Un assortiment fascinant: de la recette à tous les ingrédients, tout est là pour faire un couscous. Tobias Edtbauer et Brigitte Weber trouvent cela «parfait pour tous ceux qui rechignent encore à acheter des plats préparés».

Dénicheurs… et chasseurs de saveurs

Explorateurs culinaires Les membres de l’équipe de Betty Bossi ne sont pas en vacances. Cela ne les dérange pas, puisqu’ils partent aux quatre coins du globe à la découverte de nouveaux goûts.

Ils sont tout sauf discrets. Et les paniers à commission jaunes qu’ils tiennent à la main comme les autres clients sont un bien maigre camouflage. Ce jour-là, lors de leur visite du supermarché Jumbo de Breda, aux Pays-Bas, le trio formé de deux femmes et d’un homme affiche un comportement trop étrange pour passer inaperçu. Ces clients supposés sont en réalité des explorateurs culinaires de Betty Bossi. Ils tournent et retournent les produits avant de les reposer sur les rayonnages, après les avoir photographiés.

Abonnez-vous ici à la newsletter pour suivre l'actualité de Coopération

Un métier de rêve

Le métier de Susanne Ullrich (44 ans) et de ses deux collaborateurs, Brigitte Weber (35 ans) et Tobias Edtbauer (30 ans), semble trop beau pour être vrai. Leur mission: parcourir les pays étrangers pour y déguster des mets qui bousculent nos habitudes culinaires. Ce jour-là, coup de projecteur sur les Pays-Bas. «Bien sûr, un voyage de cette nature est un temps fort pour tous, raconte la cheffe culinaire de Betty Bossi. Toutefois, nous ne sommes pas en visite touristique ici. Nous faisons le tour des supermarchés en procédant de manière systématique. De retour en Suisse, nous concevons une présentation et réfléchissons avec les acheteurs de Coop aux produits susceptibles d’emballer le marché suisse.» Pour ce type de formation continue, seuls deux jours sont prévus bien qu’une fois la visite de Breda terminée, la liste des supermarchés à prospecter à Rotterdam et à Amsterdam soit encore longue. «Au cours de notre recherche, nous nous fions à notre inspiration.»

«

Il nous est arrivé d’être mis à la porte en bonne et due forme»

Brigitte Weber, cuisinière et dénicheuse de tendances

Dénicher de nouveaux produits demande du temps et une certaine souplesse.

À l’affût de la perle rare

Susanne Ullrich, cheffe culinaire de Betty Bossi (à droite) se rend jusqu’à huit fois par année à l’étranger avec ses collaborateurs.

Susanne Ullrich, cheffe culinaire de Betty Bossi (à droite) se rend jusqu’à huit fois par année à l’étranger avec ses collaborateurs.
Susanne Ullrich, cheffe culinaire de Betty Bossi (à droite) se rend jusqu’à huit fois par année à l’étranger avec ses collaborateurs.

Le fait que les explorateurs culinaires examinent à la loupe des rayons entiers n’attire en vérité l’attention de personne lors de leur halte dans ce supermarché hollandais s’étendant sur une surface de 6000 m2. S’ils récoltent quelques regards curieux çà et là, aucun responsable de la filiale ne vient les aborder pour se plaindre. «À Londres, il en serait autrement, explique Brigitte Weber. Là-bas, nous avons déjà été mis à la porte en bonne et due forme.» Photographier sans retenue ou prendre d’assaut un supermarché avec un groupe trop nombreux y serait absolument inconcevable. C’est pourquoi les dénicheurs de tendances doivent faire preuve de discrétion outre-Manche. «L’un d’entre nous fait le guet tandis qu’un autre prend des photos du produit qu’il a mis dans son panier auparavant», indique Brigitte Weber qui a trouvé le job de ses rêves chez Betty Bossi. Que les achats personnels n’ont pas leur place durant le temps professionnel, c’est désormais une évidence. «Je m’y suis habituée depuis longtemps», affirme-t-elle en riant.

Chaque collaborateur doit se familiariser avec toutes sortes de plats exotiques qu’il est tenu de tester dans le cadre de son activité. Dans ce domaine, les «chips à base de chou frisé agrémentées de chocolat et de cannelle» que l’on trouve aux Pays-Bas sont plutôt inoffensives, en comparaison d’autres plats qu’ils ont eu l’occasion de goûter comme le gâteau aux insectes ou le «surströmming», un poisson en conserve norvégien qui a même réussi à faire sentir ses limites à Susanne Ullrich, pourtant toujours avide de nouvelles découvertes gustatives. Elle esquisse du reste une grimace rien qu’à l’évocation de l’odeur infecte qui se dégageait de la boîte. «Je n’avais qu’un morceau de la taille d’une tête d’épingle mais j’en garde un souvenir tenace.»

