Il adore la musique mais se lasserait de ne faire que ça. Et par exemple, il aimerait aussi lancer une marque de champagne.

Il allume les nuits et croit en dieu

Musique Qu’est-ce qui a changé chez le plus fameux des DJ suisses? DJ Antoine nous parle de sa musique, de son fils, de mode, de cuisine. À vos platines!

Connu pour son penchant pour les vêtements voyants et les accessoires qui brillent, le DJ bâlois affiche pourtant un look sobre et sombre lors de notre rencontre dans un palace lausannois. Seules une belle montre et une grosse bague sertie de diamants trahissent les goûts luxueux de cet artiste au succès mondial (Welcome to St. Tropez, Ma Chérie) qui se montre cependant attaché aux plaisirs  simples de l’existence.

La mode, c’est toujours votre truc?
Elle fait partie de ma musique, de mon style de vie. Mais ce n’est pas tout. Je ne fais pas les boutiques chaque semaine. Je ne suis pas non plus toutes les tendances. Chez moi, j’aime parfois porter des survêtements.

Mais vous vous achetez souvent des objets très chers.
Un peu moins que par le passé où je craquais pour des voitures, des montres et des bijoux. Je veux maintenant surtout investir dans des biens immobiliers. Quand on a 20 ans, on ne pense pas à ses vieux jours. Mais quand on en a 40, si. J’achète aussi du vin pour le revendre.

Votre nouvel album s’appelle «Provocateur». Vous semblez pourtant être un garçon plutôt bien élevé…
Je suis provocateur dans le sens où j’aime faire la fête à Saint-Tropez en buvant du champagne et que je porte souvent des habits colorés. Je suis 100% Suisse, et très content de l’être, mais j’ai parfois aussi envie d’être moins sage, ce qui n’est pas très helvétique.

Jamais sans sa boîte de cigares

Votre vie semble géniale: les voyages dans le monde entier, les fêtes, l’argent, les palaces. Mais il y a quand même des aspects négatifs?
Si je pouvais choisir entre me trouver dans ce cinq étoiles ou chez moi, je choisirais la deuxième option. Ce que je préfère, c’est être à la maison avec les personnes que j’aime. Évidemment, c’est super de voyager. J’ai de très bons souvenirs d’endroits où je suis allé, et des gens formidables que j’y ai rencontrés.

Vous avez un fils de 15 ans, Sebastian. Quel père êtes-vous?
Les mardis et les mercredis, mon fils est avec moi, car en principe je suis à la maison ces jours-là. Je fais attention à ses fréquentations, je tiens à connaître ses amis, je n’aime pas qu’il sorte le soir, et s’il le fait, il doit être rentré à 23 h. Par contre, il peut m’accompagner dans les soirées où je mixe. Ce qui est très important pour moi, c’est de lui apprendre à respecter les gens: laisser sa place à une personne âgée dans les transports en commun, par exemple. Également bien se tenir à table, dire merci, être honnête et reconnaissant.

Le sac où il fourre tout, natel, porte-monnaie, casque…

Il veut être DJ plus tard?
Il adore la musique, il a fait le DJ lors de fêtes de famille, il est très talentueux, mais je crois qu’il l’est encore plus dans le domaine de la photographie. C’est une possibilité de carrière pour lui, mais il est jeune, il peut encore changer d’avis.

Votre petite amie, le mannequin Laura Zurbriggen, la nièce de Pirmin, voyage aussi beaucoup. Vous arrivez à vous voir?
On ne peut pas être tout le temps ensemble, mais on se débrouille. Certains couples se demandent où est l’autre lorsqu’ils sont séparés quelques jours, ce qu’il ou elle fait. Mais si on aime, on doit être relax.

Vous êtes catholique pratiquant. Comment conciliez-vous votre croyance avec votre style de vie?
Je vais régulièrement à l’église et j’ai installé chez moi un endroit pour prier avec des statues de Jésus, Marie et Joseph. Je remercie Dieu tous les soirs, nous prions à midi et au moment du dîner. Quand je me produis dans des clubs, j’aime que les clients s’amusent et qu’ils boivent, mais je n’aime pas les voir soûls. Bien sûr, il y a des danseuses à moitié nues, des gens habillés de manière très sexy sur les dancefloors. Je me dis: «Mon Dieu, pourquoi font-ils ça?» Mais ce n’est pas ma décision. Je ne fais que jouer ma musique.

Vous aimez cuisiner?
J’adore ça. Quand j’ai le temps et que je ne suis pas seul, je fais un chateaubriand, un filet de bœuf, du poisson, des légumes ou des pâtes. C’est agréable d’être aux fourneaux tout en parlant ou en buvant du vin.

