DJ Djerem dans le quartier du Flon, à Lausanne, où il mixe souvent. Il sera au MAD le 12 novembre.

Le DJ à l’œuvre

Interview DJ Djerem est de toutes les partys les plus prisées. Un hyperactif super organisé qui met le feu aux platines et qui a l’Amérique pour horizon. Rencontre.

Il est DJ, mais il a aussi les casquettes de producteur, prof, employé des CFF et papa. Ça fait beaucoup. Pourtant le jeune homme assure et ne paraît même pas stressé. Rencontre avec Djerem, Jérémy Party de son vrai nom.

Vous auriez pu garder votre patronyme, particulièrement adapté à un DJ, au lieu de prendre un pseudo!
C’est ce que je voulais faire, mais, étonnamment, les professionnels du monde de la nuit me disaient que «Party» ce n’était pas terrible et ils ne croyaient même pas que c’était mon vrai nom! Du coup, j’ai choisi Djerem.

Comment êtes-vous devenu DJ?
J’ai toujours aimé la musique électronique. Pour financer mes études, j’ai travaillé dans une discothèque lausannoise et ça m’a donné envie de me mettre aux platines. J’ai acheté le matériel nécessaire, j’ai appris à m’en servir, je me suis beaucoup entraîné. Puis, j’ai mixé dans des petits bars, ça a bien marché. Et je me suis retrouvé dans des clubs et des festivals.

On dit souvent que les DJ ne font qu’appuyer sur «play» lorsqu’ils mixent. Vrai ou faux?
Certaines stars de l’électro ont des sets préenregistrés, car, étant chaque soir dans un pays différent, elles peuvent se permettre de passer les mêmes morceaux. Mais moi, quand je mixe en Suisse, j’improvise en fonction du public, de l’heure; je dois toujours m’adapter. Il faut aussi avoir une bonne culture musicale, et connaître les nouveautés. Ce métier, c’est du travail.
Bien sûr, le côté technique peut être maîtrisé assez vite, car le matériel d’aujourd’hui est très sophistiqué. Mais être DJ, ce n’est pas que passer des disques: on doit aussi composer nos propres morceaux si l’on ne veut pas rester au niveau local.
Depuis plusieurs années, je consacre une grande partie de mon temps à produire des maquettes dans mon studio. Ce n’est pas facile d’arriver à un bon résultat.

Cette année, vous sortez deux titres sur de célèbres labels néerlandais de musique électro. Une consécration?
Oui! Une agence maltaise distribue mes productions. C’est grâce à elle que j’ai eu ces chances. Mon but est de continuer sur cette lancée et d’aller toujours plus haut.

Votre rêve, c’est d’être le nouveau David Guetta?
Je fais ce métier par passion. Je suis très content de ce que j’ai accompli jusqu’à présent, mais si j’arrivais à avoir une grande notoriété, effectivement ce serait génial. Je rêve de jouer régulièrement à Las Vegas, à Ibiza ou au célèbre festival de musique électronique Tomorrowland, en Belgique. Pour que cela se réalise, il faudrait que je produise un hit. C’est ce que j’essaie de faire.

«

En été, je fais du wakeboard et en hiver du ski. C’est important d’avoir la forme»

DJ Djerem

Ce n’est pas encore votre cas, mais certains DJ gagnent des dizaines de millions par an. Certes, ils travaillent dur, mais de telles sommes ne sont-elles pas exagérées?
Non, car des gens les rémunèrent à ces prix-là, tout en arrivant à en tirer un bénéfice. C’est l’offre et la demande. Mais je ne sais pas si ce phénomène va durer.
Vous avez créé en 2009 votre école, la Swiss DJ School.

Vos élèves espèrent devenir des stars?
Depuis que j’ai commencé, j’ai eu plus de 250 élèves, de tous âges, hommes et femmes. Certains viennent juste apprendre à passer des disques pour s’amuser avec des amis. D’autres veulent en faire leur métier, mais ils n’étudient pas en espérant gagner de l’argent facilement. Si l’on veut devenir riche, il ne faut pas faire de la musique! Seulement une dizaine de DJ dans le monde sont multi­millionnaires. Ce métier n’est pas évident, il y a pas mal de concurrence et il faut souvent être au bon endroit au bon moment pour que ça marche.

