Douce, féminine, sûre d’elle et très bavarde, la jeune Chinoise a fait des échecs une passion mais non une obsession. 

Dame fatale: elle ne connaît pas l’échec

Yifan Hou Plusieurs fois championne du monde, 
la plus jeune joueuse d’échecs à devenir grand maître international 
cultive bien d’autres passions.

Yifan Hou est «tombée dedans» quand elle était petite. En 2008, elle devient grand maître international, à seulement 14 ans.Tandis qu’en 2010, elle obtient le titre de championne du monde (dans les compétitions réservées aux femmes), ce qui fait d’elle la plus jeune joueuse à obtenir ces deux titres. Depuis, elle cumule les distinctions et reste aujourd’hui la compétitrice féminine la mieux classée dans ce milieu fascinant.
Son jeu est offensif. Son regard ne laisse transparaître aucune émotion. Rencontrée à Bienne il y a quelques semaines, à l’occasion du 50e Festival international d’échecs, qu’elle a brillamment remporté, la Chinoise de 23 ans nous reçoit dans une élégante robe blanche estivale, marchant avec aisance sur des talons aiguilles vertigineux. Nous sommes très loin du cliché du joueur d’échecs, plutôt négligé, sérieux et geek sur les bords. Durant notre rencontre, une fillette, «sa plus grande fan», selon la maman de cette dernière, lui demande de poser en photo à ses côtés. Yifan accepte de bon cœur. Au fil de notre entretien, elle déconstruit un à un tous les stéréotypes liés aux échecs. Tout d’abord, elle n’y consacre pas tout son temps, comme son classement pourrait le supposer. Elle ne néglige ni sa vie sociale, ni familiale. De plus, elle s’investit pleinement dans ses études en relations internationales et il lui arrive même de ne pas s’entraîner durant des semaines. «Les échecs sont une partie importante de ma vie, mais pas toute ma vie», résume-t-elle simplement. Elle trouve même le temps de cultiver d’autres passions comme la littérature, avec une admiration particulière pour Stefan Zweig dont elle cite les œuvres sans fourcher.

«

Mes figurines préférées sont 
les pions car ils ne reculent jamais»

Yifan évolue avec succès dans un univers masculin, où les joueuses professionnelles restent rares. «On associe les échecs à un sport basé sur l’intelligence bien sûr, mais aussi sur la compétition. Beaucoup de parents souhaitent que leurs filles apprennent quelque chose de plus élégant comme la danse, la musique ou le go, un autre jeu très populaire en Chine», explique la championne. Ayant longtemps participé aux tournois réservés aux femmes, elle se mesure désormais aussi aux hommes dans les compétitions mixtes. Mais pourquoi séparer les deux sexes? «Si l’on considère d’autres disciplines sportives, les hommes et les femmes concourent séparément. Les échecs exigent une endurance physique importante car un jeu peut parfois durer plus de sept heures, sans aucune pause, avec une immense pression psychologique, où l’on doit prendre des décisions difficiles en quelques secondes seulement.» Mais Yifan se contredit en battant tous ses concurrents masculins au Festival international d’échecs de Bienne. 

Métaphore de la vie

Grâce à ce «sport», Yifan Hou a parcouru le monde entier, «une véritable chance qui n’est pas donnée aux jeunes de mon âge en Chine», explique-t-elle. Lorsqu’on lui demande pourquoi les échecs la fascinent autant, elle répond avec maturité et philosophie: «C’est une excellente métaphore de la vie. Mes figurines préférées sont les pions car ce sont les seuls qui ne peuvent qu’avancer sur l’échiquier. Sans jamais reculer. Ils sont capables d’évoluer et de se transformer.» Et de souligner: «Comme dans la vraie vie, si l’on souhaite vraiment quelque chose, si l’on s’accroche à un but, on peut devenir la personne que l’on veut. C’est vraiment une discipline très encourageante. Elle nous apprend la stratégie, l’importance de faire des sacrifices pour atteindre son objectif et la gestion du temps.» Des paroles de sagesse d’une grande dame qui cumule plus de réussites que d’échecs. 

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Jasmina Slacanin

Rédacteur

Photo:
Joel Schweizer
Publication:
lundi 28.08.2017, 13:10 heure



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