Cyrielle Formaz dans la maison familiale de Choëx (VS) où elle est revenue pour se consacrer à la musique, qu’elle joue et qu’elle écrit.

Je me sens complète dans la musique

Interview Elle a 21 ans et un talent qu’elle ne cesse d’aiguiser. Cyrielle Formaz nous parle de sa musique, de sa vie au quotidien, de ses projets.

Dans la maison familiale retapée par ses parents à Choëx, en Valais, la musicienne Cyrielle Formaz nous accueille entre deux répétitions de son nouveau projet musical. Au mur des tableaux d’instruments, sur la table un gâteau fraîchement sorti du four, à travers les fenêtres un jardin foisonnant. C’est dans cette atmosphère paisible et chaleureuse qu’elle vit et qu’elle partage sa passion pour la musique et les arts avec sa famille.

Cyrielle Formaz, nous vous rencontrons en pleine répétition de votre nouveau projet musical, comment allez-vous?
Ça se passe bien, 2016 est une année très spéciale où tous mes projets s’enchaînent à merveille. C’est certes un peu particulier de revenir travailler à la maison, mais je m’y sens très bien parce qu’il y a une bonne énergie dans cette maison refaite par mes parents. Et je suis entourée par la nature…

Vous avez fondé le groupe Macaô avec Pascal Vigolo, il y a trois ans, pourquoi avoir voulu prendre ce nouveau tournant avec Meimuna, où vous jouez en solo?
Avec le groupe Macaô, nous faisons de la musique de plus en plus rock et énergique, ce qui me plaît beaucoup. J’avais toutefois besoin d’écrire des choses plus intimistes. Je peux mettre en avant mes capacités de guitariste et explorer de nouveaux instruments comme le banjo ou le kalimba. En groupe, cela prend du temps de se mettre d’accord et avancer. Avec Meimuna, je décide de tout rapidement et je peux façonner une musique qui me ressemble plus.

Meimuna, ça signifie?
C’est le nom d’une cigale. En fait, depuis que je suis revenue vivre à la maison, ma maman me surnomme parfois ainsi. C’est donc un petit clin d’œil en sa direction! De plus, la cigale est le symbole même de la musique, mais aussi, dans certaines mythologies, celui de l’immortalité ou de la renaissance… Elle promène avec elle beaucoup d’histoires pleines de poésie.

«

Je suis plutôt inspirée par des artistes anglo-saxons ou américains»

Cyrielle Formaz

Qu’est-ce que la musique apporte à votre quotidien de jeune femme?
Cela fait six mois que je m’y consacre entièrement et c’est génial, je me sens vraiment complète. J’ai ressenti fortement ce besoin; j’ai donc décidé d’arrêter mes études universitaires en histoire de l’art. Je ne sais pas jusqu’à quand je pourrai vivre comme ça. Je profite donc de chaque instant. Après, ce n’est pas toujours facile de s’affirmer face aux gens qui ne comprennent pas toujours ma passion et me croient toujours en vacances…

Quel a été le déclic pour faire de votre passion votre vie?
En octobre 2015, j’ai fait un stage dans le Jura avec d’autres auteurs-compositeurs-interprètes. Cette expérience, très forte, m’a chamboulée et j’ai été incapable de réintégrer les bancs de l’université. La passion a pris le dessus.

Vous avez toutefois baigné dans la culture depuis très jeune…
Oui, j’ai commencé la guitare à 7 ans. Ma maman est musicothérapeute et flûtiste professionnelle. Mon père est professeur de dessin, d’histoire de l’art et chante. J’ai toujours grandi dans cette atmosphère-là. Je leur dois beaucoup car ils ont compris ma passion et m’encouragent à la développer.

Avec Macaô, vous avez touché à plusieurs genres musicaux, du folk à la chanson française en passant par des sonorités électro et rock, comment définiriez-vous votre style?
C’est la magie d’un groupe, car à cinq, chacun amène sa touche personnelle et ses influences. On se rapproche du folk-rock avec des guitares acoustiques et électriques. J’amène un style plutôt chanson française avec mes textes, même si j’en écoute très peu et suis plutôt inspirée par des artistes anglo-saxons ou américains.

Mais certains de vos textes sont inspirés de poèmes de Ramuz ou Baudelaire…
La littérature et l’écriture constituent une autre de mes passions. Le fait de pouvoir la combiner avec la musique est extraordinaire. J’aime prendre le temps d’écrire mais je reconnais aussi qu’il y a des talents ou des œuvres incroyables que l’on ne connaît pas forcément et que j’ai à cœur de mettre en avant dans mes chansons. On retrouvera aussi quelques poèmes dans mes morceaux de Meimuna.