Vous jouez d’un instrument?
Quand j’étais enfant, mes parents voulaient que j’en apprenne un, mais j’avais refusé, cela ne m’intéressait pas à l’époque. J’ai regretté lorsque je suis devenu DJ, car si on veut composer ses propres morceaux, il est indispensable de connaître la musique. Je me suis donc mis au solfège, que j’enseigne à mes élèves, et au piano.

Vous pourriez vivre de votre musique?
Oui, mais je tiens à garder mon emploi à temps partiel dans la gestion de projets aux CFF, car je suis également passionné par les chemins de fer. Ce job, que j’exerce à Berne (où j’ai été engagé après avoir décroché, en 2014, un Executive Master of Business Administration en management, communication et organisation), me permet aussi de faire autre chose que de la musique. Et ça me fait du bien. Avant 2014, je travaillais déjà pour l’ex-régie fédérale à un autre poste.
Plusieurs membres de ma famille sont aux CFF, notamment mon frère.

Toutes ces activités, ce n’est pas rien. Vous êtes hyperactif ou hyperorganisé?
Les deux! En plus, j’ai depuis quelques mois une émission sur Rouge FM, où je diffuse des mix tous les samedis! J’ai besoin de nouveaux défis, d’entreprendre de nouvelles choses. Mais c’est vrai que tout cela demande de la discipline!

C’est difficile d’en avoir dans le monde de la nuit?
Pas en ce qui me concerne, car j’ai une bonne hygiène de vie: je fais du sport, je ne touche pas à la drogue et je bois très peu d’alcool. En Suisse, et dans d’autres pays, les DJ ont une assez mauvaise image, la plupart des gens pensent qu’ils ne font que s’amuser et se saouler. À l’inverse, aux Pays-Bas, ce métier est très bien vu.

Quels sports pratiquez-vous?
J’essaie de consacrer au moins une heure au vélo et autant au fitness chaque semaine. Sinon, en été je fais du wakeboard sur le lac et en hiver du ski. C’est important d’avoir la forme si l’on veut récupérer facilement les lendemains de soirées. Le sport me permet aussi de m’évader et me détend.

Vous arrivez à dormir avec ce rythme de vie?
Absolument, je m’endors sans problème le soir, je n’ai pas besoin de somnifères! (rires) C’est clair que le week-end, les horaires sont chamboulés. Et le lundi matin, je dois être au bureau de bonne heure.

Quand vous n’êtes pas aux platines, vous vous installez parfois aux fourneaux?
J’aime le faire quand j’ai des invités. Ce que je préfère leur préparer, c’est du poisson. Quand je suis seul, je ne cuisine pas beaucoup, par manque de temps, mais j’essaie d’avoir une bonne hygiène de vie, j’évite les fast-foods, je fais attention.

Comment conciliez-vous votre vie professionnelle effrénée avec votre rôle de père?
J’ai toujours du temps pour mon fils. Je suis séparé de sa mère. Ayden a 4 ans et vient d’entrer à l’école. Il est content, et moi je suis fier. J’adore quand on passe des moments ensemble.
J’essaie de lui faire partager ma passion de la musique en jouant du piano avec lui. Je lui apprends à lire des partitions. Il préfère le piano aux platines!

Un DJ très prolifique

Djerem est né le 20 avril 1987 à Lausanne. Il a commencé sa carrière de DJ en 2006. Depuis, il joue en Suisse, notamment au MAD de Lausanne, mais aussi à l’étranger – il était en Asie en janvier. Il a sorti plusieurs singles, dont «So Beautiful» (2012) très remarqué par la présence de Xenia Tchoumitcheva qui s’y dévoilait en rappeuse! En 2016 aussi, il a fait fort: en juin, il a sorti «I’m In Love» et en septembre «My Addiction» sur des labels hollandais à la renommée internationale, Flamingo et Armada.

Jérémy Party, alias Djerem, lors de notre interview à Lausanne.

Dates de concerts

Djerem sera en concert et va mettre le feu aux platines le 11 novembre (à Crans-Montana), le 12 novembre (au Mad de Lausanne), le 25 novembre (au Kiff à Aarau), le 26 novembre (au Suisse Majestic à Montreux).

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Véronique Châtel

Rédactrice, Paris

texte:
Myriam Genier
Photo:
Julien Villard, Darrin Vanselow
Publication:
lundi 31.10.2016, 14:15 heure



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