Qu’est-ce qu’une journée réussie pour vous?
Quand je peux me relaxer, faire ce que je veux, me promener, être avec mes amis et ma famille, sans pression, ni horaire à respecter et le téléphone éteint.

DJ Antoine «Provocateur» (dix-sept titres), Kontor Records.

4 dates dans la vie d’un DJ touche-à-tout

1975 Antoine Konrad naît à Sissach (BL) le 23 juin. Il a une sœur aînée, Chantal, professeure de musique.

2000 Naissance de son fils Sebastian. «C’est ma plus belle réussite. Et nous sommes comme deux amis.»

2012 Il acquiert une demeure près de Bâle. Il aime aussi séjourner dans sa maison de Bourgogne.

2016 Il est en couple avec Laura Zurbriggen et ils le disent. Il sort son album «Provocateur».

Dates de la tournée de DJ Antoine 

Ressentez-vous de la pression à chaque nouvelle sortie de disque?
Oui, et plus que jamais avec « Provocateur ». Pour moi, c’est un très bon album, mais je ne sais pas ce que les fans en penseront. Je ne voulais pas enregistrer ce que les gens attendaient de moi, ni faire des morceaux qui ressemblaient à mes plus grands tubes « Ma Chérie » et « Welcome To St. Tropez », je voulais faire ce que je voulais.

Vous êtes un artiste reconnu, mais aussi un homme d’affaires à succès.
Je crée des parfums d’intérieur, des meubles. J’adore la musique, mais ça me lasserait de ne faire que ça, il y a plein d’autres choses intéressantes. J’aimerais lancer une marque de champagne un jour. DJ Antoine et le champagne, ça va de pair.

Certaines personnes jugent votre musique trop commerciale. Les critiques vous touchent ?
Les artistes sont toujours considérés comme cool ou pas cool. Je fais ce qui me plaît. Si des gens vous critiquent, c’est qu’ils sont jaloux. Plus vous avez de jaloux autour de vous, plus cela veut dire que vous êtes important. Quand je suis à la maison le dimanche avec mes proches et que j’ouvre une bonne bouteille de vin ou de champagne, je me fiche de ces gens, car je suis sûr qu’ils ne passent pas un aussi bon moment que moi.

Etes-vous ami avec des DJ ou d’autres artistes célèbres?
Non, il y a beaucoup de jalousie dans ce milieu, de gens bizarres et faux. A part Mad Mark, qui travaille avec moi en studio depuis 16 ans, et deux ou trois collaborateurs, je n’ai pas d’amis dans le show-business.

Vous venez d’une famille de musiciens?
Mon père adorait la musique, il écoutait Zucchero, Chris Rea ou encore Dire Straits. Ma sœur est professeure de musique. Je n’ai jamais étudié la musique, mais j’ai joué de la batterie quand j’étais jeune. Mon truc, ce sont les mélodies. J’en ai toujours eues dans la tête. Après l’école, j’ai travaillé dans la logistique, puis dans le télémarketing. A 19 ans et demi, j’ai ouvert mon magasin de disques et maintenant cela fait 20 ans que je suis DJ.

En tant que Bâlois, que pensez-vous de la Suisse romande?
Les Romands aiment faire la fête, ils sont ouverts en ce qui concerne la musique, et le Léman est le plus joli lac de Suisse. J’aime particulièrement la vue à Montreux.

Où avez-vous appris si bien le français?
A l’école, j’étais nul en langues. Dès le début de ma carrière, j’ai voyagé, j’ai été obligé de parler français et anglais. J’ai appris sur le tas. Je parle aussi italien.

Vous voyez-vous toujours mixer dans des clubs dans 10 ou 20 ans ?
Je ne crois pas. Si on me le propose, pourquoi pas, mais je ne pense pas le faire souvent. Je me vois plutôt en train de créer de la bonne musique dans ce super studio de l’île grecque Santorin où j’ai enregistré «Provocateur».

Commentaires (0)

Merci pour votre commentaire

Ce commentaire comprend-il des contenus douteux?

Le texte va être contrôlé et éventuellement adapté ou bloqué.

Votre commentaire

Vous n'avez pas encore écrit de commentaire!

Ce champ doit être complété. Merci.

Champ obligatoire
Ce champ doit être complété. Merci.





Veuillez recopier le code de sécurité:

$springMacroRequestContext.getMessage($code, $text)






Merci de prendre connaissance de notre charte et ne manquez de respect à personne!

texte:
Myriam Genier
Photo:
Darrin Vanselow
Publication:
lundi 28.03.2016, 14:20 heure



Login mit Coopzeitung-Profil

Fermer
Fehlertext für Eingabe

Fehlertext für Eingabe

Mot de passe oublié?