Denis Oswald (66 ans): «Ma candidature à la présidence du CIO est une manière de promouvoir ma vision d’un sport propre et fondé sur des idéaux.»

«J’agis dans l’intérêt du sport»

Le successeur du Belge Jacques Rogge à la présidence du Comité international olympique (CIO) sera élu le 10 septembre, à Buenos Aires. Parmi les six candidats en lice figure le Neuchâtelois Denis Oswald. Entretien.

Coopération. Qu’est-ce qui vous a motivé à vous porter candidat à la présidence du CIO?
Denis Oswald. Le constat d’avoir occupé beaucoup de postes différents et assumé de nombreuses responsabilités au sein du CIO. Je connais bien l’organisation de l’intérieur et j’ai pensé que je pouvais mettre mon expérience au service du CIO et de mes collègues membres.

Pour prendre la tête d’une telle organisation il faut aimer le pouvoir…
Je ne recherche pas du tout le pouvoir mais davantage la possibilité de promouvoir mes idées et ma vision du sport. Plus on est au sommet de la hiérarchie, plus on a d’influence sur la marche des affaires. Ma candidature est donc une manière de promouvoir ma vision d’un sport propre et fondé sur des idéaux.

Vos atouts…
L’expérience, la connaissance du Mouvement olympique, l’intégrité – tous ceux qui me connaissent savent que je ne cherche rien d’autre que de servir le sport – et l’indépendance. Je ne fais partie d’aucune alliance et je ne défends aucun intérêt personnel. J’ai donc les mains totalement libres pour agir dans l’intérêt du sport. Par ailleurs, on m’a reconnu dans les différentes fonctions que j’ai occupées une bonne capacité à diriger.

Cela suffira-t-il pour contrer les luttes d’influence et les alliances «politiques»?
Probablement pas complètement mais je pense que c’est bien qu’il y ait des gens qui défendent des idéaux et des valeurs de démocratie et d’éthique dans le sport. J’ai tout de même pas mal de collègues (ndlr: des membres du CIO) qui partagent ces valeurs. Ils m’ont incité à me lancer en sachant que j’essayerais de les défendre.

Si vous étiez élu le 10 septembre à Buenos Aires, que changeriez-vous au CIO?
L’institution est bien gérée et  il n’y a rien à révolutionner. J’ai toutefois proposé, dans mon programme, un certain nombre de réformes et je m’attacherais à les mettre en œuvre. Pour certaines, cela pourrait être rapide alors que d’autres nécessiteraient plus de temps.

«

Je ne fais partie d’aucune alliance et ne défends aucun intérêt personnel»

Pouvez-vous être plus précis?
Ces réformes touchent à différents domaines, par exemple au programme des Jeux où j’aimerais faire entrer de nouveaux sports, au rôle des membres qui devraient être plus impliqués dans la prise des décisions, à la procédure de sélection des villes hôtes, qui devrait être allégée et simplifiée, à la préservation du caractère unique des JO, à la promotion des valeurs du sport et de l’olympisme, au rôle de modèle de gouvernance, d’intégrité, de transparence et d’éthique que doit jouer le CIO.

Les manifestations colossales au Brésil lors de la Coupe des confédérations montrent que les gens ne sont plus prêts à tout accepter pour l’organisation d’un grand événement…
J’ai aussi entendu à la radio qu’il y avait eu des manifestations colossales à cause de la venue du Pape! Ces événements nous mettent face à un problème de fond qui ne touche pas seulement l’organisation des Jeux olympiques ou des Championnats du monde de football. C’est aussi une question de redistribution de l’argent disponible entre les différentes couches sociales.
Ce ne sont pas les fonds qui seront dépensés pour les JO ou la Coupe du monde de football qui vont changer quelque chose à la structure sociale du pays.

Mais l’argent vient des poches des contribuables!
Il faut distinguer deux budgets. Un budget opérationnel, qui touche au fonctionnement des Jeux (hébergement, transports, nourriture des athlètes, etc.). Ce budget est entièrement financé par des fonds privés, notamment les droits de télévision. Il ne coûte rien au contribuable.
Ensuite, il y a le budget d’investissement dont le montant dépend de ce que le pays veut réaliser, améliorer ou moderniser à l’occasion des Jeux. Ce sont la plupart du temps des infrastructures dont le pays a besoin. Les JO lui fournissent l’occasion de les
réaliser. Ces infrastructures et ces équipements sportifs restent après les Jeux et continuent de profiter à la ville et au pays qui les ont organisés.

Marius Vizer, le président de la Fédération internationale de judo, projette de mettre sur pied tous les quatre ans des Jeux mondiaux unifiés: votre position à ce sujet…
Ce que souhaite Marius Vizer est l’organisation de Championnats du monde unifiés des fédérations. Cela signifie que les Championnats du monde des différentes disciplines sportives auraient lieu en même temps, au même endroit. Ma position à ce sujet est qu’il ne faut pas essayer d’imiter les Jeux olympiques. Il faut leur laisser leur caractère unique.

Les JO seraient-ils menacés si son projet se concrétisait?
Le projet de Marius Vizer est irréaliste; pratiquement aucune ville au monde ne pourrait mettre sur pied un tel événement. Et surtout il porte préjudice au prestige et au caractère unique des Jeux olympiques.

Portrait

Des JO au CIO

Naissance. Denis Oswald est né le 9 mai 1947, à Neuchâtel.

JO. Membre de l’équipe nationale d’aviron de 1968 à 1976, l’avocat neuchâtelois a participé trois fois aux Jeux olympiques d’été: en 1968 à Mexico, où il décroche la médaille de bronze en quatre avec barreur; en 1972 à Munich (8e) et en 1976 à Montréal (8e).

CIO. Denis Oswald en fait partie depuis 1991. Membre de la commission exécutive de 2000 à 2012, il a présidé la commission de coordination des Jeux d’Athènes (2004) et de Londres (2012). Depuis 1989, il est également président de la Fédération internationale des sociétés d’aviron (FISA).

Profession. Avocat et docteur en droit, professeur honoraire de l’Université de Neuchâtel, Denis Oswald y a été titulaire de la chaire de droit du sport jusqu’à fin 2012. Il est actuellement directeur du Centre international d’étude du sport (CIES).

www.olympic.org

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Jean Pinesi

Rédacteur

Photo:
Charly Rappo/Arkive.ch
Publication:
lundi 12.08.2013, 00:00 heure

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