Côté jardin: Cyrielle Formaz près d’une œuvre de son père.

On dit aussi que dans vos bagages vous transportez des crayons et des pinceaux…
Oui, c’est encore une autre facette! (Rires) J’ai fait mes études au collège en arts visuels et mon père m’a transmis le goût du dessin. J’ai longtemps cru que je partirais dans cette direction en faisant une école d’art.
Je m’inspire également souvent d’œuvres visuelles pour composer.
Avec Macaô, nous travaillons en ce moment sur un morceau autour d’un tableau de Gauguin. Et pour mon projet solo, j’ai réalisé un livret illustré avec les paroles de mes chansons. J’ai de la chance de pouvoir tout mêler.

À quoi ressemblent vos journées?
Je joue beaucoup mais il y a des journées où la créativité n’est pas là. Je me mets alors à dessiner, à lire ou à écouter de la musique et j’y trouve des sources d’inspiration. Même en me promenant, je prends conscience de ce qui se joue autour de moi dans la nature et ça peut faire naître des idées, des sentiments… Je me force d’ailleurs à aller à des concerts qui ne m’attirent apparemment pas pour m’imprégner au maximum de styles différents et avancer. Il suffit de ne pas se culpabiliser quand on n’a pas le nez sur une partition! (Rires)

En tant qu’artiste, comment vous positionnez-vous dans la société?
Je suis évidemment persuadée du rôle essentiel de la culture dans la société. Les gens en ont besoin pour s’évader, pour ressentir ou exprimer des émotions, que ce soit au travers des arts visuels, de la musique ou du théâtre… Personnellement, mes chansons et mes dessins m’aident à extérioriser et verbaliser mes pensées. En ce moment, je ne pourrais pas dire que je suis une artiste au service de la société. Sincèrement, je le fais pour moi!

En dehors de ces multiples arts, de quoi vous nourrissez-vous?
De rencontres humaines que je fais lors de stages ou résidences. Au printemps dernier, j’ai eu la chance de participer aux rencontres d’Astaffort où j’ai suivi un stage d’écriture avec Francis Cabrel. Tous ces événements m’ont aidé à avancer.
Et en dehors de ça, je me nourris des bons petits plats de ma maman qui fait tout «maison» et cultive ses légumes au jardin, un vrai bonheur!

Dans cinq ans, vous aimeriez être…
J’essaie de combiner toutes mes passions et j’espère que dans cinq ans je serai encore dans des projets qui les englobent toutes. Je vais sûrement reprendre des études, mais pas à plein temps en devant rester passive sur une chaise, j’ai vu que ça ne me convenait pas.
J’espère aussi que nous continuerons de jouer avec Macaô et que j’aurai conservé un projet personnel plus intimiste, comme celui que j’ai avec Meimuna. J’aimerais aussi poursuivre dans l’illustration… Si j’arrive à mener tout ça de front, ça sera déjà pas mal! (Rires)

Une femme de scènes

Après un premier album en 2013, le groupe Macaô (formé, avec ses fondateurs Cyrielle Formaz et Pascal Vigolo, du guitariste Erik Bonerfält, du batteur Nicolas Bianco et du bassiste Jordi Gabioud) a sorti ce printemps un EP de quatre titres qui a été présenté sur de nombreuses scènes telles que le Montreux Jazz Festival ou Sion sous les Étoiles en première partie de Michel Polnareff. Avec Macaô (macaoband.com), Cyrielle Formaz vient de jouer en concert au Lac Souterrain de Saint-Léonard. Le groupe se produira en trio acoustique dans le cadre de 7Radio (Lausanne) le 21 octobre, puis à la Nuit des musées le 12 novembre, à Sion. Et Cyrielle, en solo et en cigale continue d’être Meimuna.

Commentaires (0)

Merci pour votre commentaire

Ce commentaire comprend-il des contenus douteux?

Le texte va être contrôlé et éventuellement adapté ou bloqué.

Votre commentaire

Vous n'avez pas encore écrit de commentaire!

Ce champ doit être complété. Merci.

Champ obligatoire
Ce champ doit être complété. Merci.





Veuillez recopier le code de sécurité:

$springMacroRequestContext.getMessage($code, $text)






Merci de prendre connaissance de notre charte et ne manquez de respect à personne!

Sophie Dorsaz

Rédactrice

Photo:
Sedrik Nemeth
Publication:
lundi 03.10.2016, 14:05 heure



Login mit Coopzeitung-Profil

Fermer
Fehlertext für Eingabe

Fehlertext für Eingabe

Mot de passe oublié?