Jerry Joxx (27 ans): «DJ, c’est un métier et il faut rester rigoureux, surtout si l’on veut faire carrière.»

DJ et fier de l’être

Vissés derrière leurs platines, les rois de la nuit les plus talentueux deviennent de vraies stars  internationales. Comme Jerry Joxx, un DJ montant que les clubs n'ont pas fini de s'arracher.

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Reportage

Au commencement était l’instrument. Mais ça, c’était au commencement. Aujourd’hui, les meilleurs se distinguent à coup de platines, d’ordinateurs et de tables de mixage à la complexité déroutante pour les profanes. David Guetta, Carl Cox, Armin van Buuren, Tiësto ou Bob Sinclar ont tous un point commun: être devenus les rois de la nuit dans les clubs les plus branchés de la planète. Mais qu’on ne s’y trompe pas: s’imposer DJ pour les clubbers demande un vrai talent.

De ce petit – et même grand – quelque chose qui fait l’essence de ces Mozarts de la musique électronique. «J’ai commencé à mixer il y a six ans, lance Jerry Joxx (27 ans), la star montante des DJ suisses. Si c’est simple? Pas du tout, rit le jeune homme qui a tourné, voici quelques jours, son clip à Miami avec David Charles Haeberli, l’auteur du succès musical I Love. A l’âge de 20 ans, je suis arrivé du Portugal et je ne parlais pas un mot de français. Mais j’y croyais. J’ai contacté de nombreuses discothèques, personne ne m’a répondu. Un bar à Neuchâtel a accepté et par hasard j’y ai rencontré Marc d’Aprod qui est devenu mon manager.»

Un travail acharné, une discipline de fer, l’apprentissage de manière irréprochable de la langue française, une maîtrise parfaite de l’anglais, un boulot à plein temps la semaine dans l’horlogerie, «car c’est très difficile de vivre de la musique en Suisse». Jerry Joxx confie timidement l’ampleur de ses semaines et de sa motivation.

A la question de savoir si la vie nocturne trépidante des DJ est ou non un cliché, la star des platines pouffe: «Bien sûr que c’est un cliché! C’est un métier et il faut rester rigoureux, surtout si on veut faire carrière. Et puis j’ai une compagne et une adorable petite fille de 4 mois. Je m’épanouis dans une vie de famille tout à fait normale. C’est aussi la raison pour laquelle je ne souhaite pas confier mon vrai nom. Dans la vie, il faut savoir faire la part des choses. Dites, on peut continuer à discuter dans la cabine? J’aimerais y faire un saut avant l’ouverture des portes. La pression monte, là.»
 
Et pour cause: 3500 clubbers sont annoncés. On peut comprendre le stress naissant… Miami, Prague, Zurich, Brighton (GB), Lyon, Montreux: Jerry Joxx peut se targuer de s’exporter aussi à l’étranger. Fait plutôt rare chez les DJ de Suisse romande.

Et pourtant, ce n’est que le début d’une aventure électronique lancée voilà près de six ans. Autant dire guère plus qu’un claquement de doigts dans l’univers de la musique. La soirée commence, le magicien des platines entre en scène et la magie opère: 3500 festivaliers «jumpent» en rythme au son de la musique électro, danseuses, light show, jets de flammes et effets spéciaux à l’appui. La machine est lancée. Nul doute, le jeune Jerry Joxx a bien choisi le slogan qui détermine son style: another state of mind, soit un autre état d’esprit.

Carte d’identité: Jerry le «tatoué»

Nom de scène: Jerry Joxx

Date de naissance: 17.06.1986

Origine: Portugal, «dans la région de Porto»

Club DJ résident: MAD à Lausanne

Lieu de travail: Swatch Group, Bienne

Lieu de vie: Peseux (NE)

Signe distinctif: «Mes tatouages qui témoignent d’une page de mon histoire qui m’est très chère»

L’endroit ultime pour un DJ? «Le Pacha d’Ibiza évidemment!»

Un festival référence? «Tomorrowland» en Belgique

www.jerryjoxx.com
www.facebook.com/jerryjoxx
www.aprodia.ch

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Sophie Dürrenmatt
Photo:
Darrin Vanselow
Publication:
lundi 14.04.2014, 00:00 heure

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