décors naturels du pays. On saute dans un ferry pour visiter une des 3000 îles autour de la péninsule. Les marcheurs aimeront slalomer dans les rizières, parcourir les sentiers de randonnée et admirer la peinture des couleurs automnales en forêt. Les hivers rigoureux couvrent de neige les montagnes qui s’élèvent jusqu’à 2000 m et constituent les 70% du territoire. Plus qu’en Suisse! En 2018, la station de ski de Pyeongchang, à deux heures de Séoul, accueillera même les Jeux olympiques. Isolés en montagne, certains temples bouddhistes proposent des stages où l’on peut se familiariser avec la vie monastique: lever à 3 h du matin, méditations et travaux d’entretien. Des logements flambant neufs, dénués de tout confort, accueillent les pèlerins d’occasion. Cette nouvelle forme de tourisme spirituel permet aux religieux de remplir leurs caisses mises à mal par leur popularité en perte de vitesse: 50% des Sud-Coréens se déclarent non religieux, seuls 23% se réclament de la religion officielle, le bouddhisme, 17% sont  protestants et 10% catholiques. Preuve que même dans le domaine de la religion, l’Occident inspire la société sud-coréenne. Les paradoxes qui interpellent le voyageur sont autant de miroirs tendus et d’invitations à s’aventurer dans ce pays mystérieux et accueillant.

  • La tour des tremplins de saut à ski est l’emblème des JO de Pyeongchang de 2018.
  • Les touristes sud-coréens visitent déjà les installations existantes.
  • Le village olympique pousse comme un champignon.
  • La petite ville de Hoenggye a une tradition de sport d’hiver. Ici l’ancien office du tourisme de la station.
  • Les travaux vont bon train pour mettre à neuf le centre-ville.
  • Les nouvelles boutiques sont déjà en place.
  • Les anciennes ont mis la clé sous le paillasson.
  • Les JO promettent un nouvel horizon pour cette région principalement agricole.
  • Le futur stade olympique.
 

Saveurs La Corée du Sud est un paradis du manger sain et local.

Pêcheur sur le marché aux poissons de Busan, la deuxième plus grande ville de la péninsule.

Pêcheur sur le marché aux poissons de Busan, la deuxième plus grande ville de la péninsule.
Pêcheur sur le marché aux poissons de Busan, la deuxième plus grande ville de la péninsule.

Particulière et surprenante, la cuisine de la péninsule se  distingue des mets chinois et japonais. Chaque région a ses spécialités faites de produits locaux. On conseillera de se régaler de poissons et de fruits de mer à Busan, grand port où le marché aux poissons vaut le détour. On peut y faire apprêter son poisson sur place. Les plats les plus populaires sont le bibimbap, un riz nappé de viande et de légumes, et le bulgogi, un barbecue sur braises que l’on sert dans les restaurants.
Le kimchi, légumes lacto-fermentés comme une choucroute, très épicé et au goût aigre, accompagne tous les plats. Il est servi à part, et chacun peut le mélanger aux aliments suivant son goût. Généralement préparé avec du chou, il peut aussi contenir radis, concombres, oignons, ail et gingembre. Les soupes aussi sont presque sur toutes les tables, ainsi que le riz, des nouilles ou des raviolis, et nombre de légumes. L’ail et le sésame sont souvent utilisés. Côté sucré, on retiendra les hangwa, sortes de gâteaux secs multicolores confectionnés à base de farine et de miel qui fondent sur la langue et accompagnent très bien les thés verts fins et autres infusions au gingembre, yuzu ou abricot. On fait aussi du vin de prune ou de raisin. Aborder cette cuisine exige que l’on s’y prépare pour se familiariser avec les plats (site ci-dessous). Quantité de restaurants et fast-foods proposent aussi des mets occidentaux. En Suisse, plusieurs restaurants sud-coréens permettent de prendre goût à l’aventure.

www.hansik.org/fr

Organiser son voyage

Y aller
En été ou en automne.
Décalage horaire +7 h. Korean Air relie sans escale Zurich à Séoul en onze heures: www.koreanair.com

Langue
Si l’anglais est parlé dans les sites touristiques, la population ne le parle que rarement. Adressez-vous de préférence à un jeune. Il est aisé d’apprendre quelques mots de base en coréen.

Tourasia, spécialiste suisse de l’Asie, organise des voyages sur mesure: www.tourasia.ch

Plus de renseignements: www.visitkorea.or.kr

Gilles Mauron

Rédacteur

Photo:
Bernadette Olderdissen, Gilles Mauron, DR, carte Rich Weber
Publication:
lundi 16.05.2016, 14:25 heure