Une performance remarquable 
du comédien 
britannique Chiwetel Ejiofor, qui pourrait lui valoir un Oscar.

Dans l’enfer 
de l’esclavage

Film coup de poing favori des Oscars, «12 Years a Slave» 
narre l’histoire vraie d’un Noir libre réduit en esclavage. Rencontre avec le réalisateur, Steve McQueen.

Bande-annonce

Les films historiques sur l’esclavage des Noirs ne sont pas nouveaux. Avec 12 Years a Slave, on a pourtant l’impression de découvrir l’atroce condition de l’esclave et de se retrouver, comme le héros du récit, parachuté en plein cauchemar. L’incroyable histoire de Solomon Northup fait froid dans le dos. En 1841, avant la guerre de Sécession, ce New-Yorkais vit en homme libre avec sa famille. Il a une femme, deux enfants et gagne sa vie en pratiquant la menuiserie et en jouant du violon.
Un jour, il est enlevé et vendu à un négrier du Sud. Bientôt, il est transféré chez un propriétaire de plantation sadique et brutal. C’est un calvaire qui va durer douze ans et qu’il relatera dans ses mémoires, publiés en 1853.
Disons-le d’emblée, la violence et les scènes de torture du film sont éprouvantes pour le spectateur.
En promo dans un palace londonien, le réalisateur Steve McQueen se défend d’être allé trop loin. «Je me suis basé sur le livre écrit par Solomon qui est assez extrême, raconte le Britannique de 44 ans. En choisissant de faire un film sur l’esclavage, j’ai la responsabilité de faire comprendre aux gens comment des êtres humains ont été asservis pendant quatre cents ans. Ils ont été torturés physiquement et mentalement. Parfois, les gens oublient et ne veulent pas se souvenir de ces événements. Mais si je suis ici aujourd’hui, c’est parce que mes ancêtres ont survécu à l’esclavage et je dois honorer leur mémoire.»

Le metteur en scène Steve McQueen ne craint pas les thèmes difficiles.

Révélé en 2008 par Hunger, un film sur la grève de la faim menée par un membre de l’IRA enfermé dans une prison britannique, ce redoutable cinéaste ne craint pas d’aborder des sujets difficiles.
Son 2e film, Shame, brossait un portrait glauque de l’addiction sexuelle. C’est en se documentant sur l’esclavage pour son nouveau projet qu’il est tombé sur l’histoire de Solomon Northup. «Je n’en revenais pas de n’avoir jamais entendu parler de son livre et je me suis senti un peu stupide, avoue-t-il. Cela dit, personne d’autre n’en avait non plus entendu parler. Pour moi, c’est une histoire universelle. Elle se déroule en Amérique mais l’esclavage est un problème qui touche le monde entier.»
Aux côtés de l’excellent Chiwetel Ejiofor dans la peau du héros, on retrouve Brad Pitt dans un petit rôle (un abolitionniste canadien qui s’avère le salut de Solomon), mais surtout Michael Fassbender. L’acteur fétiche de Steve McQueen, star de ses deux premiers films, incarne brillamment l’inhumain propriétaire de plantation Edwin Epps. Si l’acteur germano-irlandais a déclaré être «trop occupé pour faire campagne pour les Oscars», Steve McQueen se montre nettement moins snob.
Très bien placé dans la course aux statuettes, il pourrait entrer dans l’histoire en cas de victoire puisqu’il deviendrait le premier cinéaste noir à soulever le trophée du meilleur réalisateur.

Points forts


Pourquoi voir 
ce film?

Pour Chiwetel Ejiofor. L’acteur britannique est imposant dans le rôle principal. «Il a beaucoup de stature et de dignité, des attributs nécessaires pour incarner Solomon. Il me rappelle des comédiens comme Sidney Poitier et Harry Belafonte», confie le réalisateur.

Pour Michael Fassbender. L’acteur fétiche de Steve McQueen fait froid dans le dos en propriétaire de plantation irascible et cruel. «C’est un artiste extraordinaire, une force de la nature, un magicien lorsqu’il met le pied sur un plateau de tournage», s’emballe le cinéaste.

Pour le choc des images. Le contraste entre la beauté idyllique de ce Sud verdoyant et la violence cruelle exercée contre les Noirs met encore plus en relief l’horreur de l’esclavage.

«12 Years a Slave», en salle le 22 janvier.

www.12yearsaslave.com

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