«Entre la ferme et le marché»

Le supermarché géant de Breda fait lui aussi forte impression. «Lorsque l’on entre ici, on ralentit immédiatement le pas, tant ce lieu, évoquant à la fois la ferme et le marché, est fascinant. Il est tout bonnement impossible de déambuler à la hâte à travers les allées», confesse Susanne Ullrich en pénétrant dans le rayon légumes.
L’attention de sa collègue se fixe sur un kit à couscous. «Tout le nécessaire est là, observe Brigitte Weber. Nul besoin désormais de rassembler les ingrédients un à un.» Elle y voit encore un avantage: «Ce produit évite toute mauvaise conscience, puisque l’on prépare soi-même le repas.» L’opposé, donc, de ce qui se fait avec les plats cuisinés. En Suisse, les plats pré-préparés soulèvent encore une certaine méfiance. «Depuis que je sais comment ils sont préparés, les fausses vérités qui circulent à propos de ces produits ont le don de m’irriter», s’agace Susanne Ullrich. «Bon nombre de personnes pensent que les plats cuisinés contiennent des exhausteurs de goût, des conservateurs et des colorants. En réalité, il n’y a aucune différence avec les plats que l’on cuisine à la maison en vue de les emporter ensuite avec soi.»

Des produits intéressants comme le Rivella aux canneberges ou les spaghettis au maïs orange finissent dans le panier.

La folie des superaliments

Aux Pays-Bas, les clients semblent adopter une autre attitude face à la nourriture toute prête. C’est ce que l’on constate en observant le vaste choix de plats frais préparés quotidiennement dont les emballages transparents permettent d’aiguiser l’appétit. Même celui des experts venus de Suisse, qui éprouvent encore et toujours le besoin de dénicher des nouveautés: des spaghettis au maïs orange, du lait de chamelle et un mélange de granola sans céréales mais avec… des algues!

La richesse de l’assortiment le prouve: les Hollandais sont plus enclins que les Suisses à manger des plats frais préparés.

«Ici, l’on trouve beaucoup de ces produits qualifiés de superaliments, analyse Tobias Edtbauer. Chez nous, il serait curieux de consacrer tout un rayon à faire la promotion de ces produits. Toutefois, il apparaît qu’aux Pays-Bas, ce rayon-là justement attire les clients.» Honneur aux baies de goji, à la maca, au matcha et au miel: «L’on fait même l’éloge des vertus notables de ce dernier pour la santé», constate-t-il avec un brin de moquerie dans la voix. «Chacun de nous a certainement déjà goûté à 90% de ces aliments.» Susanne Ullrich y voit un certain potentiel pour le marché suisse: «Je pourrais par exemple imaginer proposer un muesli avec des graines de chia, une combinaison de valeurs sûres et d’aliments en vogue.»
Nul besoin d’être un expert pour constater que la tendance des superaliments a envahi les Pays-Bas. En revanche, un œil de spécialiste avisé est par exemple requis pour se rendre compte du peu d’espace occupé par les produits biologiques et végétaliens dans les supermarchés Jumbo. «Les Néerlandais distinguent ces deux modes de consommation. Il existe des formats spécialisés dans l’alimentation végétalienne. Ainsi, un supermarché traditionnel ne peut rivaliser», explique Susanne Ullrich.

Superaliments

Ce que cache ce terme

Ils sont censés booster le corps sur le plan de la santé et agir contre les maladies et le vieillissement. C’est du moins ce qu’affirment les médias et la publicité vantant les mérites de ces produits qualifiés de «superaliments». Les baies de goji, les fèves de cacao, les microalgues, la poudre de maca, les graines de chia et le thé vert en sont quelques exemples. Il n’existe aucune définition juridiquement contraignante de ces aliments que l’on prétend capables de miracles et auxquels on attribue une haute teneur en vitamines, sels minéraux, enzymes, antioxydants, acides gras essentiels ou acides aminés. Cependant, au lieu de se concentrer sur une poignée d’aliments supposés avoir un effet stimulant sur l’énergie, les experts conseillent en principe d’avoir une alimentation équilibrée, ce qui inclut notamment la consommation de cinq portions de fruits et légumes par jour – de différentes formes et couleurs. Si des études scientifiques mettent en évidence les vertus possibles de certains éléments présents dans les aliments et les boissons pour la santé, le Conseil européen de l’information sur l’alimentation écrit qu’il serait irréaliste de s’attendre à ce qu’un éventail restreint de superaliments améliore le bien-être de manière significative.

L’origine des superaliments

Commentaires (0)

Merci pour votre commentaire

Ce commentaire comprend-il des contenus douteux?

Le texte va être contrôlé et éventuellement adapté ou bloqué.

Votre commentaire

Vous n'avez pas encore écrit de commentaire!

Ce champ doit être complété. Merci.

Champ obligatoire
Ce champ doit être complété. Merci.





Veuillez recopier le code de sécurité:

$springMacroRequestContext.getMessage($code, $text)






Merci de prendre connaissance de notre charte et ne manquez de respect à personne!

Nadine Bauer
Photo:
Vincent Dekkers, Keystone
Publication:
lundi 06.07.2015, 15:50 heure



Login mit Coopzeitung-Profil

Fermer
Fehlertext für Eingabe

Fehlertext für Eingabe

Mot de passe oublié?